Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
"Tu sais," dit Draco. "Tu sais ce que ça me coûte, si j'accepte l'idée que le poison de Serpentard est la haine des Moldus, si je dis que la mort de Lily Potter est triste. Et ça fait partie de ton plan, ne me dis pas le contraire."
Harry ne dit rien, ce qui fut sage.
"Il y a quelque chose que je veux en retour," dit Draco. "Et avant cela, un test expérimental que je veux essayer -"
Draco poussa la porte vers laquelle les portraits l'avaient envoyé, et cette fois, c'était la bonne. Devant lui, un petit espace vide et pierreux, surplombé par le ciel nocturne. Pas un toit comme celui duquel il avait fait tomber Harry, mais une belle petite cour intérieure, loin au-dessus du sol. Avec de belles balustrades, des nervures de pierre élaborées qui se fondaient en douceur dans le sol de pierre... Le fait que les créateurs de Poudlard y aient insufflé tant de beauté continuait d'émerveiller Draco à chaque fois qu'il y pensait. Il devait y avoir eu un moyen de tout faire d'un coup, personne n'aurait pu créer tant de détails, morceau par morceau, le château changeait et tous les nouveaux morceaux étaient aussi beaux. Cela allait tant au-delà de la puissance magique faiblissante d'aujourd'hui que personne n'y aurait cru si Poudlard n'avait pas été là pour en témoigner.
Vide et froid, le ciel nocturne d'hiver ; en ces derniers jours de janvier, il s'assombrissait bien avant le couvre-feu des élèves.
Les étoiles brillaient à travers l'atmosphère transparente.
Harry avait dit que les étoiles l'aideraient.
De sa baguette, Draco toucha sa poitrine, fit glisser ses doigts d'un mouvement longuement pratiqué, et dit : "Thermos". Une chaleur se répandit en lui en partant de son cœur ; le vent vint souffler sur son visage, mais il n'avait plus froid.
"Thermos," dit la voix de Harry, derrière-lui.
Ils allèrent jusqu'à la balustrade et regardèrent le sol, loin en-dessous. Draco essaya de deviner s'ils étaient dans une des tours qui pouvaient être vues depuis l'extérieur et il découvrit qu'à cet instant précis, il ne pouvait pas tout à fait se représenter Poudlard de l'extérieur. Mais le sol était toujours le même, il pouvait voir la vague silhouette de la Forêt Interdite et la lumière de la Lune scintiller depuis le lac.
"Tu sais," dit Harry d'une voix basse, à côté de lui, ses bras appuyés sur la balustrade, "quelque chose que les Moldus font vraiment de travers, c'est qu'ils n'éteignent pas toutes leurs lumières la nuit. Pas même une heure par mois, pas même un quart d'heure une fois par an. Les photons se dispersent dans l'atmosphère et délavent toutes les étoiles, mis à part les plus brillantes, et le ciel nocturne ne ressemble pas du tout à cela, pas à moins de s'éloigner loin des villes. Après avoir observé le ciel au-dessus de Poudlard, c'est difficile de s'imaginer vivre dans une ville Moldue, où on ne pourrait pas voir les étoiles. Je ne voudrais certainement pas passer toute ma vie dans une ville Moldue après avoir vu le ciel nocturne de Poudlard."
Draco jeta un coup d'œil à Harry et le vit tête renversée, regardant l'arc de la voie lactée qui traversait l'obscurité.
"Bien sûr," continua Harry, sa voix toujours basse, "on ne peut pas bien voir les étoiles depuis la Terre, l'air obstrue le chemin. Il faut les regarder d'ailleurs si on veut les voir vraiment, les étoiles brûlantes et brillantes, telles qu'elles sont réellement. As-tu jamais souhaité pouvoir filer vers le ciel, Draco, et aller voir ce qui se trouve autour de Soleils autres que le nôtre ? Si la magie n'avait aucune limite, est-ce une des choses que tu ferais ? Si tu pouvais faire n'importe quoi ?"
Il y eut un silence, puis Draco se rendit compte qu'on attendait une réponse de lui. "Je n'y ai jamais pensé," dit Draco. Sans qu'il l'ait consciemment décidé, sa voix avait été aussi douce et étouffée que celle de Harry. "Tu penses vraiment que quelqu'un sera un jour capable de le faire ?"
"Je ne pense pas que ça sera facile," dit Harry. "Mais je sais que je ne compte pas passer toute ma vie sur Terre."
Draco se serait moqué de cette phrase s'il n'avait pas su que certains Moldus étaient déjà partis, sans même utiliser de magie.
"Pour passer ton test," dit Harry, "je devoir te dire ce que ça veut dire pour moi, cette pensée, dans son intégralité, pas la version courte que j'ai essayé de t'expliquer plus tôt. Mais tu devrais pouvoir voir que c'est la même idée, mais plus générale. Alors ma version de la pensée, Draco, c'est que lorsqu'on ira dans les étoiles, on trouvera peut-être des gens là-bas. Et dans ce cas, ils ne nous ressembleront certainement pas. Il y aura peut-être des choses faites à base de cristaux, ou des grandes sphères pulsatives... ou ils seront peut-être faits de magie, maintenant que j'y pense. Alors avec toute cette étrangeté, comment reconnaîtras-tu une personne ? Pas par sa forme, pas par le nombre de ses bras ou de ses jambes. Pas par la substance qui la compose, que ce soit de la chair ou du cristal ou quelque chose que je ne peux pas imaginer. Et même alors, leurs esprits ne fonctionneraient pas exactement comme les nôtres. Mais pour toute chose qui vit et pense et se connaît elle-même et ne veut pas mourir, Draco, c'est triste, c'est triste que cette personne doive mourir, parce qu'elle ne le désire pas. Comparé à ce qui existe peut-être ailleurs, tous les humains à avoir jamais vécu sont comme des frères et sœurs, on pourrait à peine nous distinguer. Ceux venu d'ailleurs qui nous rencontreraient, ils ne verraient pas des Français ou des Anglais, ils ne pourraient pas faire la différence ; ils verraient juste un humain. Un humain qui peut aimer, et haïr, et rire, et pleurer ; et pour eux, pour ceux venus d'ailleurs, nous nous ressemblerions comme des gouttes d'eau. Eux, en revanche, ils seraient différents. Vraiment différents. Mais si nous voulions tous devenir amis, cela ne nous arrêterait pas, et cela ne les arrêterait pas non plus."
Harry leva sa baguette, et Draco se détourna, regarda ailleurs, comme il l'avait promis ; il regarda vers le sol de pierre et le mur de pierre dans lequel la porte était sertie. Car il avait promis de ne pas regarder, de ne jamais parler de ce que Harry avait dit, ou de ce qui avait eu lieu cette nuit, même s'il ne savait pas pourquoi ce devait être un secret.
"J'ai fait le rêve," dit la voix de Harry, "qu'un jour, tous les êtres sentients seront jugés par les motifs de leur esprit et pas par la couleur ou la forme de la matière dont ils sont faits, ou par l'identité de leurs parents. Parce que si on peut un jour s'entendre avec des choses faites de cristal, quelle bêtise ce serait que de ne pas s'entendre avec des nés-Moldus, qui ont la même forme que nous, qui pensent comme nous, qui nous ressemblent comme deux gouttes d'eau ? Les choses de cristal ne pourraient même pas nous différencier. N'est-il pas impossible d'imaginer que le poison de haine de Serpentard mérite qu'on l'emmène avec nous dans les étoiles ? Toute vie est précieuse, tout ce qui pense et se connaît et ne veut pas mourir. La vie de Lily Potter était précieuse, et la vie de Narcissa Malfoy était précieuse, même s'il est trop tard pour elles maintenant, leur mort fut triste. Mais il y a d'autres vies qui sont toujours là, pour lesquelles se battre. Ta vie, et ma vie, et la vie de Hermione Granger, et toutes les vies de la Terre, et les vies au-delà, qui doivent être défendues et protégées, EXPECTO PATRONUM !"
Et la lumière fut.
Tout se transforma en argent, tout fut baigné dans cette lumière, le sol et les murs de pierre, la porte, la balustrade, si flamboyants dans ce simple reflet qu'on pouvait à peine les voir, même l'air semblait briller, et la lumière s'intensifia, encore, et encore -