Le grand livre [Doomsday Book - fr]
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 1994
- Язык: французский
- Год: J’ai lu
- ISBN: 2-277-23761-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
— Il n’existe aucun rapport entre ces mesures et William, expliqua Mary. Un tech a une infection virale.
Dunworthy lui fut reconnaissant de ne pas avoir précisé « un tech de Balliol ».
— C’est un cas unique. Ces dispositions ont été prises à titre de précaution.
Mme Meager était sceptique.
— Mon Willy a une constitution fragile et il passe son temps à étudier dans une chambre pleine de courants d’air.
Mary glissa la main dans sa poche. Pour prendre son biper et appeler des renforts, espéra Dunworthy.
— Un trimestre à Balliol l’a affaibli et, pour couronner le tout, son directeur d’études lui a imposé de rester pendant les congés pour lire Pétrarque, ajoutait Mme Meager. Il est inadmissible que mon Willy passe Noël cloîtré dans ces locaux vétustes…
« J’ai failli rater le métro, notez bien. À cause du handicap que constitue cette énorme valise. Je me suis dit : “Tant pis, je prendrai le suivant.” Mais j’ai quand même crié de retenir les portes. Je venais de descendre à Cornmarket lorsqu’on a annoncé une “suspension du trafic pour cause de quarantine”. Pensez que si j’avais attendu l’autre rame, je n’aurais pas pu arriver à Oxford.
Dunworthy maudit le destin et déclara :
— William sera surpris de vous voir.
Dans l’espoir de l’inciter à partir à sa recherche.
— Oui. Sans cache-nez, il finira par prendre ce virus. Il attrape tout ce qui passe. Mais je serai là pour le soigner, comme quand il était petit.
La porte s’ouvrit sur deux individus en blouse, masque et gants. Ils se ruèrent dans le couloir et s’arrêtèrent net en constatant que personne ne gisait sur le sol.
— Établissez un cordon sanitaire autour de ce secteur, leur dit Mary avant de se tourner vers Mme Meager. Il est possible que vous ayez été contaminée, si ce virus est véhiculé par l’air ambiant.
Dunworthy fut pris de panique en pensant qu’elle avait décidé de la garder avec eux.
— Escortez cette dame dans une chambre d’isolement, ordonna-t-elle aux infirmiers masqués. Nous vous ferons une prise de sang et vous demanderons de dresser la liste des gens que vous avez côtoyés. Monsieur Dunworthy, si vous voulez bien me suivre.
Ils retournèrent dans la salle d’attente sans laisser à Mme Meager le temps de protester.
— Ce pauvre Willy bénéficiera d’un répit.
Tous se tournèrent vers eux lorsqu’ils entrèrent, à l’exception de la paramed qui dormait. Latimer était toujours assis, la manche retroussée. Montoya téléphonait.
— La rame de Colin est repartie dans l’autre sens, annonça Mary. Il ne court aucun danger.
— Oh, parfait ! commenta Montoya.
Elle raccrocha. Gilchrist bondit pour s’emparer du combiné pendant que Mary disait à Latimer :
— Désolée de vous avoir fait attendre.
Elle ouvrit un sachet contenant des gants, les enfila et prépara la seringue.
— Ici Gilchrist. Je désire parler au doyen des directeurs d’études. Oui, je veux joindre le recteur. Entendu, j’attends.
Son interlocuteur ignore où il est, pensa Dunworthy. Et la secrétaire de Basingame également.
— Je suis soulagée, pour le gosse, déclarait Montoya en regardant sa montre. Combien de temps va-t-on nous faire poireauter ici ? Je dois retourner à Skendgate avant qu’il n’y ait plus qu’un marécage. Nous effectuons des fouilles dans le cimetière. Nous avons trouvé des tombes du XVe, mais aussi quelques pestiférés et des restes de l’époque pré-Guillaume le Conquérant. La semaine dernière, nous avons mis au jour la sépulture d’un chevalier. En excellent état. Je me demande si Kivrin est là-bas.
Dunworthy supposa qu’elle se référait au hameau et non au cimetière.
— Je l’espère, fit-il.
— Je lui ai conseillé de débuter sans attendre son étude de Skendgate. Le village, l’église et surtout les tombes. Les inscriptions en partie effacées, les sculptures et les dates illisibles antérieures à 1318.
— C’est urgent, gronda Gilchrist. Je sais qu’il pêche en Écosse, mais j’ignore où.
Mary colla un pansement sur le bras de Latimer et fit signe à Gilchrist, qui secoua la tête. Elle alla réveiller la paramed.
— Il y a tant de choses que seule une observation directe peut nous apprendre, disait Montoya. J’espère que la mémoire de l’enregistreur de Kivrin sera suffisante. Ce machin est minuscule. L’avez-vous vu ? On croirait vraiment un kyste.
— Un kyste ?
— Pour éviter tout anachronisme, même en cas de malheur. Il a été implanté contre la surface palmaire du scaphoïde.
Elle massa son poignet, au-dessus du pouce.
Mary fit signe à Dunworthy. La paramed se leva et baissa sa manche. Il prit sa place. Mary retira la pellicule protectrice d’un moniteur jetable, l’appliqua à son bras puis lui remit une thermosonde. Il l’avala.
— Dites à l’économe de m’appeler dès son retour, grommela Gilchrist.
Il raccrocha. Montoya saisit le téléphone et composa un numéro.
— Salut. Pourriez-vous me préciser les limites du secteur en quarantaine ? Je dois savoir s’il englobe Witney.
La réponse ne dut pas la satisfaire car elle demanda :
— À qui dois-je m’adresser pour obtenir une modification de son tracé ? C’est urgent.
Ils se préoccupent tous de leurs petites affaires sans accorder la moindre pensée à Kivrin, se dit Dunworthy. Mais ont-ils des raisons de s’inquiéter ? L’enregistreur ressemble à une excroissance osseuse, afin que les contemporains ne soient pas surpris s’ils décident de lui trancher les mains avant de la brûler vive.
Mary prit sa tension puis planta l’aiguille.
— Quand le téléphone sera libre, pourrez-vous avertir William que sa mère a débarqué ? lui demanda-t-elle.
Elle lui mit un pansement et fit signe à Gilchrist d’approcher.
— Le numéro du National Trust, dit Montoya qui écrivit des chiffres sur une brochure puis raccrocha le combiné.
Il sonna, et Gilchrist s’en empara.
— Non, bougonna-t-il avant de le tendre à Dunworthy.
C’était Finch. Il appelait du bureau de l’économe.
— Avez-vous le dossier médical de Badri ?
— Oui, monsieur. Des policiers sont venus réquisitionner des logements pour les gens qui ne résident pas à Oxford.
— Veulent-ils que nous en prenions à Balliol ?
— Oui, monsieur. Combien pouvons-nous…
Mary s’était levée et gesticulait.
— Un instant, s’il vous plaît.
Il couvrit le micro avec sa paume.
— Vous demandent-ils de loger des gens ?
— Oui.
— Réservez-nous des chambres. L’hôpital aura peut-être besoin de locaux supplémentaires.
Dunworthy écarta la main et dit à Finch :
— Proposez-leur Fisher et ce qui reste de Calvin. Si vous n’avez encore rien attribué aux carillonneuses, mettez-les deux par deux. Dites à la police que les services hospitaliers ont retenu Bulkeley-Johnson pour les urgences. Vous avez donc trouvé le dossier médical de Badri ?
— Pas sans peine, monsieur. Il était classé à la lettre C, comme Chaudhuri, et les Américaines…
— Avez-vous son numéro de Sécurité sociale ?
— Oui, monsieur.
— Je vous passe le docteur Ahrens, fit-il sans laisser à son secrétaire le temps de broder sur le thème des carillonneuses.
Il fit un signe à Mary, qui colla un pansement sur le bras de Gilchrist et un moniteur jetable sur le dos de sa main. Finch en profita pour dire :
— J’ai pu joindre Ely. Ils ont été très compréhensifs mais les Américaines sont mécontentes.