Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » L'agonie de la lumière
L'agonie de la lumière - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'agonie de la lumière

Электронная книга - «L'agonie de la lumière». Краткое содержание книги:

Quand Dirk T’Larien reçoit le joyau-qui-murmure, des souvenirs douloureux resurgissent. Il se demande pourquoi son amour perdu, la belle Gwen, fait ainsi appel à lui si longtemps après leur rupture. Espérant renouer avec elle, il embarque sur le premier vaisseau à destination de Worlorn pour arracher Gwen aux violents chevaliers Kavalars.
1 ... 18 19 20 21 22 23 24 25 26 ... 104
Перейти на страницу:

— Et tu as préféré vivre à Larteyn ? »

Elle secoua la tête. Ses cheveux, à nouveau libres, vinrent doucement effleurer la joue de Dirk. « Non, dit-elle, tout sourire. C’est Jaan qui l’a voulu, ainsi que Garse. Moi… eh bien, je n’ai pas non plus voté pour Douzième Rêve. Je n’aurais jamais pu vivre ici – l’odeur de la mort y est bien trop forte. Je suis d’accord avec Keats, tu sais. Rien n’est plus mélancolique que l’agonie de la beauté. Et, même si Jaan n’apprécierait certainement pas de m’entendre dire une chose pareille, il y en avait davantage en ces lieux qu’il n’y en a jamais eu à Larteyn. C’est d’ailleurs ce qui en fait la cité la plus triste de Worlorn. À Larteyn, on peut compter sur une certaine compagnie, même s’il s’agit de Lorimaar et des siens. Ici, il ne reste que des spectres. »

Dirk se tourna vers le fleuve, là où le grand soleil rouge à l’agonie, capturé par les flots, effectuait une danse fantasque dans le lent mouvement des eaux. Il pouvait presque voir les spectres dont elle venait de parler, des fantômes qui se pressaient le long des deux rives, se lamentaient pour des choses depuis longtemps perdues.

Il vit alors un autre spectre, qui lui était personnel : un batelier de Braque occupé à lentement descendre le fleuve en s’aidant d’une longue perche noire. C’était lui qu’il venait chercher – et il ne cessait de s’approcher tout en restant à la même place, sa noire embarcation profondément enfoncée dans les flots, trop alourdie de néant.

T’Larien se leva, puis se borna à dire qu’il désirait partir. Ils fuirent donc les spectres pour revenir sur la terrasse, où les attendait la raie d’acier gris.

Elle les emporta dans les airs, pour un second interlude de vent, de ciel et de pensées muettes. Gwen les emmena loin au sud, puis à l’est. Dirk observait le paysage sans mot dire, en ruminant de sombres pensées. Par instants la jeune femme se tournait vers lui, pour lui adresser un sourire machinal.

Ils arrivèrent au bord de la mer.

La cité de l’après-midi avait été construite le long d’une baie accidentée, où des vagues vert foncé venaient se briser contre les embarcadères en ruine. Autrefois, lui apprit Gwen alors qu’ils effectuaient un survol circulaire de l’agglomération, cette ville s’était nommée Musquel-sur-Mer. Bien qu’elle ait été érigée en même temps que les autres cités de Worlorn, il émanait d’elle une forte impression de vétusté. Ses rues ressemblaient à des serpents à la colonne vertébrale brisée, de sinueuses allées pavées qui séparaient des tours obliques de brique rouge, jaune, verte, orange – des briques peintes, striées, mouchetées, unies par un mortier aussi noir que l’obsidienne, aussi rouge que le disque de Grand Satan, pour former des bâtiments outrageusement disparates. Les bannes de toile peinte des boutiques qui bordaient encore les ruelles tortueuses, le long des môles de pierre déserts, arboraient des couleurs plus vives encore.

Après s’être posés sur une jetée qui paraissait un peu plus solide que les autres, pour écouter un long moment le bruit des vagues contre les blocs de pierre, ils partirent tous deux se promener dans les rues balayées par le vent de la ville. Dômes et tours à bulbe avaient été laissés à l’abandon, le gros soleil se chargeant de faire passer leurs couleurs autrefois lumineuses. Les briques se désagrégeaient lentement. La poussière, multicolore et étouffante, avait tout envahi. La construction de Musquel-sur-Mer n’avait guère été soignée ; cette ville était à présent aussi morte que Douzième Rêve.

« C’est plutôt primitif », fit remarquer Dirk tandis qu’ils se promenaient parmi ces ruines. Ils se tenaient au point de rencontre de deux allées, sur une petite place au centre de laquelle on avait creusé un profond puits entouré d’une margelle de pierre. De l’eau noire clapotait dans ses profondeurs. « Tout est de style préspatial, fit-il. Et si j’en crois les enseignes, il en était de même d’un point de vue culturel. Braque ressemble un peu à ça, mais pas à ce point. Les Braquiens ont conservé des bribes de l’ancienne technologie – les rares éléments que la religion n’a pas interdits. Mais tout laisse à penser qu’ils n’avaient absolument rien de tel, à Musquel. »

La jeune femme hocha la tête, puis fit délicatement courir sa main sur la margelle du puits – un geste qui eut pour effet de faire chuter de la poussière et des cailloux dans l’obscurité de ses profondeurs. Le jade et l’argent renvoyèrent alors sur son bras gauche un reflet rouge terne, qui attira le regard de Dirk et le fit tressaillir. De quoi s’agissait-il, exactement ? D’une marque d’esclavage, ou d’un présent d’amour ? T’Larien se força à repousser ces questions. Il ne tenait pas à y réfléchir.

« Les bâtisseurs de Musquel avaient très peu de moyens, reprit-elle. Ils venaient de la Colonie oubliée. On désigne parfois cette planète sous le nom de Letherland sur les mondes extérieurs, mais ses habitants l’appellent tout simplement la Terre. Sur Haut Kavalaan, on nomme ses habitants le Peuple perdu. Qui sont-ils ? Comment ont-ils atteint ce monde ? D’où viennent-ils ?… » Elle haussa les épaules. « Personne ne le sait. Ils vivaient dans les Marches avant les Kavalars, peut-être même avant l’arrivée du Mao Tsé-toung, que l’histoire désigne comme le premier vaisseau interstellaire humain à avoir franchi le Voile du Tentateur. Même s’ils peuvent avoir sans problème des enfants avec des humains en provenance d’autres planètes plus connues, les Kavalars traditionalistes sont persuadés qu’il s’agit de simulacres et de démons hrangans. La Colonie oubliée est un monde solitaire, et le Peuple perdu ne manifeste guère d’intérêt pour le reste de l’espace. Leur culture correspond à l’âge du bronze terrestre. Ce sont des pêcheurs, pour la plupart, qui rechignent à se mêler aux autres humains.

— Alors pourquoi avoir pris la peine de venir ici construire une cité ? » s’étonna Dirk.

Tout sourire, la jeune femme laissa tomber dans le puits de nouvelles pierres, qui produisirent de petits bruits d’éclaboussement en touchant la surface. « Il fallait que tous les mondes extérieurs construisent une cité, sans exception. Ça constituait l’idée de base de ce projet. Lycania a découvert la Colonie oubliée il y a de cela plusieurs siècles, et avec Tober, c’est elle qui s’est chargée de rechercher les membres du Peuple perdu pour les transférer sur Worlorn. La Colonie oubliée ne possède aucun vaisseau stellaire. Elle reste essentiellement un monde de pêcheurs, qui se sont bien gardés de changer leurs habitudes en arrivant ici. C’est également Lycania, avec l’aide du Monde de l’Océan vinnoir, qui a peuplé les mers à leur intention. Ces petits hommes bronzés, ces femmes nues jusqu’à la ceinture, allaient pêcher au filet à bord de frêles esquifs, puis ils faisaient frire en plein air le produit de leur labeur pour le vendre aux touristes, tandis que des bardes et des chanteurs des rues animaient les ruelles. Chaque visiteur a fait une halte à Musquel-sur-Mer, durant le Festival, pour écouter les anciennes légendes, manger du poisson frit et aller se balader en bateau. Mais je doute que le Peuple perdu ait beaucoup apprécié cette ville : tous étaient repartis moins d’un mois après la fin du Festival, sans même emporter leurs bannes. On peut encore trouver des couteaux à poisson, des vêtements et quelques ossements si l’on fouille ce qui reste de leurs demeures.

— Tu l’as fait ?

— Non, mais j’en ai eu vent. Kirak Acierrouge Cavis, le poète qui vit actuellement à Larteyn, a séjourné ici autrefois. Il s’est longuement promené dans les rues de cette cité morte, et en a tiré de nombreux chants. »

1 ... 18 19 20 21 22 23 24 25 26 ... 104
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)