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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Ils sont si beaux les espaces sous le vent! Ils doivent conduire quelque part – à quelque chose de plus que la simple terre, à des palmes plus sublimes que les palmes des arbres. Sous le vent! c’est là que va la Baleine blanche; alors, regardons du côté du vent, le meilleur mais le plus déchirant. Mais adieu, adieu vieille tête de mât! Qu’est-ce là? De la verdure? Oui, de menues mousses dans les courbures fendues du bois. Il n’est point sur la tête d’Achab de ces taches vertes laissées par les saisons! C’est là la différence entre la vieillesse de l’homme et celle de la matière. Mais, oui, vieux mât, nous prenons de l’âge ensemble, mais nos quilles sont également saines, n’est-ce pas, mon bateau? Oui, moins une jambe, c’est tout. Par le ciel, ce bois mort, à tous égards, a le meilleur de ma chair. Incomparablement… et j’ai connu des navires tirés d’arbres morts survivant à des hommes débordant d’une vie transmise par des pères vigoureux. Qu’est-ce qu’il avait dit? Qu’il irait toujours devant moi, mon pilote, et que je devais le revoir? Mais où? En admettant que je descende ces escaliers sans fin, aurai-je des yeux au fond de la mer? Et la nuit durant, je me suis éloigné de l’endroit où il fut englouti. Oui, oui, comme tant d’autres, tu as dit, en ce qui te concernait, l’affreuse vérité, ô Parsi, mais tu as visé Achab trop bas. Adieu, tête de mât, garde à l’œil la Baleine blanche pendant que je serai en bas. Nous parlerons demain, non, cette nuit, quand la Baleine blanche sera là, amarrée par la tête et par la queue.

Il donna l’ordre qu’on le descendît et, regardant toujours autour de lui cet air bleu qu’il fendait, il fut doucement amené sur le pont.

En temps voulu, les baleinières furent mises à la mer, mais tandis qu’il était debout à l’arrière de sa chaloupe, sur le point d’être descendue à l’eau, Achab fit un signe de la main à Starbuck qui, sur le pont, tenait une des manœuvres de palan de bossoir et lui demanda d’interrompre la manœuvre.

– Starbuck!

– Sir?

– Pour la troisième fois, le navire de mon âme repart pour ce voyage, Starbuck.

– Oui, sir, tu l’auras voulu.

– Il est des navires qui quittent leur port et sont à jamais perdus, Starbuck!

– C’est la vérité, sir, la plus triste des vérités.

– Il est des hommes qui meurent au jusant, d’autres à la marée basse, d’autres au paroxysme de la marée haute… et je me sens pareil à la vague ourlée d’écume et qui va déferler, Starbuck. Je suis vieux. Serrons-nous la main, homme.

Leurs mains se rencontrèrent, ils plongèrent dans les yeux l’un de l’autre, les larmes s’amoncelèrent dans les yeux de Starbuck.

– Oh! mon capitaine, mon capitaine!… noble cœur… ne pars pas… ne pars pas! Vois, c’est un homme brave qui pleure tant son effort de persuasion est une agonie!

– Débordez! cria Achab en secouant l’étreinte de son second. Paré, l’équipage!

En un instant la pirogue eut débordé près de la poupe.

– Les requins! les requins! cria une voix du hublot bas de la cabine, ô maître, mon maître, revenez!

Mais Achab n’entendit rien car à ce moment-là il élevait la voix et sa baleinière fila.

Pourtant la voix disait vrai. Á peine la pirogue s’était-elle éloignée du navire, que de nombreux requins, émergeant semblait-il des eaux sombres sous la quille, vinrent méchamment mordre les pelles des avirons, chaque fois qu’elles plongeaient dans l’eau et c’est ainsi qu’ils accompagnèrent de leurs dents la baleinière. Ce n’est pas chose inhabituelle dans ces mers qui en sont infestées; les requins parfois semblent avoir la même prescience que les vautours qui planent au-dessus des étendards des armées de l’Est en marche. Mais c’étaient les premiers squales vus par le Péquod depuis que la Baleine blanche avait été signalée. Était-ce dû à l’équipage des barbares à peau jaune tigre de l’équipage d’Achab, leur odeur musquée flattait-elle davantage l’odorat des requins, il est reconnu qu’ils y sont sensibles, était-ce pour une autre raison, toujours est-il qu’ils suivaient sa seule pirogue sans s’attaquer aux autres.

– Cœur d’acier forgé! murmura Starbuck, penché au bastingage, suivant des yeux la baleinière qui s’éloignait, peux-tu rester inébranlable devant pareille vision, ta quille mise à la mer parmi les requins voraces, et suivi par eux, la gueule ouverte pour accompagner ta chasse, et au moment crucial du troisième jour? Car lorsque trois jours s’écoulent en une poursuite incessante et ardente, le premier est, sans doute aucun, le matin, le deuxième le milieu du jour, et le troisième le soir et la fin quelle qu’elle doive être. Oh! mon Dieu! qu’est-ce qui me transperce et me laisse si mortellement calme, et pourtant en attente, figé au sommet d’un frisson d’horreur! Les choses de l’avenir passent devant moi, formes vides, squelettes. Tout le passé s’estompe. Mary, mon amie! Une pâle gloire t’efface derrière moi. Mon fils, il me semble ne voir que tes yeux devenus d’un bleu étonnant. Les plus obscurs problèmes de la vie semblent s’éclaircir mais des nuages se glissent entre eux. Serais-je à la fin du voyage? Je me sens les jambes faibles comme celui qui a marché tout le jour. Sens ton cœur!… Bat-il encore? Remue-toi, Starbuck! chasse cela… remue, remue! Hausse la voix!… Tête de mât, vois-tu mon enfant qui agite la main sur la colline? Insensé… Ohé, là-haut!… Ne perdez pas de vue les baleinières… signalez la baleine! Ohé, encore! chassez cet aigle! Voyez, il donne des coups de bec, il réduit en lambeaux le penon, dit-il en désignant le drapeau rouge qui flottait au grand mât… Ah! il l’emporte! Où est le vieil homme à présent? Vois-tu ce spectacle, oh! Achab… tremble, tremble!

Les baleinières s’étaient peu éloignées, lorsqu’un signe des hommes de vigie, pointant leur bras vers la mer, apprit à Achab que la baleine avait sondé, mais soucieux d’en être proche lorsqu’elle émergerait à nouveau, il maintenait sa route légèrement oblique par rapport à celle du navire. L’équipage envoûté gardait le plus profond silence cependant que les vagues martelaient l’étrave à battements réguliers.

– Enfoncez vos clous, ô vagues, enfoncez-les jusqu’à leurs têtes! Mais vous frappez sur une chose qui n’a point de couvercle, et ni cercueils ni corbillards ne sauraient être miens… seule la corde sera ma mort! Ha! ha!

Soudain les eaux autour d’eux s’élargirent en vastes cercles, puis se soulevèrent rapidement comme si elles glissaient autour d’un iceberg immergé montant rapidement à la surface. Un grondement sourd se fit entendre, un bourdonnement souterrain, et tous suspendirent leurs souffles. Une vaste forme dépenaillée par les lignes, les harpons et les lances qu’elle remorquait, jaillit obliquement de la mer. Enveloppée d’un mince voile de brume, elle plana un instant dans l’air irisé, puis retomba lourdement dans la mer. Les eaux giclèrent à trente pieds de hauteur comme autant de fontaines, puis se brisèrent en une averse, encerclant la baleine marmoréenne d’une mousse de lait frais.

– En avant! cria Achab aux canotiers et les pirogues foncèrent à l’attaque. Mais Moby Dick, enragé par les fers de la veille qui lui fouillaient la chair, semblait possédé par l’armée des anges déchus. Sous la peau transparente de son front, ses tendons saillaient en nœuds épais; il s’élança, la tête la première, et la queue fouettante parmi les baleinières, les séparant une fois de plus, et jeta à l’eau les harpons et les lances des deux seconds comme il frappait l’extrême de leur avant. Il laissa celle d’Achab sans une égratignure.

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