Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Un joli coup, dit Randolph. Un coup brillant. Tu sais, en temps normal, on aurait eu toute une équipe de légistes du bureau du procureur général de l’État, histoire de clouer définitivement Barbara au poteau, mais les circonstances ne sont pas ordinaires. Je crois que nous avons une preuve irréfutable, cependant. Quel fou, tout de même, de ne pas avoir fait attention à ses plaques.
— J’ai pris mon portable et j’ai appelé mon père. Étant donné que c’était une vraie ruche, ici, j’ai pensé que j’aurais du mal à vous joindre…
— Une vraie ruche, oui ! dit Randolph en levant les yeux au ciel. Tu n’en as même pas idée, mon gars. Tu as bien fait d’appeler ton père. Sans compter qu’il est pratiquement membre du département.
— Papa a pris deux officiers, Fred Denton et Jackie Wettington, et ils sont venus ensemble à la maison McCain. Linda Everett nous a rejoints pendant que Freddy photographiait la scène du crime. Puis Stewart Bowie et son frère sont venus avec leur corbillard. Mon père a pensé que c’était le mieux, car ils étaient débordés à l’hôpital avec l’émeute et tout le bazar. »
Randolph hocha la tête. « Tout juste. Aider les vivants, remiser les morts. Qui a trouvé les plaques militaires ?
— Jackie. Elle a déplié les doigts d’Angie avec un crayon et elles sont tombées par terre. Freddy a pris des photos de tout.
— Très utile à un procès. Que nous devrons tenir nous-mêmes, si cette histoire de Dôme ne s’arrange pas. C’est possible. Dans la Bible, il est dit que la foi peut déplacer des montagnes. À quelle heure as-tu trouvé les corps, mon gars ?
— Vers midi. » Après avoir pris le temps de faire mes adieux à mes petites copines.
« Et tu as appelé ton père tout de suite ?
— Non, pas tout de suite, répondit Junior en adressant un regard plein de franchise à Randolph. J’ai dû sortir pour vomir. Ils avaient tous été battus si sauvagement ! Je n’avais jamais rien vu de pareil de toute ma vie. » Il laissa échapper un long soupir, prenant bien soin de faire chevroter légèrement sa voix. Le magnétophone n’enregistrerait sans doute pas le tremblement mais Randolph s’en souviendrait. « Quand les nausées ont cessé, j’ai appelé mon père.
— Parfait, je crois que c’est tout ce dont j’ai besoin. »
Randolph ne posa pas d’autres questions sur la chronologie ou la prétendue « patrouille matinale » ; il ne demanda même pas à Junior de faire un rapport écrit (ce qui était d’autant mieux qu’écrire donnait mal à la tête à Junior, ces temps-ci). Il se pencha sur le bureau pour arrêter l’enregistrement. « Merci, Junior. Tu devrais prendre le reste de la journée. Rentre chez toi et repose-toi. Tu n’as pas bonne mine.
— J’aimerais être ici quand vous l’interrogerez, monsieur. Barbara, je veux dire.
— Oh, tu n’as pas à t’inquiéter, ce n’est pas pour aujourd’hui. Nous allons le laisser mijoter vingt-quatre heures dans son jus. C’est une idée de ton père et je pense qu’elle est bonne. Nous l’interrogerons demain après-midi ou demain soir, et tu seras présent. Je t’en donne ma parole. Nous allons l’interroger vigoureusement.
— Oui, monsieur. Très bien.
— On va pas s’amuser à lui réciter ses droits, hein ?
— Non, monsieur.
— Et grâce au Dôme, impossible de le confier au shérif du comté. » Randolph regarda Junior avec un air entendu. « Mon gars, ce sera un exemple parfait que ce qui se passe à Vegas se règle à Vegas. »
Junior ne savait trop s’il devait répondre oui ou non, car il n’avait aucune idée de ce que racontait le crétin derrière le bureau.
Randolph le fixa encore quelques instants de son regard entendu, comme pour s’assurer qu’ils s’étaient bien compris, puis frappa dans ses mains et se leva. « Rentre chez toi, Junior. Tu dois être un peu secoué.
— Oui, monsieur, c’est vrai. Et je crois que je vais faire ça. Me reposer.
— J’avais un paquet de cigarettes dans ma poche quand le révérend Coggins m’a plongé dans l’eau », reprit Randolph, sur le ton de celui qui évoque un souvenir cher à son cœur. Il passa un bras autour des épaules de Junior pour l’accompagner jusqu’à la porte. Junior conserva son attitude respectueuse et attentive, mais se sentit pris de l’envie de hurler sous le poids de ce bras. Comme s’il avait une cravate de chair. « Elles étaient fichues, bien sûr. Et je n’ai jamais acheté un autre paquet depuis. Sauvé de l’herbe du diable par le Fils de Dieu. Ce n’est pas la grâce, ça ?
— Stupéfiant, réussit à répondre Junior.
— Brenda et Angie vont retenir l’attention générale, et c’est normal — une des personnalités de la ville et une jeune fille avec toute sa vie devant elle. Mais le révérend Coggins avait ses fans, lui aussi. Sans parler d’une congrégation importante et aimante. »
Du coin de l’œil, Junior apercevait les doigts au bout carré de Randolph qui pendaient sur son épaule. Il se demanda ce que ferait le chef s’il se tournait brusquement et les mordait. S’il lui arrachait un doigt avec les dents, d’un seul coup, peut-être, et le recrachait par terre.
« N’oubliez pas Dodee. » Il ignorait ce qui l’avait poussé à répondre cela, mais ce fut efficace. La main de Randolph quitta son épaule. L’homme paraissait sidéré. Junior comprit qu’il avait oublié Dodee.
« Oh, mon Dieu, Dodee ! dit Randolph. Dodee ! Est-ce qu’on a appelé Andy pour le lui dire ?
— Je ne sais pas, monsieur.
— Ton père l’aura fait certainement ?
— Il a été terriblement occupé. »
Ce qui était vrai. Big Jim était chez lui, dans son bureau, et mettait au point le discours qu’il comptait faire lors de la réunion municipale de jeudi. Le discours qui devait précéder le vote des citoyens de Chester’s Mill pour savoir si l’on confiait des pouvoirs exceptionnels aux conseillers pour la durée de la crise.
« Il vaut mieux que je l’appelle, dit Randolph. Mais je devrais peut-être prier pour elle, d’abord. Veux-tu t’agenouiller avec moi, mon gars ? »
Junior aurait encore mieux aimé verser de l’essence sur son pantalon et se faire griller les couilles, mais il ne dit rien. « Adresse-toi à Dieu dans la solitude de ton cœur et tu entendras sa réponse plus clairement. C’est ce que mon père dit toujours.
— Très bien, mon gars. C’est un bon conseil. »
Avant que Randolph ait le temps d’ajouter autre chose, Junior sortit du bureau, puis du poste de police. Il rentra chez lui à pied, profondément plongé dans ses pensées, déplorant la perte de ses petites copines et se demandant s’il ne pourrait pas s’en trouver une autre. Plus d’une, peut-être.
Sous le Dôme, toutes sortes de choses devenaient possibles.
15
Pete Randolph essaya bien de prier, mais trop de choses se bousculaient dans sa tête. Sans compter que le Seigneur aide ceux qui s’aident. Il ne pensait pas que l’adage se trouvait dans la Bible, mais il n’en était pas moins vrai. Il appela Andy Sanders lorsqu’il eut trouvé le numéro de son portable sur la liste punaisée au panneau d’information, sur le mur. Il espéra qu’il ne répondrait pas, mais le premier conseiller décrocha dès la première sonnerie — c’était toujours comme ça, non ?
« Bonjour, Andy. Le chef Randolph à l’appareil. J’ai une très mauvaise nouvelle à t’annoncer, mon ami. Il vaudrait mieux que tu t’assoies. »
Ce fut une conversation difficile. Ahurissante, même. Quand elle fut terminée, Randolph se retrouva en train de pianoter sur son bureau. Il se prit à penser — une fois de plus — que si c’était Duke Perkins qui se trouvait assis là, et non lui, il n’en serait pas entièrement désolé. Il n’en serait peut-être même pas désolé du tout. Le boulot s’avérait beaucoup plus dur et sordide que ce qu’il avait imaginé. Bénéficier d’un bureau privé était une bien maigre compensation. Même la voiture verte du chef n’y suffisait pas. Chaque fois qu’il se glissait derrière le volant et que son cul se posait dans le creux formé par l’arrière-train considérable de Duke, la même pensée lui venait à l’esprit : T’es pas à la hauteur.