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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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Le Dr Boxer soupira. « Elle est inconsciente ? »

Avant qu’on lui donne une réponse, deux véhicules de la police de Chester’s Mill, dont la verte du chef, vinrent s’arrêter devant les portes. Freddy Denton, Junior Rennie, Frank DeLesseps et Carter Thibodeau descendirent de la voiture de tête. Le chef Randolph et Jackie Wettington descendirent de la seconde, ainsi que la femme de Rusty, assise à l’arrière. Tous étaient armés et tous sortirent leur arme en approchant des portes de l’hôpital.

La petite foule qui avait assisté à la confrontation avec Joe Boxer murmura et recula, certaines personnes s’attendant sans aucun doute à être arrêtées pour vol.

Barbie se tourna vers Rusty Everett. « Regarde-moi !

— Qu’est-ce que…

— Regarde-moi bien ! » Barbie leva les bras, les tournant pour qu’ils soient visibles des deux côtés. Puis il remonta son T-shirt, exhibant tout d’abord son estomac plat, puis son dos. « Est-ce que tu vois des marques ? Des ecchymoses ?

— Non…

— Fais bien en sorte qu’ils le sachent. »

C’est tout ce qu’il eut le temps de faire. Randolph entra dans l’établissement à la tête de ses officiers. « Dale Barbara ? Veuillez vous avancer. »

Avant que Randolph ait le temps de braquer son arme sur lui, Barbie obéit. Parce que les accidents, ça arrive.

Barbie lut de l’étonnement sur le visage de Rusty et l’aima d’autant plus pour sa candeur. Il vit Gina Buffalino et Harriet Bigelow écarquiller les yeux. L’essentiel de son attention, cependant, se concentrait sur Peter Randolph et son équipe. Ils arboraient tous une expression figée, mais on voyait, sur les visages de Thibodeau et de DeLesseps, une indéniable satisfaction. Pour eux, c’était la monnaie de sa pièce pour l’affaire du Dipper’s. Fichue monnaie.

Rusty vint se placer devant Barbie, comme pour lui faire un bouclier.

« Non, fais pas ça, lui dit Barbie entre ses dents.

— Rusty, non ! » cria Linda.

Rusty n’y fit pas attention. « Peter ? Qu’est-ce que ça signifie ? Barbie nous a aidés, et il a fait un sacré bon boulot. »

Barbie craignait de repousser l’imposant assistant, craignait même de le toucher. Il se contenta de lever les bras, très lentement, paumes ouvertes.

Lorsqu’ils virent qu’il avait les bras levés, Junior et Freddy Denton se jetèrent sur lui. Junior heurta même Randolph en passant et le Beretta que le chef tenait à la main partit. La détonation fut assourdissante dans le hall d’entrée. La balle s’enfonça dans le sol à dix centimètres du pied droit de Randolph, creusant un trou impressionnant. L’odeur âcre de la poudre se répandit immédiatement.

Gina et Harriet hurlèrent et filèrent vers le couloir principal, sautant adroitement au-dessus de Joe Boxer qui rampait sur le sol, les mains sur la tête, ses cheveux d’ordinaire si soigneusement peignés pendant devant ses yeux. Brendan Ellerbee, qui venait d’être soigné pour une mâchoire partiellement déboîtée, donna un coup de pied dans l’avant-bras du dentiste dans sa précipitation. La boîte à sucrettes alla valser, heurta le meuble de la réception et s’ouvrit, répandant partout les dents que Torie McDonald avait pris tellement de peine à ramasser.

Freddy et Junior attrapèrent Rusty, qui ne fit aucun effort pour les repousser. Il paraissait en proie à une totale confusion. Quand les deux policiers le bousculèrent, il partit en trébuchant ; Linda voulut le rattraper, mais elle ne réussit qu’à s’étaler par terre avec lui.

« Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? rugit Twitch. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? »

Boitant légèrement, Carter Thibodeau s’approcha de Barbie, lequel avait compris ce qui allait arriver mais gardait les mains levées. S’il les abaissait, il risquait de se faire tuer. Et d’autres aussi, peut-être. Maintenant qu’il y avait eu un premier coup de feu, les chances qu’en partent d’autres avaient considérablement augmenté.

« Salut, raclure, dit Carter. En voilà un garçon très occupé, ouais. » Il lui donna un coup de poing à l’estomac.

Barbie s’y était attendu et avait bandé ses abdominaux, mais il se plia néanmoins en deux. Ce fils de pute était costaud.

« Arrêtez ça ! » s’égosilla Rusty. Il avait toujours son air hébété, mais il paraissait aussi gagné par la colère. « Arrêtez-moi ça tout de suite, bon sang ! »

Il essaya de se lever, mais Linda l’encercla de ses bras et le maintint au sol. « Ne bouge pas, lui dit-elle. Ne bouge pas, il est dangereux.

— Quoi ? » Rusty tourna la tête et la regarda, incrédule. « T’es cinglée, ma parole ! »

Barbie avait gardé les mains levées en direction des flics. Plié en deux comme il l’était, on aurait dit qu’il se livrait à des salamalecs.

« Recule-toi, Thibodeau, dit Randolph. Ça suffit.

— Et toi, imbécile, range ce pétard ! cria Rusty à Randolph. Tu veux peut-être tuer quelqu’un ? »

Randolph lui adressa un bref regard méprisant, puis se tourna vers Barbie : « Redresse-toi, mec. »

Barbie se redressa. Cela lui faisait mal, mais il y parvint. Il n’ignorait pas que s’il ne s’était pas préparé au coup de poing de Thibodeau, il serait par terre, se tordant de douleur, cherchant sa respiration. Et Randolph n’aurait-il pas essayé de le faire relever à coups de pied ? Et est-ce que les autres flics ne se seraient pas joints à lui, en dépit des spectateurs du hall dont certains revenaient en douce pour mieux voir ce qui se passait ? Bien sûr que oui, parce qu’ils étaient complètement remontés. C’est ainsi que se passent ces choses.

Randolph reprit la parole : « Je vous arrête pour les meurtres d’Angela McCain, Doreen Sanders, Lester Coggins et Brenda Perkins. »

Chacun de ces noms fut une gifle pour Barbie, mais la dernière fut la plus forte. Cette femme délicieuse. Elle avait oubliée d’être prudente. Barbie ne pouvait lui en vouloir — elle était encore sous le coup de la mort brutale de son mari — mais lui-même pouvait s’en vouloir de l’avoir laissée aller voir Rennie. De l’avoir encouragée.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda-t-il à Randolph. Qu’est-ce que vous avez fait, au nom du Ciel ?

— Comme si tu le savais pas, répondit Freddy Denton.

— Quel genre de dingue vous êtes ? » demanda Jackie Wettington.

Son visage était un masque révulsé de mépris et la rage lui étrécissait les yeux.

Barbie les ignora tous les deux. Les mains toujours levées au-dessus de la tête, il étudiait le visage de Randolph. Au moindre prétexte, ils se jetteraient tous sur lui. Y compris Jackie, d’ordinaire la plus charmante des femmes, même si ce ne serait pas sur un prétexte, mais pour une bonne raison. Ou peut-être pas. Même les plus charmantes personnes pètent parfois les plombs.

« J’ai une meilleure question, dit-il à Randolph. Qu’est-ce que vous avez laissé faire à Rennie ? Parce que tout ce bordel est le sien, et vous le savez. Ses empreintes sont partout.

— La ferme. » Il se tourna vers Junior. « Les menottes. »

Junior tendit la main vers Barbie, mais avant qu’il ait pu toucher un de ses poings levés, Barbie s’était tourné, mains dans le dos. Rusty et Linda Everett étaient toujours par terre, Linda continuant à retenir son mari en l’encerclant de ses bras dans une étreinte d’ours.

« N’oublie pas », dit Barbie à Rusty, tandis que les menottes en plastique se refermaient… et étaient ensuite serrées sur le peu de chair qui entourait ses poignets, jusqu’à ce qu’elles mordent dedans.

Rusty se releva. Lorsque Linda essaya une fois de plus de le retenir, il la repoussa et lui adressa un regard qu’elle ne lui avait jamais vu auparavant. Il contenait de la dureté et du reproche, mais aussi de la pitié. « Peter ! » dit-il. Et comme Randolph ne se tournait pas vers lui, il éleva la voix : « Je te parle, Peter ! Et tu me regardes quand je t’adresse la parole ! »

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