L'agonie de la lumière
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-07572-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'agonie de la lumière». Краткое содержание книги:
« Ce fut ensuite une période troublée, si l’on s’en tient à la légende. Les enfants des eyn-kethi, fruits de la semence de Kay et de Roland, étaient de caractère emporté, violent, décidé. Il y eut d’innombrables rixes. Jean Noir Charbon, un de leurs fils habité par le mal, avait la mauvaise habitude de tuer ses kethi, ses frères d’étau, par simple jalousie – parce qu’il ne savait pas chasser aussi bien qu’eux. Ensuite, parce qu’il espérait obtenir une partie de leur adresse et de leur force, il s’abaissait à dévorer leurs cadavres. Un jour, le découvrant en train de se livrer à un tel festin, Roland poursuivit l’enfant à travers les collines, le bâtonnant à l’aide d’un grand fléau. Jean ne revint jamais dans l’étau de Jadefer ; il fonda son propre étau dans une mine de charbon en prenant pour teyn un démon – vous avez là l’origine des étaux cannibales de la Loge de Noir Charbon.
« D’autres étaux furent fondés de la même manière – mais les récits de Jadefer leur accordent bien davantage de vertus qu’à la Loge de Noir Charbon. Roland et Kay étaient des maîtres inflexibles, avec lequel il n’était guère facile de cohabiter. Shan Finelame, par exemple, un très brave garçon, quitta l’étau avec son teyn et sa betheyn à la suite d’une violente altercation avec Kay, qui n’avait pas respecté son lien de jade et d’argent. Shan est le fondateur de l’Union Shanagate. Le Rassemblement de Jadefer lui reconnaît depuis toujours une origine entièrement humaine – c’est également le cas de la plupart des grands étaux. Ceux qui ont disparu, comme la Loge de Noir Charbon, bénéficient d’une part moins belle dans nos légendes.
« Celles-ci, innombrables, s’avèrent pour la plupart fort instructives. Il existe par exemple un récit sur les kethi désobéissants. Les premiers membres de Jadefer savaient que la seule demeure susceptible de convenir aux êtres humains résidait dans les entrailles de la terre, sous la roche : une forteresse de pierre, une grotte ou une mine. Avec le temps, cependant, leurs descendants finirent par ne plus en voir l’utilité. Les plaines semblaient les inviter à sortir, avec leurs eyn-kethi et leurs enfants. Ils y érigèrent alors d’immenses cités, ce qui signa leur perte. Le feu ne tarda pas à tomber du ciel pour les détruire, faisant fondre les tours, carbonisant tous leurs habitants. Les rares survivants se réfugièrent donc à nouveau sous terre, là où les flammes ne pouvaient les atteindre. Mais quand les eyn-kethi se mirent à donner le jour à de nouveaux fils, ceux-ci se révélèrent être de féroces démons inhumains. Parfois, dit-on, ils dévoraient le ventre de leurs mères pour sortir de l’utérus. »
Vikary fit une pause pour boire une gorgée de bière. Dirk, qui avait presque terminé son petit déjeuner, repoussa quelques miettes de fromage dans son assiette, sourcils froncés. « Tout cela est absolument fascinant, fit-il, mais j’avoue ne pas comprendre le rapport avec les questions que je vous ai posées. »
Vikary but une nouvelle gorgée, puis s’empara d’un petit morceau de fromage. « Un peu de patience.
— Les histoires des quatre coalitions d’étaux qui existent encore sur Haut Kavalaan diffèrent sous maints aspects, intervint Gwen, mais elles font toutes référence à deux événements principaux qui forment la base de l’intégralité des mythes kavalars. Toutes possèdent une version de la destruction des cités par le feu du ciel, qu’elles appellent l’Ère du Feu et des Démons. La seconde histoire, celle de la Peste dévastatrice, lui est postérieure, mais chaque étau la répète presque mot pour mot.
— Exact, approuva Vikary. Ce sont les uniques récits des temps anciens sur lesquels j’ai pu travailler. À l’époque de ma naissance, plus aucun Kavalar sain d’esprit n’y croyait. »
La jeune femme toussa poliment ; Jaan se tourna vers elle, un sourire aux lèvres. « Oui, Gwen vient de souligner une erreur de ma part. Certains Kavalars sains d’esprit y croyaient bel et bien. Mais les sceptiques ne disposaient d’aucune autre version, d’aucune autre foi à laquelle adhérer. La plupart des Kavalars n’accordaient pas la moindre attention à ces récits. Et puis les voyages spatiaux reprirent, Lycanthropes, Tobériens et Kimdissi vinrent tour à tour se poser sur Haut Kavalaan ; ils y découvrirent alors un peuple avide d’apprendre les arts perdus de la technologie – ce qu’ils nous enseignèrent en échange de nos gemmes et de nos métaux lourds. Il ne nous fallut pas longtemps pour disposer à nouveau de vaisseaux stellaires – mais au prix de notre histoire. (Il sourit.) J’ai découvert les données dont nous disposons à présent lors de mes études sur Avalon. Elles se résumaient à fort peu de choses, mais cela m’a suffi. Enfouis dans les grandes banques de données de l’Académie, j’ai découvert les dossiers de la colonisation de Haut Kavalaan.
« Elle a eu lieu vers la fin de la Double Guerre. Un groupe d’émigrants a quitté Tara pour un monde situé au-delà du Voile du Tentateur, où ils espéraient échapper aux Hrangans et à leurs guerriers-esclaves. Si j’en crois ce que j’ai découvert dans les ordinateurs, ils y ont bel et bien trouvé la sécurité, pour un temps du moins. Ils sont tombés sur une planète étrange, sauvage, qui recelait bien des richesses. Une colonie n’a pas tardé à s’y développer, basée sur des opérations minières – il existe des dossiers de ses échanges commerciaux avec Tara. Ça a duré une vingtaine d’années, jusqu’à ce que cette planète, située au-delà du Voile du Tentateur, disparaisse de l’histoire humaine. Les gens s’en sont à peine rendu compte, sur Tara. La guerre battait son plein, à cette époque.
— Et selon vous cette planète n’était autre que Haut Kavalaan ? s’enquit Dirk.
— C’est là un fait incontestable. Les coordonnées correspondent, parmi bien d’autres faits édifiants. La colonie s’appelait Cavanaugh, par exemple. Et, chose peut-être encore plus troublante, le capitaine qui dirigeait la première expédition se nommait Kay Ferronnier. C’était une femme. »
Gwen s’autorisa un sourire.
« Et j’ai découvert autre chose, ajouta Vikary, totalement par hasard. Vous savez sans doute que la plupart des mondes extérieurs n’ont pas été touchés par la Double Guerre. Les civilisations des Marches ont été engendrées par l’Effondrement, ou bien lui sont postérieures. Aucun Kavalar n’a jamais vu de Hrangan, et encore moins leurs races d’esclaves. C’était mon cas, avant que je me rende sur Avalon et m’y intéresse aux aspects les plus larges de l’histoire de l’humanité. C’est alors que, dans un récit des conflits ayant eu lieu au cours du Grand Chaos, j’ai eu la chance de tomber sur des illustrations qui représentaient les divers esclaves semi-intelligents utilisés par les Hrangans comme troupes de choc sur les mondes qui n’attiraient pas leur attention immédiate. Vous êtes un homme du Grand Chaos, vous devez donc certainement connaître ces races. Les Hruuns nocturnes, ces guerriers à la cruauté inégalée originaires d’une planète à forte gravité qui leur conférait une force incroyable – sans même parler de leur vision, qui s’étendait jusqu’aux infrarouges. Les dactyloïdes ailés, qui doivent leur nom à leur vague ressemblance avec un animal de la préhistoire humaine. Et les pires de tous : les githyanki suceurs d’âmes, dotés d’épouvantables pouvoirs psioniques.
— J’ai eu l’occasion de rencontrer un ou deux Hruuns au cours de mes voyages, intervint Dirk. Les autres races, par contre, ont pratiquement disparu, non ?