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Cyrano de Bergerac

Электронная книга - «Cyrano de Bergerac». Краткое содержание книги:

Une représentation à l'hôtel de Bourgogne (en 1640). La salle du théâtre se remplit: on va y donner une pastorale, la Clorise, dans le genre précieux. Le jeune et beau Christian de Neuvillette y vient contempler la femme qu'il aime: Roxane, une précieuse épouvantablement ravissante à qui le comte de Guiche fait la cour. La pièce commence, mais est vite interrompue par le turbulent Cyrano de Bergerac, qui interdit à l'acteur Montfleury de jouer, car il est trop gros! Des spectateurs protestent, et l'un d'eux provoque Cyrano, en critiquant son nez, très grand - ce à quoi le héros réplique par la célèbre tirade des nez, éloge de sa propre laideur, avant de se battre avec l'importun. Pendant le duel, il compose une ballade (À la fin de l'envoi, je touche!). À son ami Le Bret, il confesse qu'il aime passionnément Roxane sa cousine, mais sa laideur le laisse sans espoir...
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Pas besoin de signer. Je la donne moi-même.

RAGUENEAU, au deuxième poète.

J'ai mis une recette en vers.

TROISIÈME POÈTE, s'installant près d'un plateau de choux à la crème.

Oyons ces vers !

QUATRIÈME POÈTE, regardant une brioche qu'il a prise.

Cette brioche a mis son bonnet de travers.

(Il la décoiffe d'un coup de dent).

PREMIER POÈTE.

Ce pain d'épice suit le rimeur famélique,

De ses yeux en amande aux sourcils d'angélique !

(Il happe le morceau de pain d'épice).

DEUXIÈME POÈTE.

Nous écoutons.

TROISIÈME POÈTE, serrant légèrement un chou entre ses doigts.

Ce chou bave sa crème. Il rit.

DEUXIÈME POÈTE, mordant à même la grande lyre de pâtisserie.

Pour la première fois la Lyre me nourrit !

RAGUENEAU, qui s'est préparé à réciter, qui a toussé, assuré son bonnet, pris une pose.

Une recette en vers...

DEUXIÈME POÈTE, au premier, lui donnant un coup de coude.

Tu déjeunes ?

PREMIER POÈTE, au deuxième.

Tu dînes !

RAGUENEAU.

Comment on fait les tartelettes amandines.

Battez, pour qu'ils soient mousseux,

Quelques œufs ;

Incorporez à leur mousse

Un jus de cédrat choisi ;

Versez-y

Un bon lait d'amande douce ;

Mettez de la pâte à flan

Dans le flanc

De moules à tartelette ;

D'un doigt preste, abricotez

Les côtés ;

Versez goutte à gouttelette

Votre mousse en ces puits, puis

Que ces puits

Passent au four, et, blondines,

Sortant en gais troupelets,

Ce sont les

Tartelettes amandines !

LES POÈTES, la bouche pleine.

Exquis ! Délicieux !

UN POÈTE, s'étouffant.

Homph !

(Ils remontent vers le fond, en mangeant, Cyrano qui a observé s'avance vers Ragueneau).

CYRANO.

Bercés par ta voix,

Ne vois-tu pas comme ils s'empiffrent ?

RAGUENEAU, plus bas, avec un sourire.

Je le vois...

Sans regarder, de peur que cela ne les trouble ;

Et dire ainsi mes vers me donne un plaisir double,

Puisque je satisfais un doux faible que j'ai

Tout en laissant manger ceux qui n'ont pas mangé !

CYRANO, lui frappant sur l'épaule.

Toi, tu me plais !..

(Ragueneau va rejoindre ses amis. Cyrano le suit des yeux, puis, un peu brusquement).

Hé là, Lise ?

(Lise, en conversation tendre avec le mousquetaire, tressaille et descend vers Cyrano).

Ce capitaine...

Vous assiège ?

LISE, offensée.

Oh ! mes yeux, d'une œillade hautaine,

Savent vaincre quiconque attaque mes vertus.

CYRANO.

Euh ! pour des yeux vainqueurs, je les trouve battus.

LISE, suffoquée.

Mais...

CYRANO, nettement.

Ragueneau me plaît. C'est pourquoi, dame Lise,

Je défends que quelqu'un le ridicoculise.

LISE.

Mais...

CYRANO, qui a élevé la voix assez pour être entendu du galant.

À bon entendeur...

(Il salue le mousquetaire, et va se mettre en observation, à la porte du fond, après avoir regardé l'horloge).

LISE, au mousquetaire qui a simplement rendu son salut à Cyrano.

Vraiment, vous m'étonnez !..

Répondez... sur son nez...

LE MOUSQUETAIRE.

Sur son nez... sur son nez...

(Il s'éloigne vivement, Lise le suit).

CYRANO, de la porte du fond, faisant signe à Ragueneau d'emmener les poètes.

Pst !..

RAGUENEAU, montrant aux poètes la porte de droite.

Nous serons bien mieux par là...

CYRANO, s'impatientant.

Pst ! pst !..

RAGUENEAU, les entraînant.

Pour lire

Des vers...

PREMIER POÈTE, désespéré, la bouche pleine.

Mais les gâteaux !..

DEUXIÈME POÈTE.

Emportons-les !

(Ils sortent tous derrière Ragueneau, processionnellement, et après avoir fait une râfle de plateaux).

Scène V

Cyrano, Roxane, la duègne.

CYRANO.

Je tire

Ma lettre si je sens seulement qu'il y a

Le moindre espoir !..

(Roxane, masquée, suivie de la duègne, paraît derrière le vitrage. Il ouvre vivement la porte).

Entrez !..

(Marchant sur la duègne).

Vous, deux mots, duègna !

LA DUÈGNE.

Quatre.

CYRANO.

Êtes-vous gourmande ?

LA DUÈGNE.

À m'en rendre malade.

CYRANO, prenant vivement des sacs de papier sur le comptoir.

Bon. Voici deux sonnets de monsieur Benserade...

LA DUÈGNE, piteuse.

Heu !..

CYRANO.

... que je vous remplis de darioles.

LA DUÈGNE, changeant de figure.

Hou !

CYRANO.

Aimez-vous le gâteau qu'on nomme petit chou ?

LA DUÈGNE, avec dignité.

Monsieur, j'en fais état, lorsqu'il est à la crème.

CYRANO.

J'en plonge six pour vous dans le sein d'un poème

De Saint-Amant ! Et dans ces vers de Chapelain

Je dépose un fragment, moins lourd, de poupelin.

- Ah ! Vous aimez les gâteaux frais ?

LA DUÈGNE.

J'en suis férue !

CYRANO, lui chargeant les bras de sacs remplis.

Veuillez aller manger tous ceux-ci dans la rue.

LA DUÈGNE.

Mais...

CYRANO, la poussant dehors.

Et ne revenez qu'après avoir fini !

(Il referme la porte, redescend vers Roxane, et s'arrête, découvert, à une distance respectueuse).

Scène VI

Cyrano, Roxane, la duègne, un instant.

CYRANO.

Que l'instant entre tous les instants soit béni,

Où, cessant d'oublier qu'humblement je respire

Vous venez jusqu'ici pour me dire... me dire ?..

ROXANE, qui s'est démasquée.

Mais tout d'abord merci, car ce drôle, ce fat

Qu'au brave jeu d'épée, hier, vous avez fait mat,

C'est lui qu'un grand seigneur... épris de moi...

CYRANO.

De Guiche ?

ROXANE, baissant les yeux.

Cherchait à m'imposer... comme mari...

CYRANO.

Postiche ?

(Saluant).

Je me suis donc battu, madame, et c'est tant mieux,

Non pour mon vilain nez, mais bien pour vos beaux yeux.

ROXANE.

Puis... je voulais... Mais pour l'aveu que je viens faire,

Il faut que je revoie en vous le... presque frère,

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