San-Antonio polka
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #52
- Год: 1969
- Язык: французский
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «San-Antonio polka». Краткое содержание книги:
Et c'est peut-être grâce à ces qualités que j'ai pu éviter une catastrophe nationale !
Comment ?
Entrez dans la danse et vous le saurez. Et en avant la polka de San-Antonio.
Béru s'empresse. Lorsque Belloise a recouvré la liberté de ses mouvements, je lui demande :
— On peut refaire surface, vieux ?
— Je vous demande seulement une seconde, m'sieur le commissaire !
En entendant mon grade, les deux malfrats tressaillent et prennent des mines consternées. Belloise s'approche du soudeur-poète et lui prend sa lampe des mains.
— Bouge pas, mon pote, gronde Riri, je vais te faire une petite épilation définitive.
J'interviens.
— Laisse quimper, Riri, je suis de la police, pas de la Gestapo !
Mais autant exhorter un camion-citerne en panne ! Il ne peut pas s'empêcher de balader son lance-flammes sur la devanture du blondasse. L'intéressé pousse une drôle de goualante ; Bécaud, Aznavour et consorts peuvent déclarer forfait !
Je saisis le bras de Belloise.
— Arrête, je te dis, je ne permettrai pas qu'on moleste quelqu'un que je viens de mettre en état d'arrestation.
— Avec toi on peut jamais se marrer, bougonne le Gros. Ce que t'es bonnet de nuit dans ton genre.
— Fouille ces messieurs et prends leurs armes, tranché-je.
Le Gros obtempère. Chacun de ces deux messieurs possédait un outil grand format susceptible de décider le caissier le plus tatillon à vous remettre le contenu de ses tiroirs sans vous faire signer de quitus.
— Bon, maintenant on va remonter ! annoncé-je. Ces messieurs vont marcher devant en gardant les bras levés. Et pas de coups fourrés, sinon je vous colle tellement de plomb dans la carcasse qu'il faudra un bulldozer pour vous charrier jusqu'au cimetière du coin !
Malgré sa brûlure, Belloise se marre.
Il a tort.
CHAPITRE VIII
Pour une fois, votre bon petit camarade San-A a commis une légère erreur tactique, mes frères : celle de faire passer devant nous les ouistitis que je viens d'arrêter.
Comme nous atteignons le bas de l'escalier, une voix crie :
— Couche-toi, Ray !
Illico, le blond se fout à plat bide sur le bas des marches. Le frisotté l'imite rapidos et j'ai le déplaisir de trouver en face de moi une bonne demi-douzaine de truands, tous plus patibulaires les uns que les autres. L'un d'eux a dans les bras une arquebuse capable de vous déguiser en grille de mots croisés dans un minimum de temps.
Il s'autorise de cet avantage pour m'adresser la parole assez durement :
— Jette ton feu ! Et toi aussi, le gros vilain ! ajoute-t-il à l'adresse du Valeureux !
Sa machine à faire sucrer les fraises est si près de moi maintenant que j'en louche. En soupirant, je largue l'ami Tu-Tues ! Béru fait de même.
— Banco, poursuit l'arquebusier, maintenant demi-tour à droite, droite ! Les mains bien en l'air et le buste droit ! Voilà, et maintenant le nez au mur, tous les trois !
Nous sommes devenus d'une extrême docilité. Rien de tel que l'œil noir d'une Thomson pour vous rendre obéissant.
— Au boulot, vous autres ! dit le type blond qu'il a appelé Ray !
Qu'entend-il par là ? Je ne tarde pas à l'apprendre, Ces messieurs ont des appareils à caresser le cervelet qu'ils ont dû faire breveter S.G.D.G. Le premier gnon est pour Béni. Le coup claque sec et mon Honorable Patate s'écroule, Ensuite c'est le tour de Riri. Lui a droit à la formule dégustation : deux coups, le premier pour plaisanter, le deuxième pour vous expédier à la fabrique de cirage. Comme le démolisseur s'approche de moi, je murmure :
— Non, sans façon : pour les insomnies je prends des cachets.
Et parallèlement je balance ma talonnade numéro 13, celle que Kopa m'a enseignée. Le type prend ma chaussure Bailly dans sa pension de famille et s'écroule en se massant le zigomuche prostatique à virole double.
Oh ! ce foin, mes Semblables ! Y a tous les bigorneurs brothers qui me choient sur le paletot. J'en démolis deux pour commencer, mais la loi du nombre est formelle. Je finis par resquiller un coup de crosse sur la boîte à idées et je vais me baguenauder en plein Cosmos où j'ai le plaisir d'apercevoir Gagarine et Titov……Seulement, quand je reviens sur terre, il n'y a pas M. Khrouchtchev pour me faire la bibise gloutonne. C'est mieux que ça ! A peine ai-je remonté un store que mon grand côlon se prend les pédales dans mon pancréas tandis que ma vésicule accroche l'aile avant gauche de mon duodénum. Ah ! mes z'amis ! Mes bons mes chers z'amis ! Ça vaut la peine d'être né pour voir ça. La gosse qui se tient debout devant moi est belle à ne plus oser respirer ! Blonde comme du lin, dorée, comestible et roulée comme la Vénus de Milo, mais avec des bras par-dessus le marché. Ça peut toujours servir après tout !
— Vous êtes le commissaire San-Antonio ? me demande-t-elle.
— Oui, ma chérie, à votre je.
Elle sourit, me découvrant des dents éclatantes dont mon zignouflet inférieur aimerait se faire un collier.
— Si vous n'aviez pas cette énorme bosse sur le sommet du crâne, vous ne seriez pas vilain garçon pour un flic ! gazouille la pin-up.
— Si vous vouliez bien prendre la peine d'appuyer dessus avec une pièce de cinq francs anciens ou de cinq centimes nouveaux, vous pourriez me contempler tel que Félicie m'a fait, darling. Je vous jure que ça vaut une thune ! On dépense souvent son bel argent plus inutilement.
Elle se marre joliment.
— Il est marrant, ce type-là, vous ne me l'aviez pas dit ! déclare-t-elle à un personnage que ma position allongée m'empêche d'admirer !
— Il rigolera moins tout à l'heure, prophétise une voix acerbe.
Je me soulève sur un coude et j'aperçois le type qui tenait la mitraillette, naguère, dans la cave. Il est en compagnie de Ray, le champion de la lampe à souder toutes physionomies.
— Alors, flicard, fait ce dernier en s'avançant sur moi, ton parachute s'est bien ouvert ?
— Où suis-je ? m'enquiers-je.
— Chez cette merveilleuse poupée ! fait Ray en montrant la blonde incendiaire.
Une voix, que j'identifie comme étant celle de Riri Belloise, ironise :
— Dites, m'sieur le commissaire, c'est de la créature de grand luxe, non ? Elle doit bouffer que des diams pour avoir l'éclat du neuf comme elle l'a !
Ray a un sourire de Pierrot- dans sa face blême. Un sourire douloureux comme la constipation aiguë.
— Mon cher Belloise, dit-il, nous allons reprendre la petite conversation interrompue tout à l'heure par le commissaire San-Antonio.
Pour complément d'information, voir la bouillotte du Riri, mes soeurs ! Sa brûlure fait des cloques vilaines. L'infection s'y met déjà. Quant à Ray, lui, il s'est fait panser et il a une large plaque de sparadrap sur le museau.
— Jouez pas les sadiques, fait-il. A quoi ça rime !
— Nous avons horreur des foies blancs ; Belloise. Depuis le début de cette affaire vous essayez de nous repasser, il ne faut pas vous étonner si les choses se gâtent !
C'est l'autre bonhomme qui vient de parler. Il a du nerf, de l'autorité. C'est un type de taille moyenne, très large d'épaules et plutôt pas vilain garçon ! Il est brun, avec un regard couleur de myosotis, pensif. L'intellectuel de la mitraillette, quoi !
Je m'assieds par terre et je me mets a chercher Bérurier. Il est à l'autre bout de la pièce où nous nous trouvons. Il paraît dormir comme un gros bébé dans son berceau.
— Ecoutez, interviens-je, laissez Riri tranquille ; l'annonce du « Figaro », c'est une petite ruse signée San-Antonio pour vous inciter à vous manifester.
Le brun aux yeux bleus sourit.
— Pas possible, voudriez-vous me faire croire qu'on serais astucieux dans la police ?
— Astucieux et persévérant, affirmé-je ; tenez : je suis prêt à vous parier vos dents en or contre une défense de mammouth que vous passerez vos prochaines vacances à Fresnes ou à Poissy.