Sur un monde stérile
- Автор: Карсак Франсис
- Год: 1996
- Язык: французский
- Год: Lefrancq Claude
- ISBN: 2-87153-209-5
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Sur un monde stérile». Краткое содержание книги:
Prisonnier. Crabes métalliques. Martiens ressemblant à hommes, mais petits, très laids. Crois en ai tué un. Confiance. Ai vu pire. Suis tenu par pince, serre un peu, ça ira. Ne pas se risquer pour moi (souligné trois fois).
Bernard et Sig se regardèrent à travers la vitre de leurs casques. La même pensée leur venait : On y va !
— Non, dit finalement Sig. Nous sommes trop peu. Nous reviendrons en force.
Bernard le saisit par le bras.
— Attention.
Ils éteignirent les lampes et s’aplatirent dans une anfractuosité. Un cliquetis métallique se rapprochait, accompagné du traînement, de quelque chose de lourd par terre. Sig tourna la lentille de sa lampe de façon à projeter un mince faisceau très loin et ralluma. Le rayon balaya le sol, s’éloigna et se fixa à environ 50 m. C’était un grand engin, de trois mètres cinquante à quatre mètres, imitant parfaitement un crabe, avec ses 3 pattes, ses deux pinces, ses antennes et ses petits yeux pédonculés. Mais une certaine raideur du mouvement trahissait la machine. Elle s’avançait vers eux à la vitesse d’un cheval au trot.
D’un même geste, ils lancèrent leurs grenades et plongèrent au sol. C’étaient de puissants engins, chargés de briseite. À la lueur des lampes et des explosions, ils virent des fragments de métal jaillir dans toutes les directions, la carapace crevée tituber, puis s’affaler sur ses jambes broyées. Les débris de métal et de roches retombèrent en pluie. Ils entendirent un crissement au-dessus d’eux et levèrent les yeux. Un pan de voûte menaçait de s’effondrer.
— Dehors ! Vite !
Ils coururent, donnant toute leur vitesse. Derrière eux, avec fracas, la caverne croulait. Encore 10 mètres, encore cinq… Bernard sentit un choc violent à la tête et sombra dans le noir.
La première chose qu’il vit en reprenant conscience fut le visage inquiet de son compagnon. Il était étendu sur le plancher de l’avion. Près de lui, l’étui de Leica de Ray. Il se rappela leur recherche, le combat, l’écroulement.
— Que m’est-il arrivé ?
— Ah, te voilà revenu à toi ! Tu as reçu un bloc sur la tête. Sur Terre, avec le volume qu’il faisait, il t’aurait tué. Ici la faible gravitation a joué et ton casque t’a protégé.
— Où sommes-nous ?
— En l’air. On revient au camp.
— Et la grotte ?
— Finie, la grotte. Il n’y en a plus. Ah voici la vallée. Nous arrivons. Mais… Qu’y a-t-il ? Bernard, regarde !
Bernard se leva péniblement. Il sentait une douleur cuisante derrière la nuque, et son cerveau était lent et confus. Il réussit à s’asseoir dans le second siège et regarda en dessous par le panneau vitré. Autour du Rosny c’était un grouillement de crabes. Il y en avait peut-être une centaine. La coupole de l’astronef tournait sans cesse, et son canon tirait coup après coup. Les obus explosaient dans le sable, criblant les ennemis d’éclats, ou sur les carapaces qui se trouaient. Un bon nombre de crabes était déjà hors de combat, mais il en venait toujours d’autres sortant d’une grande trappe dans le sol à 4 ou 5 km du camp. Une dizaine de machines secouaient rageusement de leurs pinces les plans de l’astronef. D’autres poursuivaient le Jules Verne qui roulait en zigzag, crachait le feu de ses mitrailleuses quadruples.
Un instant, ils furent atterrés par le nombre des ennemis ; déjà Sig se ressaisissait.
— Heureusement que les bombes sont amorcées. Bernard, attention à bien viser ! D’abord dans la trappe.
Il avait un visage tendu et dur. Bernard vit sa propre face dans une surface nickelée, face crispée par la douleur et la volonté de tenir bon. Le Wells, après une courbe, piqua vers le but. Bernard se pencha sur le viseur, et quand la trappe qui vomissait les machines ennemies fut dans le champ, il abaissa la manette des bombes. Se retournant, il vit les points brillants de ses projectiles suivre l’avion, baisser, basculer et disparaître. Puis des volcans semblèrent s’ouvrir sur les bords de la trappe. Quelques secondes après le bruit des explosions lui parvint. L’avion retourna pour observer les résultats. Le sol était couvert de débris de machines et le système qui les amenait à la surface du sol devait être détruit, car il n’en arrivait plus.
— Une chance que Paul ait tant insisté pour que nous emmenions et tenions toujours prêt cet armement formidable. Et moi qui riait ! dit Bernard.
— Aidons les copains, maintenant.
Ils revinrent au-dessus du champ de bataille. Le Rosny se défendait âprement, et les assaillants étaient gênés par les débris de leurs camarades qu’ils étaient obligés d’écarter pour approcher.
— Ils n’ont pas de canons, murmura Sig, soulagé.
Le Jules Verne, lui, était en mauvaise posture. Il était à peu près cerné et devait avoir épuisé ses munitions. Le Wells fonça vers lui, et les canons de 20 mm placés dans ses ailes crachèrent. Deux crabes s’effondrèrent. Les autres refluèrent. Et soudain ce fut la panique. Tous se rassemblèrent et se mirent à fuir, d’une allure rapide. Sig et Bernard déversèrent sur eux le restant de leurs bombes, disloquant les colonnes. Puis, comme Sig piquait sur les traînards et les criblait de projectiles, Bernard glissa à nouveau dans l’inconscience.
Chapitre III
Les martiens noirs
Des fragments de conversation parvenaient à ses oreilles. Il était étendu sur son lit, dans le dortoir. Il était bien, dans une demi torpeur très agréable. Il avait la tête bandée, il le savait. Ses camarades étaient dans la coupole.
— Oui, disait la voix de Paul, la leçon a été rude. 122 machines détruites. Ils connaissent maintenant nos moyens de défense. Et comme il y avait deux martiens par machine, cela fait 244 morts chez eux. Pas de prisonniers. Ceux qui n’ont pas été tués par les obus sous les bombes sont morts de la brusque dépression. À ce qu’il semble, ils doivent vivre dans des cavernes avec une pression atmosphérique semblable à la nôtre. Et ils supportent la dépression encore plus mal que nous.
— Nous devons une fière chandelle au Jules Verne, dit Louis, et à celles qui le montaient. Sans le sang froid d’Hélène et d’Ingrid, je ne sais si nous aurions pu regagner le Rosny.
— Oh, dit Hélène, tout le mérite en revient à Ingrid. J’avais peur, et je crois que les zigzags de l’auto étaient plus dus à ma frousse qu’à mon habileté. Mais elle n’a pas eu une seconde de crainte. Ma parole, je crois qu’elle était heureuse avec ses mitrailleuses. Elle chantait !
— Ah, voici le docteur. Comment va-t-il ? S’enquit Sig.
— Bernard ? Il sera debout dans trois jours ! Ingrid est avec lui.
Il se rendit alors compte que ce qui était posé sur son front, était la main de la jeune suédoise.
Il s’éveilla de nouveau. La tête ne lui faisait plus guère mal, mais à peine un léger lancinement. Mais il se sentait faible, sans aucune envie de bouger. Il était seul dans le grand dortoir. Le silence le plus complet régnait dans l’appareil. Probablement les autres étaient-ils dehors, en train d’examiner les débris des machines martiennes. Il tourna lentement la tête pour voir l’heure au réveil de Paul. Il était deux heures trente. À côté de lui, sur un guéridon, était un verre plein, avec un papier appuyé contre lui, portant : Bois. Il obéit. Ce n’était pas mauvais, rafraîchissant plutôt. Il se laissa retomber dans son lit, las et tranquille. Puis il s’endormit.