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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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– La baleine! la baleine! Barre dessus toute! Barre dessus toute! Ô vous, toutes les douces puissances de l’air, serrez-moi dans vos bras! Si Starbuck doit mourir, qu’il ne meure pas défaillant comme une femme. Barre dessus, j’ai dit!… Imbéciles, la mâchoire, la mâchoire! Est-ce là la réponse à toutes mes véhémentes prières? À une fidélité de toute ma vie! Oh! Achab, Achab, voilà ton œuvre! Redresse timonier… Non, non! Barre dessus encore! Elle s’est tournée pour nous aborder! Oh! son front insatiable se dirige sur l’homme à qui le devoir ordonne de ne point fuir. Mon Dieu, soyez à mes côtés en cet instant!

– Ne soyez pas à mes côtés, mais au-dessous de moi, qui que vous soyez si vous souhaitez aider Stubb, car Stubb, lui aussi, est rivé là. Je me moque de toi, ricanante baleine! Qui a jamais soutenu Stubb, tenu Stubb en éveil, sinon son œil qui ne cille pas? Et maintenant, le pauvre Stubb va se coucher sur un matelas qui n’est que trop moelleux, que n’est-il fourré de broussailles. Je me moque de toi, ricanante baleine! Voyez, vous, soleil, lune, étoiles! Je vous accuse d’être les assassins du meilleur garçon qui ait jamais rendu l’âme. C’est la raison pour laquelle je trinquerai quand même avec vous, si vous consentez à me tendre la coupe! Oh! oh! toi, ricanante baleine, tu pourras bientôt te remplir le gosier. Pourquoi ne fuyez-vous pas, ô Achab! Quant à moi, je quitte mes souliers et ma vareuse, que Stubb meure dans ses seuls pantalons! Trop moisie, trop salée, cette mort, pourtant… des cerises! des cerises! Oh! Flask, une seule cerise avant que nous ne mourions!

– Des cerises? Je ne souhaiterais qu’être au pays où elles poussent. Oh! Stubb, j’espère que ma pauvre mère a touché ma part de paie avant ce moment, sinon elle ne verra pas un sou, car le voyage est fini.

À l’avant du navire, les hommes à présent sont pétrifiés, le dernier geste qu’ils étaient en train de faire a figé dans leurs mains les marteaux, les morceaux de bordés, les lances et les harpons. Envoûtés, ils fixent la baleine, ils la regardent balancer de droite et de gauche son front, porteur du destin et contemplent le vaste demi-cercle d’écume que son élan soulève devant elle. Elle est la vision même du Jugement dernier, de la vengeance immédiate, de l’éternelle malice devant l’impuissance humaine. Le solide contrefort de son front blanc frappa la proue par tribord, faisant rouler les pièces de construction et les hommes. Quelques-uns s’abattirent face au sol. Comme des pommes de mât déboîtées, les têtes des harponneurs en vigie furent ébranlées sur leurs cous de taureaux. Par la brèche, ils entendirent s’engouffrer l’eau comme celle d’un torrent de montagne dans une rayère.

– Le navire! Le corbillard!… le second corbillard! s’écria Achab de sa baleinière, et dont le bois ne serait qu’un bois d’Amérique!

Plongeant sous le navire qui enfonçait, la baleine courut en frémissant le long de la quille, mais se retournant dans l’eau, elle réapparut promptement à la surface, loin de l’étrave, par bâbord, mais à peu de distance de la baleinière d’Achab. Et là, elle se tint immobile un moment.

– Je me détourne du soleil. Ohé, Tashtego, fais-moi entendre ton marteau. Oh! vous mes trois mâts invincibles… toi, contre-quille intacte… coque par Dieu seul intimidée… toi, ferme pont, barre fière, proue pointée vers le Pôle… navire à la mort glorieuse, devras-tu périr sans moi? Suis-je frustré de la dernière satisfaction d’orgueil du plus misérable des capitaines? Oh! solitaire mort après une vie solitaire! Oh! je sens à présent que mon extrême grandeur est dans ma douleur extrême. Oh! accourez des plus lointains rivages pour gonfler, ô vagues intrépides de toute ma vie passée, cette lame unique de ma mort qui va déferler! Vers toi je roule, baleine destructrice qui ne récolte que le néant, je suis aux prises avec toi jusqu’au dernier instant, du cœur de l’enfer je te frappe, au nom de la haine je crache contre toi mon dernier souffle. Sombrez tous cercueils, tous corbillards dans la mare commune puisque nuls ne peuvent êtres miens, que je sois déchiqueté et lié à toi en te chassant, baleine maudite! C’est ainsi que je rends les armes!

Et le harpon fut lancé, la baleine frappée chargea, la ligne courut dans son engoujure en s’enflammant, puis se noua. Achab se pencha pour la démêler et il y parvint, mais le nœud coulant en plein vol lui enserra le cou et sans voix, comme la victime des bourreaux muets des sultans, il fut emporté hors de la baleinière avant que les hommes aient eu le temps de s’en apercevoir. L’instant d’après, la lourde épissure à œil de l’extrémité de la ligne gicla hors de la baille vide, renversa les canotiers et, frappant la mer, disparut dans les profondeurs.

L’équipage pétrifié resta un moment immobile, puis se retourna: «Le navire? Grand Dieu, où est le navire?»

Bientôt ils le virent dans une atmosphère trouble, bouleversante, fantôme évanescent, vu comme à travers les brouillards de la fée Morgane. Seuls les trois mâts émergeaient encore et soit aberration, fidélité, ou destin, au sommet de leurs perchoirs élevés, les harponneurs païens guettaient toujours la mer. Maintenant, les cercles concentriques se resserrèrent autour de la baleinière esseulée et de son équipage, saisissant chaque aviron qui flotte, chaque hampe de lance, les êtres animés, les objets inanimés, les emportant en rond dans un unique maelström, leur dérobant la vue de la plus petite épave du Péquod.

Mais tandis que les derniers tourbillons se refermaient sur la tête de l’Indien au grand mât, laissant encore émerger sa flèche ainsi que le penon qui flottait paisiblement de toute sa longueur, la dérision d’une coïncidence voulut qu’au-dessus des lames destructrices qui le touchaient presque, un bras rouge tenant un marteau sortit de l’eau et d’un geste large, se mit à clouer plus fort et toujours plus fort le drapeau à l’espar qui pointait encore. Un aigle de mer avait suivi, provoquant, la descente du grand mât loin de sa vraie demeure parmi les étoiles, harcelant Tashtego en piquant du bec le drapeau; son aile se mit à battre entre le marteau et le bois et, sentant aussitôt ce frisson éthéré, le sauvage noyé, dans la convulsion de son agonie, le cloua. Ainsi l’oiseau du ciel au cri d’archange, le bec impérial levé, le corps captif du drapeau d’Achab, sombra avec son navire qui, tel Satan, ne descendit pas en enfer sans avoir entraîné à sa suite une vivante part de ciel pour s’en casquer.

Et maintenant de petits oiseaux volaient en criant au-dessus du gouffre encore béant, une blanche et morne écume battait ses flancs escarpés, puis tout s’affaissa, et le grand linceul de la mer roula comme il roulait il y a cinq mille ans.

ÉPILOGUE

… Et je me suis échappé, moi seul, pour t’apporter cette nouvelle…

JOB.

Le drame est joué. Pourquoi, dès lors, quelqu’un s’avancera-t-il? Parce que quelqu’un survécut au naufrage.

Il arriva qu’après la disparition du Parsi le destin me désigna pour premier rameur de la baleinière d’Achab, Achab prenant la place du disparu. C’est moi qui me trouvai abandonné à l’arrière lorsque trois hommes furent jetés à l’eau. Ainsi, surnageant loin de cette scène, pourtant tout entière livrée à mon regard, l’aspiration du navire qui sombrait m’attira lentement vers son tourbillon. Quand je l’atteignis, ce n’était plus qu’un étang mousseux. Et je tournai et tournai, me rapprochant sans cesse de la bulle noire au centre de cette roue en mouvement. Je tournai, tel un nouvel Ixion, jusqu’à ce qu’ayant atteint ce point vital, la bulle noire gonfla et creva entraînant dans son effort, et grâce à sa flottabilité, le cercueil-bouée qui, projeté avec force, bondit sur l’eau, se renversa et vint en surface à mes côtés. Soutenu par ce cercueil pendant près d’un jour et d’une nuit, je flottai sur un Océan qui chantait doucement un hymne funèbre. Les requins inoffensifs glissaient, muselés, autour de moi et les aigles sauvages de la mer avaient le bec au fourreau. Le second jour, une voile approcha, toujours plus près et me recueillit enfin. C’était l’errante Rachel qui, rebroussant chemin, en quête de ses enfants perdus, n’avait trouvé qu’un autre orphelin.

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