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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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Elle s’assit devant son ordinateur pour rédiger son article. Elle avait répété l’attaque dans sa tête pendant tout le chemin : Ernie Calvert, l’ancien gérant du Food City, a crié à tout le monde que la porte était ouverte, à l’arrière, et de passer par là. Mais il était déjà trop tard. Le pillage avait commencé. Un bon début. Le problème était qu’elle n’arrivait pas à l’écrire. Elle n’arrêtait pas de faire des fautes de frappe.

« Monte donc t’allonger, lui suggéra Tony.

— Non, il faut que j’écrive…

— Tu ne vas rien écrire du tout, dans ton état. Tu trembles comme une feuille. C’est le choc. Allonge-toi une heure. Je vais imprimer les photos et les envoyer sur ton ordinateur. Je peux aussi retranscrire tes notes, si tu veux. Monte. »

Tout cela ne lui plaisait pas trop, mais elle devait reconnaître qu’il avait raison. Sauf qu’une heure n’y suffit pas. Elle avait très mal dormi depuis vendredi dernier — un siècle avant, aurait-on dit — et à peine avait-elle posé la tête sur l’oreiller qu’elle s’endormit profondément.

Elle se réveilla pour se rendre compte, paniquée, que les ombres s’étaient allongées dans sa chambre. La fin de l’après-midi. Et Horace ! Il avait dû faire pipi dans un coin et allait prendre son air le plus penaud, comme si ce n’était pas de sa faute à elle.

Elle enfila ses tennis, se précipita dans la cuisine et trouva son corgi non pas à côté de la porte, gémissant pour sortir, mais paisiblement endormi sur sa couverture entre la cuisinière et le réfrigérateur. Un mot était posé sur la table de la cuisine, contre la salière.

15 heures.

Julia,

Pete F. et moi, on a travaillé ensemble sur l’article pour le supermarché. Il n’est pas génial, mais il le sera quand tu l’auras arrangé. Tes photos ne sont pas si mal, non plus. Rommie Burpee est passé et il dit qu’il lui reste encore plein de papier, on est donc OK sur ce plan. Il dit aussi que tu dois écrire un édito sur ce qui s’est passé. « Totalement inutile » sont ses propres mots. Et aussi : « Une totale incompétence. Sauf s’ils ont voulu que ça arrive. Ça ne m’étonnerait pas complètement de ce type, et ce n’est pas de Randolph que je parle. » Pete et moi sommes d’accord pour dire qu’un édito serait bien, mais nous devons faire attention à ce que nous disons tant que tous les faits ne sont pas connus. Nous sommes aussi tombés d’accord pour dire que tu avais besoin de récupérer pour pouvoir l’écrire comme il fallait. C’est des valises que tu avais sous les yeux, patronne ! Je vais chez moi passer un moment avec ma femme et mes gosses. Pete est allé au poste de police. Il paraît qu’un « gros truc » s’est produit et il veut savoir quoi.

Tony G.

P-S : J’ai fait faire sa promenade à Horace. Il est allé à ses petites affaires.

Julia, ne voulant pas que son chien oublie qu’elle faisait partie de sa vie, réveilla Horace le temps de lui faire avaler une demi-boîte de bouffe canine, puis descendit taper son nouvel article et écrire l’éditorial, comme l’avaient suggéré Tony et Pete. À peine s’y était-elle mise que le téléphone sonnait.

« Shumway, The Democrat.

— Julia ! » C’était Pete Freeman. « Je crois qu’il vaut mieux que tu viennes. Marty Arsenault tient la boutique et il ne veut pas me laisser entrer. Il m’a dit d’attendre dehors, bon Dieu ! C’est pas un flic, c’est rien qu’un foutu bûcheron à la gomme qui se fait un peu d’argent de poche à la circulation l’été, mais voilà-t’y pas qu’il se prend maintenant pour le Sachem Longue-Queue des Montagnes bandantes !

— Écoute, Pete, j’ai plein de boulot ici, alors, sauf si…

— Brenda Perkins est morte. Et aussi Angie McCain et Dodee Sanders…

— Quoi ? »

Elle se leva si brutalement qu’elle renversa son fauteuil.

« Et Lester Coggins. Ils ont tous été tués. Et écoute-moi ça : c’est Dale Barbara qui a été arrêté pour ces meurtres. Il est sous les verrous au sous-sol.

— J’arrive tout de suite.

— Ah, merde, dit Pete. Voilà Andy Sanders qui arrive, et il pleure comme une Madeleine. Est-ce que tu veux que je lui…

— Non. On n’interroge pas un homme qui vient de perdre sa fille trois jours après avoir perdu sa femme. On n’est pas au New York Post. J’arrive tout de suite. »

Elle coupa la communication sans attendre de réponse. Sur le coup, elle s’était sentie relativement calme ; elle avait même pensé à fermer son local à clef. Mais une fois dans la chaleur de la rue, sous le ciel couleur nicotine, son calme disparut et elle se mit à courir.

20

Julia grimpa les marches du poste de police quatre à quatre, la figure encore gonflée de sommeil, les cheveux dressés sur l’arrière de son crâne. Lorsque Pete fit mine de se joindre à elle, elle secoua la tête. « J’aime autant que tu restes ici pour le moment. Je t’appellerai peut-être si je décroche une interview.

— Retiens bien ta respiration, je t’ai pas tout dit : Andy venait à peine d’arriver, devine qui se pointe ? » répondit Pete avec un geste vers le Hummer garé juste devant une borne d’incendie.

Linda Everett et Jackie Wettington se tenaient à côté du véhicule, en grande conversation. Les deux femmes paraissaient sérieusement secouées.

Dans le poste, Julia fut d’abord frappée par la chaleur qui régnait ; on avait coupé la climatisation, sans doute pour économiser le propane. Puis par le nombre de jeunes hommes assis ici et là, y compris elle ne savait combien de frères Killian — impossible de se tromper, à voir ces longs nez pointus et ces crânes épais. Tous ces jeunes gens paraissaient remplir des formulaires. « Qu’est-ce qu’on écrit sous dernier emploi, quand on n’en a jamais eu ? » demanda l’un des frères à un autre.

Des cris larmoyants montèrent du sous-sol : Andy Sanders.

Julia prit la direction de la salle de service, dont elle était devenue une habituée, avec les années, au point même qu’elle versait son obole au collecteur de fonds (un panier d’osier) pour le café et les beignets. Jamais on ne l’avait empêchée de passer, mais cette fois-ci, Marty Arsenault intervint : « Vous ne pouvez pas entrer ici, Ms Shumway. Les ordres. » Il avait parlé sur un ton conciliant, un ton d’excuse, qu’il n’avait sans doute pas utilisé avec Pete Freeman.

C’est à cet instant que Big Jim et Andy Sanders émergèrent de l’escalier conduisant à ce que les officiers de la police de Chester’s Mill appelaient les cages à poules. Andy pleurait. Big Jim avait passé un bras autour de ses épaules et lui parlait sur un ton apaisant. Peter Randolph fermait la marche. L’uniforme de Randolph était resplendissant, mais la tête qui le surmontait était celle d’un type qui venait d’échapper à un attentat.

« Jim ! Pete ! leur lança Julia. Je voudrais vous parler pour The Democrat ! »

Big Jim se tourna le temps de lui adresser un regard qui disait qu’en enfer les gens veulent de l’eau, eux aussi. Puis il commença à entraîner Sanders vers le bureau du chef. Rennie parlait de prier.

Julia essaya de franchir le bureau. Ayant toujours l’air de s’excuser, Marty la saisit par le bras.

« Lorsque vous m’avez demandé de ne pas dire mot dans le journal de votre petite altercation avec votre femme, l’an dernier, j’ai accepté. Sans quoi vous auriez perdu votre boulot. Alors si vous avez ne serait-ce qu’une once de gratitude, lâchez-moi. »

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