La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
- Автор: Нивен Ларриё, Пурнель Джерри
- Год: 1981
- Язык: французский
- Год: Albin Michel
- ISBN: 2-226-01315-6
- Переводчик: Eric Cowen
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
Herb opina du chef. Ils mettraient de l’argent de côté… trois ans de blocus, puis retour à la maison où il serait Commodore de la Flotte de Néo-Chicago. Il suffirait de remonter les propulseurs Alderson dans le Défiant : il serait vaisseau-amiral quand il le ramènerait à sa base. Les quelques années passées sur le blocus étaient peu de chose vis-à-vis des avantages offerts par l’Empire.
Il avait fallu les Granéens pour que cela arrive, pensa Herb. Sans eux, nous serions encore en train de nous battre. Il y avait encore des mondes extérieurs à l’Empire et il y en aurait toujours, mais dans le secteur trans-Sac à Charbon l’unification se faisait sans heurts et il y avait plus de « prises de bec » que de combats sérieux. Les Granéens nous auront au moins laissé ça.
Un nom accrocha le regard d’Herb Colvin : Sire Roderick Blaine, président de la commission impériale extraordinaire… Colvin leva les yeux vers la cloison pour voir l’endroit familier où le Défiant avait été réparé à la suite de son combat contre le Mac-Arthur. L’équipage de prise de Blaine avait fait cela et c’était du très beau travail. Blaine est un homme compétent, admit Colvin à contrecœur. Mais la naissance restait une drôle de manière de choisir les dirigeants ! La démocratie rebelle de Néo-Chicago ne s’en était guère mieux tirée… Il revint à la lettre de Grâce.
Sire Blaine avait un autre héritier, le second. Et Grâce donnait un coup de main à l’institut que Dame Blaine avait fondé. Sa femme était tout excitée car elle parlait souvent avec Dame Sally et avait même été invitée au manoir pour voir les enfants… La lettre continuait et Colvin se força à la lire. Ne cesserait-elle donc jamais de s’émerveiller sur l’aristocratie ? Nous ne serons jamais d’accord en politique, décida-t-il en levant les yeux pour regarder amoureusement sa photo…
Des sonneries retentirent à travers l’astronef et Herb fourra la lettre dans son bureau. Il était temps d’aller travailler car demain le Commodore Cargill viendrait à bord pour l’inspection de la Flotte. Herb se frotta les mains à cette perspective. Cette fois, il montrerait aux Impériaux comment on commande un vaisseau. Le vainqueur de cette inspection obtiendrait des jours de bonification pour la prochaine permission à terre et il avait bien l’intention de les gagner pour son équipage.
Alors qu’il se dressait, un petit pont de lumière blanc-jaune scintilla à travers le hublot. Un de ces jours, pensa Herb, un de ces jours, nous irons. Après tout le talent mis au travail par l’Empire sur ce problème, nous trouverons bien un moyen de gouverner les Granéens.
Et comment nous appellerons-nous, alors ? L’Empire des Hommes et des Granéens ? Il eut un sourire et sortit pour aller inspecter son vaisseau.
Le manoir Blaine était imposant, avec des jardins abrités, surplombés d’arbres protégeant leurs yeux du soleil éclatant. Leurs quartiers étaient confortables et les médiatrices avaient fini par s’habituer à la présence des Marines. Ivan, comme toujours, les traitait comme ses propres guerriers.
Il y avait du travail : des conférences journalières avec les scientifiques de l’institut et, pour les médiatrices, les enfants Blaine. Le plus âgé parlait quelques mots de la Langue et comprenait les Gestes presque aussi bien qu’un jeune maître.
Ils étaient bien installés, mais dans une cage. La nuit, ils voyaient l’Œil rouge et brillant et le minuscule Grain. Le Sac à Charbon était haut dans le ciel. Il ressemblait à un maître encapuchonné et borgne.
« Je crains, dit Jock, pour ma famille, ma civilisation, mon espèce et ma patrie.
— C’est ça, ayez des pensées grandioses, dit Charlie. Pourquoi user votre puissant cerveau à de petites choses futiles ? Écoutez !… » Sa voix et son attitude changèrent : elle allait aborder des sujets sérieux : « Nous avons fait tout notre possible, l’institut de Sally est un fiasco sans importance, mais nous continuons à coopérer. Nous montrons que nous sommes amicaux, inoffensifs et honnêtes. Et, pendant ce temps, le blocus est efficace et le restera. Et il ne présente pas une seule faille.
— Si, dit Jock, aucun humain ne semble considérer le fait que les maîtres pourraient rejoindre l’Empire à travers l’espace normal.
— Il n’y aucune faille », répéta Charlie. Elle leva deux bras pour insister. « Aucune brèche avant le prochain effondrement. Malédiction ! Qui pourrait bien construire une autre sonde d’Eddie le Fou avant que la famine ne débute ? Et où pourrait-il l’envoyer ? Ici, en plein milieu de leurs flottes. » Elle montra son dédain. « Peut-être dans le Sac à Charbon vers le cœur de l’Empire. Avez-vous pensé aux lasers de lancement… bien plus énormes afin de compenser l’action de la poussière du Sac à Charbon. Non. Nous avons fait ce que nous avons pu et les Cycles vont recommencer.
— Alors que peut-on espérer ? » Les bras droits de Jock étaient pliés, son bras gauche tendu et ouvert : prête à l’attaque, montrant ainsi une attitude impitoyable. « Il y aura peut-être des tentatives infructueuses pour forcer le blocus. Des efforts tels que cela accélérera le déclin. Puis une longue période pendant laquelle l’Empire pourra à moitié oublier notre existence.
— De nouvelles technologies se développeront, tournées vers la guerre comme le sont toujours les technologies naissantes. Nos descendants connaîtront l’existence de l’humanité. Peut-être pourront-ils sauvegarder ou réinventer le Champ. Quand ils arriveront au zénith de leur puissance, avant le déclin, ils élèveront des guerriers et partiront à la conquête de tout : alpha du Grain, les astéroïdes… tout. Et ensuite, sus à l’Empire ! »
Charlie écoutait après un coup d’œil rapide au maître. Ivan gisait inerte, écoutant la conversation des médiatrices comme souvent les maîtres le faisaient, et il était impossible de connaître ses pensées.
« Conquérir, dit Jock, mais plus les nôtres feront de progrès contre l’Empire, plus les représailles de celui-ci seront sauvages. Ils ont le nombre. Malgré leurs belles phrases sur la limitation de leur population, ils sont nombreux et ont tout l’univers. Jusqu’à ce que nous puissions échapper totalement à l’espace humain et nous reproduire, ils seront toujours supérieurs en nombre. Ils nous emprisonneront jusqu’à ce que nous nous surproduisions et déclinions. Et avec le prochain effondrement, ce sera l’extermination ! »
Charlie, les genoux repliés contre le ventre, les bras droits fortement serrés sur la poitrine, se protégeant la tête du bras gauche, était telle une enfant sur le point de naître dans un monde cruel. Sa voix était voilée : « Si vous aviez de meilleures idées, il fallait le dire.
— Non. Il n’existe pas de meilleures idées.
— Nous gagnons du temps. Des siècles. Sally et son stupide Institut auront des centaines d’années pour étudier le problème que nous posons aux humains. Qui sait, peut-être le cheval apprendra-t-il à chanter des hymnes ?
— Vous le parieriez ? »