La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
- Автор: Bretonne Nicolas-Edme Retif de la
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:
Et d’abord notre vénérable père lève de sur vous toutes les malédictions qu’il vous avait données, comme je compte de vous le dire par ci après; et il me recommande de vous marquer qu’il est toujours votre père, et qu’on vous recevra ici comme l’enfant prodigue, en célébrant votre retour comme une fête, sans pas plus parler du passé, que s’il était non avenu. Et notre bonne mère m’en charge de vous écrire de sa part qu’elle vous porte dans son cœur, comme sa fille, tout ainsi qu’elle vous a portée dans son flanc, avant que vous vissiez le jour; et qu’elle pleurera de joie en vous revoyant, comme elle a pleuré de douleur aux tristes nouvelles. Et notre bon père et notre bonne mère se réunissent en ce moment (car ils me regardent écrire), pour me dire et dicter ces propres paroles: «Et à qui donc pardonnerons-nous, si ce n’est à nos enfants?» Et quant à ce qui est de mon mari, Pierre votre aîné, voici ses paroles: «Ma pauvre chère sœur, image de notre mère dans sa jeunesse, et par ce, si aimable et chère à nos yeux, revenez, je vous en prie, vers votre pauvre famille, qui verra en vous, non une coupable, puisque par votre belle pénitence et vos beaux sentiments, vous êtes plutôt une sainte à ce jourd’hui, mais le jouet du sort et de la méchanceté d’autrui… Quant à mon égard, ma chère Ursule (dit-il), je ne te reverrai qu’avec respect, contemplant en toi une fille malheureuse, illustrée par son malheur, et que Dieu a rappelée à lui, peut-être plus sûrement, que si, sans aucun écart, il t’eût fait marquise, et la protectrice de notre famille. Par ainsi, chère sœur, laisse entrer dans ton pauvre cœur le baume de la consolation. Et sur ce, je t’embrasse.» Pour à l’égard de nos autres frères et sœurs, un chacun d’eux et d’elles m’en chargent de vous dire qu’ils adoptent en tout le discours de leur aîné, comme exprimant leurs véritables sentiments. Et pour à mon égard à moi, ma chère Ursule, je ne saurais que je ne sente se fondre mon pauvre cœur, quand je me rappelle notre tendre amitié de jeunesse, toujours entretenue; si bien que de toutes vos sœurs et belles-sœurs, toutes méritantes, c’est moi que vous avez choisie pour votre confidente et correspondante ici. Aussi tel est mon vœu, qu’il n’y a pas de minute dans le jour où je ne vous aie désirée depuis un si long temps: et quand j’entendais me parler de vous, je ne le pouvais croire, et bouchais mes oreilles, pour ne pas entendre le maclass="underline" et je ne crois aujourd’hui que votre lettre. Mais aussi, loin de vous honnir et mépriser, quand je viens à songer à toutes vos perfections, je me jette à genoux, et me récrie à Dieu: «Ô mon Seigneur! grâces vous sont dues si je ne suis pas pire; car je ne valais pas Ursule, et tout ce que je vaux, je le dois à la faveur que vous m’avez faite de me donner un bon mari, et de me garder au village! à la ville, ô mon Dieu! que serais-je devenue!» Voilà pour la réponse, chère sœur: nous vous attendons; et s’il vous plaît nous marquer vos besoins, et même que mon mari courre vous chercher, il y courra: veuillez seulement nous donner vos ordres, à tous tant que nous sommes de frères et sœurs, et mettre votre entière confiance dans le tendre et bon cœur de vos père et mère. Et pourtant vous faut-il faire le récit de tout ce qui s’est passé ici à votre sujet, depuis votre cessation de lettres, de tous les discours qui se sont tenus par des étrangers, ainsi que des lettres qui nous ont été écrites à votre encontre et du très cher Edmond: et ce que vous venez de lire, sera un bon préservatif.