Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
– Le harpon, dit Achab se levant à demi sur coude, le harpon est-il sauvé?
– Oui, sir, puisqu’il n’a pas été jeté, le voici, répondit Stubb en le montrant.
– Posez-le devant moi… aucun homme ne manquera-t-il?
– Un, deux, trois, quatre cinq… cinq avirons, sir et voilà leurs cinq hommes.
– Heureusement. Aide-moi, homme, je veux me mettre debout. Ainsi je la vois! là! là! filant toujours sous le vent, quel jet élevé! Ôtez vos mains de dessus moi! La sève éternelle court à nouveau dans les os d’Achab! Établissez la voile, levez les avirons, l’aviron de queue!
Lorsqu’une baleinière a été défoncée, il arrive souvent que son équipage, recueilli par une autre pirogue, contribue à la manœuvre de cette dernière et la chasse se poursuit avec ce qu’on appelle des avirons doublés. Il en allait ainsi maintenant. Mais cette puissance accrue de la baleinière n’égalait pas la puissance accrue de la baleine qui paraissait avoir triplé toutes ses nageoires et pris une telle vitesse qu’il était évident que la poursuite serait interminable sinon désespérée. Un équipage ne pouvait pas non plus fournir pendant un temps si long un effort aussi pénible et ininterrompu aux avirons, effort qui n’est supportable que lors d’un accident et pendant peu de temps. C’est alors le navire, cela arrive parfois, qui offre un moyen favorable de rejoindre la proie. Aussi les baleinières se dirigèrent-elles vers le Péquod et bientôt elles furent hissées à leurs pentoires, tandis que la pirogue brisée était également amenée à bord. Toute toile dessus, les bonnettes largement déployées de chaque côté comme des ailes d’albatros, le navire se lança, sous le vent, dans le sillage de Moby Dick. Le souffle lumineux de la baleine, aux intervalles bien connus et précis, fut régulièrement annoncé depuis les postes de vigie et lorsqu’il était signalé qu’elle avait sondé, Achab regardait l’heure et arpentait le pont, la montre de l’habitacle en main. Dès que s’était écoulée la dernière seconde du temps prévu, sa voix se faisait entendre:
– À qui le doublon, cette fois-ci? La voyez-vous? Si la réponse était négative, il donnait aussitôt l’ordre qu’on le hissât à son perchoir. Ce manège se répéta toute la journée, tantôt Achab restait immobile dans ses hauteurs, tantôt il arpentait le pont nerveusement.
Tandis qu’il allait et venait ainsi, sans mot dire, sauf pour interpeller les hommes en vigie ou pour ordonner qu’une voile fut hissée plus haut ou qu’on en larguât une autre, allant et venant ainsi, son chapeau rabattu, il passait chaque fois devant sa baleinière brisée gisant renversée sur le gaillard d’arrière, la proue broyée, la poupe déchirée. Enfin il s’arrêta devant elle, et comme de nouveaux nuages envahissent parfois un ciel nuageux, sur le visage du vieil homme passa une ombre nouvelle.
Stubb le vit et, dans l’intention peut-être, sans bravade toutefois, de prouver son courage invaincu et de garder ainsi une place d’honneur dans l’esprit du capitaine, il s’avança et regardant l’épave, il s’écria:
– L’âne a refusé le chardon, il lui piquait trop la bouche, sir, ah! ah!
– Quel est l’être sans âme qui rit devant une épave? Homme, homme! Si je ne te savais pas courageux comme le feu intrépide et tout aussi naturellement, je jurerais que tu es un poltron. Une épave ne doit arracher ni une plainte ni un rire.
– Oui, sir, dit Starbuck, s’approchant à son tour, c’est une vision solennelle, un augure et un mauvais augure.
– Augure? augure?… le dictionnaire! Si les dieux ont l’intention de parler ouvertement, honorablement aux hommes, ils leur parleront ouvertement, ils ne secoueront pas leurs têtes en faisant de sombres allusions de vieilles femmes. Allez! Vous deux, vous êtes les deux pôles d’une seule et même chose. Starbuck c’est Stubb à rebours, et Stubb l’opposé de Starbuck et tous deux vous représentez l’humanité, cependant qu’Achab est seul entre tous, sans dieux, ni hommes pour voisins! J’ai froid, je frissonne! Et maintenant, là-haut? La voyez-vous? Donnez de la voix à chaque souffle, même si elle souffle dix fois par seconde!
Le jour s’en allait, seul bruissait encore l’ourlet de sa robe dorée, bientôt l’ombre fut là, mais les hommes guettaient encore aux mâts.
– On ne peut plus voir le souffle, à présent, sir… Il fait trop sombre! dit une voix venue d’en haut.
– Quelle direction la dernière fois?
– La même, sir, droit sous le vent.
– Bon! Elle ira moins vite maintenant qu’il fait nuit. Amenez les cacatois et les bonnettes de perroquet, monsieur Starbuck. Il ne nous faut pas le devancer avant le matin, il va passéger à présent, et même mettre en panne un certain temps. Gouvernez plein vent arrière, là-haut descendez! Monsieur Stubb, envoyez un nouveau guetteur au mât de misaine, et veillez à ce qu’il y reste jusqu’au matin. Puis s’avançant vers le doublon au grand mât:
– Hommes, cet or est le mien car je l’ai gagné, mais je le laisserai là jusqu’à ce que la Baleine blanche soit morte et cet or reviendra à celui qui la lèvera le jour où elle sera tuée. Et si ce jour-là, c’est encore moi qui la signale, alors dix fois sa valeur sera répartie entre vous tous! Partez à présent! Le pont est à toi, sir.
Ce disant, il se plaça à demi dans l’écoutille, rabattit son chapeau, et resta là debout jusqu’à l’aube, ne bougeant que pour regarder parfois où en était la nuit.
CHAPITRE CXXXIV La chasse. Second jour
À l’aube, les postes de vigies des trois mâts furent ponctuellement occupés à nouveau.
– La voyez-vous? cria Achab, après avoir laissé à la lumière un moment pour se répandre.
– On ne voit rien, sir.
– Tout le monde sur le pont et toute la toile dessus! Elle va plus vite que je ne l’aurais cru… les cacatois! oui, on aurait dû les laisser toute la nuit. Mais tant pis, ce n’est qu’un repos avant la ruée.
Soit dit en passant, cette poursuite opiniâtre d’une baleine particulière, poursuivie de l’aube à la nuit et de la nuit à l’aube, n’est à aucun degré insolite dans la pêcherie des mers du Sud. Car telle est l’étonnante compétence, la prescience fondée sur l’expérience, la confiance invincible acquises par certains capitaines nantuckais aux aptitudes exceptionnelles que sur la simple observation du comportement d’une baleine au dernier moment où elle a été vue, ils peuvent, dans des circonstances données, prédire avec assez de précision à la fois la direction qu’elle adoptera momentanément et sa vitesse probable. En ces cas-là, comme un pilote, sur le point de perdre de vue une côte familière qu’il veut retoucher en un point plus éloigné, restera près de son compas, prendra le relevé du cap actuellement en vue afin d’atteindre plus sûrement celui qu’il ne voit pas encore, ainsi fait le pêcheur avec la baleine car, après l’avoir chassée et assidûment repérée pendant plusieurs heures de jour, lorsque la nuit vient à la cacher, son sillage à venir dans l’obscurité est presque tracé pour l’esprit perspicace du chasseur, tout comme la côte dans celui du pilote. L’habileté surprenante du chasseur fait ainsi mentir le proverbe voulant que soit évanescent ce qui est écrit sur de l’eau, et il se fie à un sillage aussi sûrement qu’à la terre ferme. Et comme les hommes, montre en main, suivent à chaque pas la vitesse du léviathan de fer des trains modernes, à la façon dont les médecins prennent le pouls d’un bébé et disent légèrement: «le train qui vient ou qui part arrivera à tel endroit à telle heure», de même ces Nantuckais mesurent la vitesse du léviathan des profondeurs en l’accordant à celle qu’ils ont observée et se disent que dans tant d’heures, il aura parcouru deux cents milles et atteint tel ou tel degré de latitude ou de longitude. Pour qu’une telle précision soit en fin de compte utile, il faut que le vent et la mer se fassent les alliés du baleinier car à quoi sert au marin encalminé ou retenu par des vents contraires de savoir qu’il se trouve à trois lieues un quart du port? Tant les impondérables entrent en ligne de compte dans la chasse à la baleine.