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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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Et il était aussi possible que Dumbledore soit derrière Zabini, et que le professeur Quirrell ait sincèrement essayé de combattre le Marque des Ténèbres d'égal à égal et d'empêcher la répétition d'un numéro qu'il avait trouvé pathétique. Qu'il ait tenté de s'assurer que Harry ne se retrouve pas à combattre le Seigneur des Ténèbres seul pendant que tout le monde se serait caché, effrayé, essayant de rester à l'écart des lignes de tir, attendant que Harry les sauve.

Mais la vérité, c'était que...

Eh bien...

L'idée ne dérangeait pas Harry plus que ça.

Il savait que c'était le genre de chose censée rendre les héros amers et pleins de ressentiment.

Bah. Harry était tout à fait en faveur d'une situation ou tout le monde restait hors de danger tandis que le Survivant s'occupait du Seigneur des Ténèbres tout seul, plus ou moins un petit nombre de compagnons. Si le prochain conflit contre le Seigneur des Ténèbres en arrivait à une seconde guerre des sorciers où pleins de gens mouraient et que tout un pays se retrouvait impliqué, ça voudrait dire que Harry aurait déjà échoué.

Et si après cela une guerre se déclarait entre les sorciers et les Moldus, il importerait peu de savoir qui gagnerait, Harry aurait déjà échoué en laissant les choses aller jusque là. Et puis, qui avait dit que les sociétés ne pouvaient pas s'intégrer pacifiquement quand le secret volait inévitablement en éclats ? (Même si Harry pouvait entendre la voix sèche du professeur Quirrell dans son esprit qui lui demandait s'il était un idiot, qui lui disait toutes les choses évidentes...) Et si les mages et les Moldus ne pouvaient vivre en paix, alors, plutôt que de laisser une guerre éclater, Harry combinerait la magie et la science et trouverait comment évacuer tous les sorciers sur Mars ou ailleurs.

Parce que si on en arrivait à une guerre pour l'extermination...

C'était ce dont le professeur Quirrell ne s'était pas rendu compte, la plus importante question qu'il avait oublié de poser à son jeune général.

La véritable raison pour laquelle Harry n'avait aucune intention de se laisser convaincre de soutenir l'idée d'une Marque de la Lumière, peu importe à quel point cela l'aiderait dans son combat contre le Seigneur des Ténèbres.

Un Seigneur des Ténèbres et cinquante partisans marqués avaient été un péril contre toute l'Angleterre magique.

Si toute l'Angleterre prenait la Marque d'un chef fort, elle serait un péril pour tout le monde magique.

Et si tous les sorciers prenaient une Marque, ils seraient un danger pour le reste de l'humanité.

Personne ne savait exactement combien il y avait de sorciers dans le monde. Il avait fait quelques estimations avec Hermione et avait trouvé des nombres de l'ordre d'un million.

Mais il y avait six milliards de Moldus.

Si on en arrivait à une guerre totale...

Le professeur Quirrell avait oublié de demander quel camp Harry protégerait.

Une civilisation scientifique, allant vers l'avant, les yeux levés vers le ciel, sachant que son destin était d'atteindre les étoiles.

Et une civilisation magique, dont la magie s'effaçait tandis que son savoir se perdait, toujours gouvernée par une noblesse qui voyait les Moldus comme des êtres pas tout à fait humains.

C'était une sensation horriblement triste, mais pas une qui comportait la moindre trace de doute.

Après-coup : Blaise Zabini

Blaise avançait dans les couloirs avec une lenteur composée et attentive tandis que son cœur battait follement et qu'il essayait de le calmer -

"Ahem," dit une voix sèche et chuchotante depuis une alcôve ombragée devant laquelle il passait.

Blaise fit un bond mais ne cria pas.

Lentement, il se retourna.

Dans ce sombre recoin se trouvait une cape noire si large et tourbillonnante qu'il était impossible de déterminer si la silhouette qu'elle masquait était mâle ou femelle, et au-dessus de la cape se trouvait un chapeau noir aux larges rebords, et un nuage noir semblait s'amonceler en-dessous, cachant le visage de celui ou de ce qui se trouvait derrière.

"Votre rapport," chuchota M. Chapeau et Cape.

"J'ai dit exactement ce que vous m'aviez dit de dire," dit Blaise. Sa voix était un peu plus calme maintenant qu'il n'était plus en train de mentir à quelqu'un. "Et le professeur Quirrell a réagit exactement de la façon dont vous vous y attendiez."

Le large chapeau noir s'était incliné et redressé, comme si la tête en-dessous avait opiné. "Excellent," dit le chuchotement impossible à attribuer à qui que ce soit de connu. "La récompense que je t'ai promise est déjà en chemin vers ta mère, par chouette."

Blaise hésita, mais sa curiosité le dévorait. "Est-ce que je peux vous demander, maintenant, pourquoi vous voulez créer des problèmes entre le professeur Quirrell et Dumbledore ?" Le directeur n'avait rien eu à faire avec les brutes de Gryffondor dont Blaise avait entendu parler, et en plus d'aider Kimberly, le directeur avait proposé que le professeur Binns lui donne d'excellentes notes en Histoire de la Magie même s'il rendait un parchemin vide en lieu et place de ses devoirs, auquel cas il aurait quand même dû se rendre aux cours et faire semblant de rendre son travail. À vrai dire, Blaise aurait trahi les trois généraux gratuitement, cousine ou pas cousine, mais il n'avait pas considéré qu'il fut nécessaire de mentionner ce fait.

Le large chapeau noir s'inclina d'un côté, comme pour exprimer un regard interloqué. "Dis moi, ami Blaise, t'est-il venu à l'esprit que les traîtres qui trahissent autant rencontrent souvent de funestes fins ?"

"Nan," dit Blaise, regardant droit vers le nuage noir sous le chapeau. "Tout le monde sait qu'il n'arrive jamais rien de vraiment mauvais aux élèves dans l'enceinte de Poudlard."

M. Chapeau et Cape chuchota un gloussement. "En effet," dit le chuchotement. "Avec le meurtre d'un élève voilà cinq décennies comme exception pour prouver la règle, puisque Salazar Serpentard aurait mit son monstre sous clé dans les anciens murs à un niveau plus élevé que celui du directeur lui-même."

Blaise regarda le nuage noir, se sentant maintenant un peu mal à l'aise. Mais il aurait fallu qu'il s'agisse d'un professeur de Poudlard pour qu'il puisse lui faire quoi que ce soit de grave sans déclencher d'alarme. Quirrell et Rogue étaient les seuls professeurs qui pourraient faire une chose pareille, et Quirrell n'aurait aucun intérêt à se duper lui-même, et Rogue ne ferait pas de mal à un de ses Serpentard... non ?

"Non, ami Blaise," chuchota le nuage noir, "je souhaitais seulement te conseiller de ne jamais rien tenter de tel dans ta vie adulte. Tant de trahisons mèneraient certainement à au moins une vengeance."

"Ma mère n'a jamais subit de vengeance," dit fièrement Blaise. "Même si elle a épousé sept maris et que chacun d'eux est mort mystérieusement en lui laissant beaucoup d'argent;"

"Vraiment ?" dit le chuchotement. "Comment a-t-elle persuadé le septième de l'épouser après qu'il ait entendu ce qui était arrivé aux six autres ?"

"J'ai demandé à maman," dit Blaise," et elle a dit que je ne pourrais pas savoir avant d'être assez vieux, et je lui ai demandé à quel âge je serais assez vieux, et elle a dit, plus vieux qu'elle."

Encore le gloussement chuchoté. "Eh bien dans ce cas, ami Blaise, félicitations pour avoir suivi les traces de ta mère. Vas, et si tu ne dis rien de cela, nous ne nous rencontrerons plus."

Blaise recula maladroitement, sentant une étrange réticence à l'idée de lui tourner le dos.

Le chapeau s'inclina. "Oh, allons, petit Serpentard. Si tu étais vraiment l'égal de Harry Potter ou Draco Malfoy, tu te serais déjà rendu compte que mes menaces voilées n'avaient pour but que d'assurer ton silence face à Albus. Aurais-je eu l'intention de te faire du mal, je n'aurais pas fait de sous-entendu ; si je n'avais rien dit, alors tu aurais dû t'inquiéter."

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