Le grand livre [Doomsday Book - fr]
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 1994
- Язык: французский
- Год: J’ai lu
- ISBN: 2-277-23761-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
— En ce cas, il vous attend sans doute à la station de métro. Voulez-vous que j’aille le chercher ?
— Non, Badri a pu vous contaminer.
— Je vais téléphoner pour lui dire de venir ici en taxi. Où devait-il arriver ? Cornmarket ?
— Oui, Cornmarket.
Dunworthy obtint les renseignements au troisième essai puis composa un indicatif. La ligne était occupée. Il enfonça le commutateur et refit le numéro.
— Ce Colin est votre petit-fils ? demanda Montoya.
Les autres ne leur prêtaient pas attention. Gilchrist remplissait ses formulaires et son expression indiquait qu’il assimilait tout cela à de nouvelles preuves d’incompétence. Latimer attendait, la manche retroussée. La paramed dormait.
— Mon petit-neveu. Il doit passer Noël avec moi.
— Quand a-t-on mis Oxford en quarantaine ?
— À quinze heures dix, je crois.
Dunworthy leva la main pour réclamer le silence.
— Station de métro de Cornmarket ? Je vous téléphone au sujet d’un garçon de douze ans qui a dû arriver de Londres vers quinze heures.
Il couvrit le micro avec sa paume pour demander à Mary :
— Pourriez-vous me le décrire ?
— Blond. Les yeux bleus. Assez grand pour son âge.
La foule bloquée dans la station était bruyante, et ce fut d’une voix forte qu’il répéta :
— Un grand blond. Il s’appelle Colin…
— Templer, précisa Mary. Il devait prendre le métro à Marble Arch, à treize heures.
— Colin Templer. L’avez-vous vu ?
— Cinq cents voyageurs se bousculent autour de moi et vous voudriez que j’aie remarqué un gosse ? s’emporta le chef de station. Regardez un peu ce foutoir !
L’image d’une cohue le remplaça sur l’écran.
Dunworthy y chercha un grand garçon blond aux yeux bleus. L’homme réapparut.
— Nous sommes en quarantaine. Les usagers veulent savoir pourquoi les rames sont arrêtées et je dois les empêcher de tout détruire, pas perdre mon temps à rechercher un mouflet.
— Il s’appelle Colin Templer. Sa grand-tante devait passer le chercher.
— Alors, qu’est-ce qu’elle attend pour venir me débarrasser d’un de mes problèmes ?
La liaison fut coupée. Dunworthy se demanda si son interlocuteur avait raccroché ou si un individu en colère venait de lui arracher le combiné des mains.
— L’a-t-il vu ? voulut savoir Mary.
— Non. Vous devriez envoyer quelqu’un le récupérer.
— Oui, vous avez raison, fit-elle en sortant.
— Si sa rame avait un peu de retard, la quarantaine avait déjà été décrétée à son arrivée, fit remarquer Montoya.
Dunworthy n’y avait pas songé. On avait pu stopper son métro à la station précédente et le renvoyer à Londres avec les autres passagers.
— Rappelez ce type, dit-il en lui tendant le téléphone. Précisez que Colin a quitté Marble Arch à treize heures. Mary doit joindre sa nièce. Il est peut-être à son domicile.
Il sortit dans le couloir pour demander à l’infirmière d’aller chercher Mary, mais il ne vit personne.
Il se dirigea vers la cabine. Il chargerait Finch d’aller voir si Colin n’était pas chez Mary.
— Allô ! dit une femme.
Dunworthy lut le numéro affiché sur l’écran. C’était le bon.
— Je voudrais parler à M. Finch.
— Il a dû s’absenter, répondit l’inconnue avec un fort accent américain. Je suis Mlle Taylor. Dois-je lui transmettre un message ?
Une carillonneuse, sans doute. Plus jeune qu’il ne s’y serait attendu, en début de trentaine, et bien trop frêle pour imprimer à une cloche le moindre mouvement de balancier.
— Pourriez-vous lui demander d’appeler M. Dunworthy à l’hôpital ?
— Dunworthy, écrivit-elle sur un bout de papier avant de redresser la tête et de répéter sur un ton différent : Dunworthy ? Seriez-vous le responsable de notre détention ?
Il se souvint qu’il avait envoyé Finch au bureau de l’économe et se reprocha d’avoir composé l’indicatif du réfectoire des juniors.
— C’est le ministère de la Santé qui décide la mise en quarantaine d’un secteur. Je suis sincèrement désolé et j’ai demandé à mon secrétaire de vous installer confortablement. Si je peux faire quelque chose pour vous…
— Ce que vous pourriez faire, c’est nous conduire à Ely. Nous devons donner un concert à la cathédrale, ce soir à vingt heures, et nous sommes attendues à Norwich pour la messe de minuit.
Il ne se sentit pas le courage de lui annoncer qu’elles passeraient sans doute Noël à Oxford.
— Tous sont au courant de la situation, mais je peux téléphoner pour fournir des explications…
— Des explications ! J’aimerais bien en obtenir, moi aussi. Aux États-Unis, la liberté de circulation est un droit inaliénable !
Et à cause de tels principes, la Pandémie avait été fatale à plus de trente millions d’Américains, se souvint Dunworthy.
— Ces mesures ont été prises pour assurer votre protection. Vos concerts seront reprogrammés et entre-temps Balliol sera ravi de vous accorder son hospitalité.
Je regrette seulement que la quarantaine n’ait pas été décrétée avant que vous ne demandiez à visiter notre faculté, pensa-t-il.
— On ne peut reporter une messe de minuit. Nous devions interpréter une œuvre de notre composition. Le chapitre de Norwich compte sur nous et j’ai l’intention…
Il raccrocha. Finch devait chercher le dossier médical de Badri dans le bureau de l’économe, mais Dunworthy craignait de tomber sur une autre carillonneuse. Il demanda aux renseignements le numéro des Transports Régionaux et le composa.
À l’extrémité du couloir, la porte s’ouvrit sur Mary.
— Je tente de joindre les Transports Régionaux, expliqua-t-il en lui tendant le combiné.
Elle le refusa d’un geste, en souriant.
— Tout va bien. J’ai eu Deirdre au bout du fil. La rame de Colin a été arrêtée à Barton. Les passagers sont repartis vers Londres. Ma nièce n’a pas été ravie d’apprendre le retour de son fils, elle espérait bien s’en débarrasser pour les fêtes. Mais je suis heureuse de savoir qu’il ne sera pas mêlé à tout ceci.
Il raccrocha.
— C’est donc si grave ?
— Nous avons reçu les premiers résultats. C’est un myxovirus de type A. Une grippe.
Il avait craint bien pire. Les grippes qu’il avait eues avant la mise au point des antiviraux n’avaient rien eu de catastrophique.
— Qu’attendez-vous pour faire lever la quarantaine ?
— D’avoir consulté le dossier médical de Badri. S’il n’a pas sauté ses derniers rappels, il faudra attendre que l’origine de la maladie ait été déterminée.
— Il n’y a pas de quoi s’inquiéter.
— Vous oubliez que l’épidémie de grippe espagnole de 1918, également due à un myxovirus, a été fatale à vingt millions de personnes. Les virus évoluent et le système immunitaire ne les reconnaît plus. C’est pour cela qu’il faut se faire vacciner régulièrement. Mais rien ne nous protège en cas de mutation importante.
— C’est ce qui s’est produit ?
— J’en doute. Le processus prend généralement une dizaine d’années. Badri a dû sauter un rappel.
— C’est possible.
— Nous serions alors confrontés à une grippe bénigne.
— Et Kivrin ? A-t-elle reçu ses vaccins ?
— Oui, ainsi qu’un assortiment complet d’antiviraux. Sa protection est totale.
— Même contre ce virus ?
Elle n’hésita qu’une fraction de seconde.
— Oui, si elle n’a côtoyé Badri que ce matin.