La jeune fille et les clones
- Автор: Брин Дэвид
- Год: 1997
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-08011-3
- Переводчик: Arnaud Mousnier-Lompré
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La jeune fille et les clones». Краткое содержание книги:
Maia et Leie, sa soeur jumelle, se voient ainsi, très jeunes, réduites à explorer ce monde pastoral et le trouvent plutôt compliqué. Il y a des radicales qui militent pour les droits des hommes ; des Perkinites qui au contraire, pour les éliminer, proposent la parthénogénèse ; et même un visiteur venu des étoiles pour proposer à Stratos de réintégrer le Phylum. Quoi, il y aurait eu sécession ? Pourquoi tous ces mystères : la Porte à Enigmes, le Mur d'Images, le Grand Modeleur ? Et comment faire bouger les choses ?
L’iris étant ouvert, le bourdonnement et le bruit aigu se turent. Mais le silence qui s’établit était de ceux qui précèdent la tempête : il préludait à une explosion de sons, d’images et de toutes les sensations possibles et imaginables. Maïa se crut arrivée au jour du Jugement dernier. Le monde trembla. Une énergie semblable à celle qu’elle avait ressentie près de la spirale mais incommensurablement plus violente emplit tout l’espace autour d’elle – et celui qu’elle occupait. Elle dut contraindre chacune de ses molécules à défendre son droit à la vie. Une présence passa près d’elle à une vitesse stupéfiante et s’élança vers le ciel, vidant ses poumons de leur souffle.
Plaquée sur le dos, Maïa crut voir un objet luisant filer dans le ciel, abandonnant derrière lui un sillage flamboyant.
« Une flèche de feu…», se dit-elle, la tête vide. Puis la conscience lui revint et elle envoya un cri muet vers l’objet.
« Renna ! »
L’air revint dans un bruit de tonnerre. Des objets divers et variés, parfois tranchants, roulèrent sur ses jambes meurtries, mais Maïa ne voyait que la flamme qui s’éloignait dans le ciel. Elle fut submergée par un insondable regret, celui de ne pas être à bord, qu’il n’eût pas attendu un instant de plus et ne l’eût pas emmenée.
« Il a fini par y arriver ! se dit-elle avec une soudaine exaltation. Il a réussi à leur échapper, il est reparti…»
Sa joie fut de courte durée. La tête d’épingle étincelante allait disparaître dans l’azur lorsqu’elle obliqua brusquement sur la gauche, devint plus brillante encore, et se désintégra dans une orgie de lumière, projetant un chaos d’escarbilles ardentes dans le bleu de la stratosphère.
QUATRIÈME PARTIE
L’ambition est-elle un poison ? Le Phylum est-il maudit pour avoir voulu courir après le pouvoir et la réussite individuelle ?
Les sociétés primitives avaient la sagesse de mettre le peuple en garde contre la quête du pouvoir divin, sauf par le biais de l’esprit, de l’art, de l’aventure et du chant. Nos ancêtres n’avaient pas l’ambition de plier la Nature à leurs caprices.
Certes, l’existence était rude sur la Vieille Terre, surtout pour les femmes. Mais il y avait des compensations : l’harmonie, la stabilité. On savait qui on était et comment on s’intégrait au dessein universel. Autant de richesses que nous avons perdues en nous embarquant pour le « progrès ».
Le savoir et la sagesse s’excluraient-ils mutuellement ? On dirait parfois que plus on en sait, moins on comprend, et je ne suis pas la première à m’interroger à ce sujet.
« Lysos et ses adeptes écoutent le chant des sirènes du pastoralisme, comme ces romantiques qui rêvaient d’un Âge d’or mythique et cherchaient une sérénité illusoire. » À cette récente critique je réponds : faut-il pour autant renoncer ?
Nous créons, grâce à une technologie avancée, les conditions d’un monde stable… où on cessera de l’utiliser. Je suis bien consciente de ce paradoxe, mais revenons à nos moutons : les êtres humains sont-ils condamnés à l’insatisfaction ? À vouloir une chose et son contraire : devenir des dieux tout en restant les enfants chéris de la nature ?
Que la première de ces quêtes demeure le destin chaotique, frénétique, des forcenés du Phylum. Nous avons opté pour une relation plus chaleureuse, moins antagoniste avec le Cosmos.