Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Les Sorciers de Majipoor [Sorcerers of Majipoor - fr]
Les Sorciers de Majipoor [Sorcerers of Majipoor - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Sorciers de Majipoor [Sorcerers of Majipoor - fr]

Электронная книга - «Les Sorciers de Majipoor [Sorcerers of Majipoor - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Majipoor, planète géante, le pouvoir est partagé entre le Coronal qui représente, le Pontife qui administre, et la Dame des Rêves qui inspire dans leur sommeil les milliards d’humains et de membres d’autre espèces.
A la mort d’un Pontife, le Coronal lui succède et nomme un nouveau Coronal. Jamais dans l’histoire multimillénaire de Majipoor, aucun n’a choisi son propre fils.
Or, mille ans avant le règne de Lord Valentin, tandis que le Pontife Prankipin agonise, les ambitions attisent les passions. Prestimion est le candidat idéal bien qu’il n’ait pas été encore désigné par le Coronal en titre, Lord Confalume.
Mais Confalume a un fils, Korsibar, d’autant de prestance que Prestimion. Et dont la soeur jumelle, la belle Thismet, est ambitieuse pour deux.
Sous le règne pacifique et prospère de Prankipin, adepte des sciences occultes, oracles, mages et sorciers ont conquis la faveur des grands, puis de tout le peuple, embrumant les esprits et répandant le désir de connaître et de maîtriser l’avenir.
La guerre qui s’annonce, dont personne ne veut, risque d’être aussi celle des ténèbres.
1 ... 132 133 134 135 136 137 138 139 140 ... 151
Перейти на страницу:

— On trouverait louche que je m’installe aux commandes. Vas-y !

— Comme vous voudrez.

Melithyrrh étudia le tableau de bord. Huit ou neuf boutons, sans la moindre indication. Elle prit une longue inspiration, en enfonça un au hasard. Il ne se passa rien. Le garde les observait bouche bée. Il n’avait jamais dû voir deux dames de si haut rang seules dans un flotteur.

Melithyrrh appuya sur un autre bouton. Un bourdonnement se fit entendre sous le ventre de l’appareil.

— Les rotors se mettent en marche, fit Thismet. Appuie sur le bouton de gauche.

Elle avait suivi son intuition et deviné juste. L’avant du flotteur décolla de quinze centimètres, puis vingt, puis trente. Et continua de s’élever.

— Lâche ! s’écria Thismet.

L’appareil redescendit légèrement et se stabilisa.

— Le bouton suivant, toujours à gauche ! Cette fois, le flotteur fut projeté en arrière avec une violente secousse. Thismet saisit la main de Melithyrrh pour lui faire lâcher le bouton et appuya sur celui qui se trouvait à droite du démarreur. Avec une autre secousse, le véhicule se mit en marche vers l’avant. Le garde, qui s’était écarté à la première embardée, restait à une certaine distance, béant de stupeur.

— C’est parti ! s’écria Thismet, tandis que le flotteur s’engageait en cahotant sur la route de Grand Calintane.

— Je crois avoir compris, déclara Melithyrrh. Celui-ci permet d’accélérer, l’autre de ralentir. Celui-là sert à tourner vers la… droite ? Non, vers la gauche, je pense. Donc, celui qui est à côté…

— Tu te débrouilles très bien, fit Thismet.

Le compliment était mérité. Le flotteur restait parallèle au sol et avançait sans à-coups au centre de la chaussée. Un panneau de signalisation apparut. High Morpin à gauche, Halanx à droite.

— Prends la route d’Halanx, ordonna Thismet.

Melithyrrh choisit un bouton ; le flotteur tourna vers la droite, pas trop sèchement.

— Tu vois ? fit Thismet. C’est facile comme tout. Nous sommes parties.

La première étape consistait à descendre le Mont. Dès qu’elles arriveraient dans la plaine, il leur faudrait mettre le cap à l’ouest ; cela signifiait qu’elles devaient passer par Dundilmir. Mais Dundilmir était une des Cités des Pentes, très loin, près du pied du Mont. Il fallait au préalable traverser les trois niveaux supérieurs : les Cités Intérieures, les Cités Tutélaires et les Cités Libres. Thismet avait de vagues souvenirs d’un itinéraire passant par Banglecode pour atteindre Hoikmar ou Greel, puis continuant jusqu’à Castlethorn ou Gimkandale, ce qui devrait les mener à Dundilmir et au plat pays. Mais ses connaissances de la géographie du Mont étaient fragmentaires et ne prenaient pas en compte les aiguilles au relief torturé et les pics secondaires qui compliquaient singulièrement les déplacements sur les pentes de la gigantesque montagne. Impossible de relier directement deux points en ligne droite sur une carte ; il fallait trouver un itinéraire qui les mettait en communication, ce qui impliquait parfois de couvrir des distances considérables sur le Mont. Elles passèrent ainsi leur première nuit, ce qu’elles n’avaient pas prévu, dans une auberge de la cité de Guand, où jamais Thismet ne s’était rendue, en croyant par erreur avoir pris la route de Banglecode à la sortie d’Halanx.

Leur auberge, le meilleur établissement qu’elles avaient trouvé, était pourtant loin d’être luxueuse. L’aubergiste leur lançait des regards impudents, bien qu’elles eussent pris la précaution de s’habiller de la manière la moins seyante possible, de se dispenser de tout maquillage et de tirer sévèrement leurs cheveux en arrière. Leur chambre était petite et sinistre, il y avait des taches sur les murs et les draps semblaient d’une propreté douteuse. Le repas qu’elles y prirent, une viande pâle qu’elles ne connaissaient pas, cuite dans la graisse, était d’une qualité affligeante. Elles furent dérangées toute la nuit par des éclats de rire et des bruits de ressorts des lits des chambres voisines.

— Crois-tu que ce sera comme cela jusqu’à Gloyn ? demanda Thismet.

— Pire, madame. Nous sommes encore sur le Mont.

Quand vint le moment de régler la note, Thismet se rendit compte qu’elle n’avait pas pris d’argent. La sœur du Coronal n’avait pas l’habitude d’avoir de l’argent sur elle. Par bonheur, Melithyrrh avait emporté une bourse de royaux, mais la bourse semblait bien petite et Thismet se dit qu’il lui faudrait mettre ses bijoux en gage pour payer le gîte et le couvert, si le voyage devait se prolonger. Elle comprit que les choses ne pouvaient qu’empirer.

Elles réussirent pourtant à atteindre le pied du Mont. Sans cartes, sans aptitude au voyage, elles trouvèrent des routes qui les menaient dans la bonne direction.

— Il faut chercher des panneaux indiquant Alaisor, dit Thismet. Alaisor est à l’ouest.

Mais Melithyrrh fit observer qu’Alaisor se trouvait à des milliers de kilomètres, douze mille, peut-être quinze, sur un rivage lointain, et qu’il était peu probable que la cité fût indiquée si loin à l’intérieur des terres. Elles essayèrent donc de trouver le nom d’autres cités plus proches du Mont et dans la même direction. Arkilon, suggéra Thismet qui se souvenait qu’une grande bataille y avait eu lieu l’année précédente et qu’elle avait vu sur une carte que cette cité se trouvait à l’ouest du Mont. Elles se rendirent à Arkilon.

Elles y firent la connaissance d’un voyageur descendu à la même auberge qu’elle, qui leur suggéra de prendre la direction du sud jusqu’à Sisivondal et leur montra sur un plan hâtivement tracé que cela permettrait d’éviter la traversée toujours difficile des Monts Trikkala.

— Vous êtes très aimable, fit Thismet en souriant.

Il se méprit sur la signification de cette phrase et de ce sourire, et profita de ce qu’ils étaient à table pour poser hardiment la main sur sa cuisse, de sorte que Thismet se vit obligée de lui montrer le poignard caché dans la manche de son corsage. Après quoi, il se montra fort courtois. Mais cette main baladeuse laissa pendant plusieurs heures une empreinte brûlante sur sa peau.

Elles se rendirent à Sisivondal. L’endroit le plus laid qu’il eût été donné de voir à Thismet. Même dans ses cauchemars, elle n’avait jamais rien imaginé de plus hideux. Leur chambre d’hôtel, cette fois ; pas plus grande qu’un cagibi, était nue et étouffante. Elle semblait n’avoir jamais été aérée ; mais quand-elles ouvrirent la fenêtre, une fine pluie de sable se répandit sur elles.

Des routes partaient de Sisivondal dans toutes les directions. Elles se trouvèrent face à un labyrinthe de panneaux de signalisation.

— Dans quelle direction se trouve Gloyn ? demanda Thismet, découragée. Je n’aurais jamais cru que Majipoor était si grande !

— C’est la plus grande planète de tout l’univers, fit Melithyrrh. Du moins la plus grande sur laquelle les humains peuvent vivre.

— Et les deux femmes trop choyées que nous sommes doivent la parcourir seules.

— Nous l’avons voulu ainsi, madame.

— Nous n’avions pas le choix.

Pas le choix, en effet. Thismet savait qu’elle en avait fini avec la vie à la cour, cette vie qui avait été si plaisante, mais où tout s’était transformé en déconvenues et reproches. Le Château et toutes ses horreurs lui semblaient déjà bien loin : les regards concupiscents du sournois Farquanor, les ricanements du bestial Procurateur, les mages perfides et le noble frère qui l’avait traitée d’une manière si ignoble quand elle avait demandé une place au sein du gouvernement. Elle ne regrettait presque pas son boudoir jade et sa baignoire d’albâtre, ses robes et ses bijoux, le luxe qui avait rempli une existence vide. Tout cela était fini et bien fini. Terminé. Mort. Elle aspirait maintenant à une nouvelle vie et elle la trouverait dans l’Ouest. Et pourtant… cet épuisant et interminable voyage… cette main impudique sur sa cuisse, brûlante comme une flamme… les hôtels sordides, les mornes trajets, la nourriture abjecte…

1 ... 132 133 134 135 136 137 138 139 140 ... 151
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)