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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Je vois rarement Edmond depuis ce moment, et Zéphire elle-même se plaint qu’il la néglige. Peut-être voyez-vous plus clair que nous dans sa conduite!

Nota: Edmond, quoique Zéphire l’eût retiré de ses goûts crapuleux, qu’il respectât la vertu dans cette fille, ne travaillait point à épurer sa propre conduite, ni celle de sa maîtresse: non seulement il vivait avec elle; mais il se livra pour lors au goût des aventures difficiles, compliquées, multipliées, qui exercent l’esprit et les sens, au lieu d’intéresser le cœur; on le voit, dans le PAYSAN, mener jusqu’à trois intrigues à la fois: Gaudet le laissait se rassasier de jouissances, pour faire un jour succéder l’ambition, et la rendre plus puissante; mais on a vu dans le PAYSAN, ce qui en est arrivé.

Lettre 149. Ursule, à Fanchon.

[Enfin, elle récrit à ma femme! mais digne de lui écrire; elle est changée! je vous en remercie, ô mon Dieu!].

15 mars.

Ne cherche pas la signature, chère sœur; c’est Ursule qui t’écrit… après six ans de silence!… Ai-je encore un père et une mère? des frères? des sœurs?… S’il m’en reste, dis-leur que je respire, accablée de honte et de douleur, dis-leur que j’ai mérité mes maux; mais ajoute que je me repens, et qu’humblement prosternée aux pieds des autels, j’offre au Dieu vivant les sanglots d’un cœur brisé… hélas! il ne fut longtemps que le foyer impur d’où s’échappaient les exhalaisons du crime et de la débauche!… Dis-leur que le crime et la débauche m’ont punie avec un excès de peine et de tourment, capable de faire frémir: mais que la paix rentre peu à peu dans mon cœur, depuis que je sens que j’ai été assez punie. Dis-leur que je n’ai pas encore osé former un vœu pour eux au Ciel, de peur que la source ne fût pas assez purifiée; mais que dès qu’elle le sera, je me tiendrai prête à m’immoler au Seigneur en holocauste, fût-ce sur un bûcher, pour obtenir de sa paternelle bonté qu’il verse dans leurs cœurs la joie que j’en ai bannie; que je fus plus coupable que Madeleine, que Pélagie, que Marie d’Égypte; mais que mes peines ont passé les leurs, et que, comme elles, je ne veux plus vivre que pénitente et gémissante, pour effacer, à force de larmes, les taches que le vice à imprimées sur moi. Dis-leur que leur malheureuse fille et sœur est au rang des plus viles créatures; qu’elle s’est couverte de leur habit; qu’elle se mêle avec elles, pour les servir, les exhorter, les consoler, se mettre au-dessous d’elles, par la confession publique de ses fautes, devant celles des sœurs de cette maison de honte, à qui, par une indulgence aveugle, on avait rendu, à son sujet, un bon témoignage non mérité; eh! puisse-t-elle en être humiliée autant que le méritent ses ordures! puisse-t-elle être ainsi de quelque utilité à ses compagnes de séjour, de désordre et d’infamie!… Dis-leur que leur fille et leur sœur est à l’hôpital…, juste demeure pour elle, quoique les lois ne l’y aient pas condamnée. Dis-leur que j’attendrai toute ma vie la réponse foudroyante que je mérite de leur part, et que je la lirai prosternée dans la poussière, la montrant à Dieu même, en lui disant: «Punissez-moi seule, ô mon Dieu! ils m’ont bien élevée; ils ne sont pas mes complices! *** **.

Je n’ai plus de nom dont je sois digne que LA PÉCHERESSE.

P.-S. Edmond vient me voir quelquefois.

Lettre 150. Réponse de Fanchon.

[Ma femme lui raconte tout ce qui s’est passé, à son sujet à la maison paternelle.].

15 mars, jour de la Vierge.

Ma très chère sœur. Votre lettre a été pour nous comme un phénomène du Ciel, et je l’ai longtemps tenue, connaissant votre écriture, après l’avoir tirée de la poste, que la main me tremblait, et que le cœur me battait, sans que j’eusse la force ni l’envie de la décacheter. Je la tenais dans mes mains, en venant de V***, courant presque malgré moi, comme pour la montrer à mon mari. Mais quand j’ai été au

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