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Arthur et la guerre des deux mondes

Электронная книга - «Arthur et la guerre des deux mondes». Краткое содержание книги:

Le pire est à craindre car M le maudit a profité de l'ouverture du rayon de lune pour grandir et passer dans l'autre monde, celui des humains. L'ignoble créature mesure maintenant deux mètres quarante et elle est bien décidée à conquérir ce nouveau monde.
Devant l'ampleur du danger, Arthur et ses amis vont exploiter toutes les astuces, tirer profit des situations les plus inattendues et tout faire pour déjouer l'effroyable plan de Maltazard.
Mais est-ce que cette cause n'est pas perdue d'avance lorsque l'on ne mesure que deux millimètres?
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- Pourquoi ne pas nous dire le but de ta visite, au lieu de tout détruire ainsi ? demande le grand-père.

- Mais la destruction est mon péché mignon ! répond Maltazard, une main sur la poitrine comme s'il parlait de fraises au sucre. Qu'y a-t-il de plus excitant que de mettre un petit coup de pied dans un château de cartes pour le voir s'effondrer ? Ne le fabrique-t-on pas dans le secret espoir de le voir s'écrouler ? argumente Maltazard en arpentant le salon détruit. Et quel empire ne s'est pas construit sur les ruines du précédent ? N'en profite-t-on pas pour le rebâtir encore plus beau, encore plus haut, encore plus puissant ? La destruction n'engendre, chez l'homme, que l'envie de se surpasser. En détruisant pour lui, je lui fais gagner du temps !

- Du temps dont tu te sers pour détruire davantage ! rétorque Archibald, outré par de tels propos.

- C'est vrai. C'est un cercle vicieux. Vous bâtissez, je détruis, vous rebâtissez, je re-détruis ! Quand ce cercle infernal va-t-il enfin se briser ? dit-il en faisant mine de s'en plaindre.

Archibald n'a pas la réponse. Marguerite non plus.

- C'est peut-être cette opposition qui nous tient en équilibre ? Le cercle n'est-il pas la forme géométrique la plus parfaite ? ajoute Maltazard, fier de sa démonstration.

- C'est une forme effectivement parfaite... concède Archibald.

- Le bon et le mauvais ne peuvent pas se séparer, mon bon Archibald. Ils ont trop besoin l'un de l'autre. C'est le ciment qui unit nos deux mondes !

Chapitre 9

En attendant, c'est la force conjuguée d'Arthur et Sélénia qui a permis d'enfoncer à nouveau la petite prise électrique qui s'était débranchée. Le train redémarre aussitôt et nos trois héros sont obligés de courir pour le rattraper. Arthur bondit sur la plage arrière et tend aussitôt la main à Sélénia pour l'aider à monter.

- Dépêche-toi, Bétamèche ! crie sa sœur en le voyant trottiner derrière eux.

- Je ne peux pas, mon sac est trop lourd ! répond le petit prince, à bout de souffle.

Le train a maintenant pris de la vitesse et Bétamèche perd, à chaque seconde, davantage de terrain.

- Arthur ?! Fais quelque chose ! s'exclame la princesse, comme si elle attendait de son prince qu'il ait tous les pouvoirs.

Arthur est tout désemparé, mais qu'y a-t-il de plus motivant qu'une princesse qui vous implore du regard et place en vous toute sa confiance ? Arthur sait qu'il a une seconde pour trouver une idée, avant de perdre le cœur de sa princesse et Bétamèche tout entier.

- Bétamèche ! Derrière toi... le yéti ! hurle Arthur.

Le truc marche aussitôt et la peur donne des ailes à Bétamèche, qui bat tous les records de vitesse pour rejoindre l'arrière du wagon. Le petit prince fait un tel bond qu'il atterrit directement à l'intérieur en faisant un roulé-boulé. Sélénia se tape les cuisses en riant.

- Tu n'es vraiment qu'un gamoul pouillé !

Arthur ne comprend pas bien l'expression, mais suppose que le « gamoul pouillé » doit être l'équivalent de notre « poule mouillée ».

- Il t'a bien eu avec son : « Derrière toi le yéti ! » se bidonne la princesse en imitant Arthur.

Bétamèche n'a pas l'air de trouver ça drôle et son visage est toujours aussi tendu.

- A vrai dire, je... je n'ai pas vraiment menti ! répond Arthur en essayant d'affoler le moins possible la princesse.

Sélénia s'arrête tout à coup de rire et fronce les sourcils. Bétamèche secoue la tête pour lui faire comprendre son erreur. Il y a effectivement un yéti qui suit le train, même si on n'en voit que la truffe et il est dans le dos de Sélénia qui ne le voit pas.

- Vous avez bien failli m'avoir ! lance la princesse en rigolant. Mais je ne suis pas née de la dernière pluie, vous savez ? Je faisais déjà ce genre de blague alors que tu n'étais pas encore né, mon pauvre Bétamèche ! Je sais très bien qu'il n'y a pas d'affreux yéti qui court derrière ce train ! dit-elle, en se retournant pour constater... son erreur !

Alfred suit le train, sa truffe énorme collée à la plateforme. La princesse pousse un cri inhumain, à faire trembler un micro. Elle se jette instinctivement dans les bras d'Arthur qui n'en demandait pas tant.

- C'est pas vraiment un yéti, c'est un chien et il s'appelle Alfred, dit gentiment Arthur. Le yéti c'est encore plus gros et surtout beaucoup plus laid !

- II... il est apprivoisé ? bégaye la princesse, qui a du mal à cacher son trouble.

- Apprivoisé est un grand mot, disons qu'il m'écoute quand ça l'intéresse !

Arthur se penche à l'extérieur du wagon et hurle :

- Alfred ! Va-t'en ! Tu fais peur à la princesse !

Le chien dresse aussitôt l'oreille. Il a bien vu son maître, là, tout petit à l'arrière du wagon, mais il n'entend absolument rien de ce qu'il lui dit, tellement sa voix est fluette.

- Vous voyez ? Il n'écoute jamais rien ! conclut Arthur, désespéré. Il ne peut imaginer qu'Alfred ne l'entende pas alors qu'il hurle aussi fort.

Le train passe à côté d'une balle de tennis, probablement abandonnée ici lors d'un jeu. Arthur a subitement une idée : il met un grand coup de pied dans l'énorme balle, histoire de montrer ses talents de footballeur. Mais il aurait mieux fait de réfléchir. La balle est cent fois plus grosse que lui et il s'écrase le pied dessus. Le voilà maintenant qui saute à cloche-pied dans tout le wagon en criant sa douleur.

- À quoi tu joues ? demande Bétamèche, qui n'a pas saisi toutes les règles de ce nouveau jeu.

Arthur a trop mal pour lui répondre. Cependant, le coup de pied d'Arthur n'a pas été vain. La balle, entraînée par la vitesse du train, s'est mise à rouler doucement avant de tomber dans l'escalier.

Alfred n'entend peut-être rien, mais il a compris le message et il part derrière la balle qui dévale les marches, trop content de pouvoir jouer à nouveau avec son maître.

Bétamèche regarde par la fenêtre le yéti qui s'éloigne, tandis que la princesse se recoiffe d'un geste gracieux.

- On l'a quand même échappé belle ! soupire Bétamèche en s'asseyant à côté d'Arthur qui se masse le pied.

Mais un bruit énorme vient le contredire : un choc violent, qui fait vibrer tout le train, comme si une montagne leur était tombée dessus. Nos trois héros se retrouvent à terre, et ont juste le temps de s'agripper aux pieds des sièges.

La violente secousse ne dure qu'un instant et le train reprend son rythme normal.

- Mais que diable s'est-il passé ? lance Bétamèche, affolé.

Quand on parle du diable, on en voit souvent la queue, mais dans ce cas précis, on n'en voit que la crête. Darkos apparaît, à l'envers, le visage dans l'encadrement de la fenêtre.

- Coucou ! fait-il avec un sourire enfantin, comme s'il s'apprêtait à jouer à colin-maillard.

Nos trois héros se mettent à hurler et courent dans tous les sens. Le guerrier saute à l'intérieur du train et déploie sa grande épée. Le premier coup est pour Sélénia. La pauvre princesse part valdinguer au fond du train, sans avoir eu le temps de sortir son épée magique. Arthur, en parfait gentleman, s'interpose entre eux et fait face à l'horrible Darkos tout fumant de rage comme un taureau.

- Darkos ! Calme-toi ! crie Arthur avec autorité.

Le guerrier s'arrête net, décontenancé par tant d'assurance. Mais la confiance d'Arthur n'est que façade, derrière il cherche son texte.

- Euh... ne penses-tu pas que c'est le bon moment pour nous de se parler un peu ? suggère l'enfant avec un vague sourire.

Voilà une intention qui déstabilise notre guerrier. On lui a souvent proposé de ravager, piller, égorger, trucider, mais rarement de parler.

- Parler de quoi ? lâche-t-il en se redressant légèrement.

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