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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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Le professeur Quirrell s'arrêta net et fit volte-face vers Harry. Son visage arborait maintenant une incrédulité totale. "Quarante Gallions paieront un briseur de barrière compétent pour percer un chemin dans une maison que vous souhaitez cambrioler ! Quarante mille Gallions pourraient payer une équipe composée des plus grands criminels professionnels du monde pour falsifier les comptes-rendus du Magenmagot !"

Harry haussa les épaules avec impuissance. "Je m'en souviendrai la prochain fois que je veux économiser trente-neuf mille neuf cent soixante Gallions en trouvant le le bon fournisseur."

"Je ne dis pas cela souvent," dit le professeur Quirrell. "Je suis impressionné."

"De même," dit Harry.

"Et qui est cet incroyable étudiant de Poudlard ?"

"J'ai peur de ne pouvoir le dire."

Harry fut assez surpris quand le professeur Quirrell ne formula aucune objection à cela.

Ils marchèrent, pensifs, en direction du bâtiment de Gringotts, car aucun d'eux n'était le genre de personne qui aurait abandonné un problème sans l'avoir considéré pendant au moins cinq minutes.

"J'ai l'impression," finit par dire Harry, "que nous n'attaquons pas le problème du bon angle. J'ai un jour entendu un histoire au sujet d'étudiants qui entrèrent dans leur cours de physique, et le professeur leur montra une large plaque de métal située près d'un feu. Elle leur ordonna de toucher la plaque, et ils sentirent que le métal proche du feu était plus froid tandis que le métal plus éloigné était plus chaud. Et elle leur dit d'essayer de deviner l'explication. Alors certains étudiants écrivirent : 'à cause de la façon dont le métal conduit la chaleur', et d'autres : 'à cause de la façon dont l'air se déplace', et personne ne dit : 'ça a juste l'air impossible', et la véritable réponse était qu'avant que les étudiants n'entrent dans la pièce, le professeur avait juste retourné la plaque."

"Intéressant," dit le professeur Quirrell. "Ça me semble en effet similaire. Y a-t-il une morale ?"

"Que la force d'un rationaliste est d'être plus facilement confus par la fiction que par la réalité," dit Harry. "Si on est capable d'expliquer n'importe quel phénomène, alors on ne sait rien. Les étudiants pensèrent qu'ils pouvaient utiliser des mots, comme 'à cause de la conduction de la chaleur' pour expliquer n'importe quoi, même une plaque de métal plus froide du côté proche du feu. Ils ne se sont donc pas rendu compte à quel point ils étaient confus, et cela voulait dire qu'ils ne pouvaient pas être rendus plus confus par un mensonge que par une vérité. Si vous me dites que les centaures étaient sous l'emprise d'un Imperium, j'ai toujours l'impression qu'il y a quelque chose qui ne colle pas. Je remarque que je suis toujours confus, même après avoir entendu votre explication."

"Hm," dit le professeur Quirrell.

Ils continuèrent de marcher.

"Je suppose qu'il n'est pas possible," dit Harry, "de vraiment permuter des gens entre des univers parallèles ? Par exemple, ce ne ne serait pas notre Rita Skeeter, ou bien ils pourraient l'avoir temporairement envoyée ailleurs."

"Si c'était possible," dit le professeur Quirrell d'une voix plutôt sèche, "serais-je toujours ici ?"

Et, juste avant qu'ils n'atteignent l'immense façade blanche du bâtiment de Gringotts, le professeur Quirrell dit :

"Ah. Bien sûr. Laissez-moi deviner, les jumeaux Weasley ?"

"Quoi ?" dit Harry, sa voix montant d'une octave. "Comment ?"

"J'ai peur de ne pouvoir le dire."

"... ce n'est pas juste."

"Je pense que c'est extrêmement juste," dit le professeur Quirrell, et ils entrèrent, passant les portes de bronze.

Il était presque midi, et Harry et le professeur Quirrell étaient assis aux extrémités d'une table longue, large, et plate, dans une pièce privée somptueusement apprêtée, dotée de canapés et de chaises minutieusement rembourrés répartis le long des murs et de rideaux épais qui pendaient un peu partout.

Ils étaient sur le point de déjeuner chez Marie, dont le professeur Quirrell avait dit que c'était selon lui l'un des meilleurs restaurants du Chemin de Traverse, en particulier pour - sa voix baissa d'un ton, chargée de sous-entendus - qui avait certains desseins.

C'était le meilleur restaurant où Harry avait été, et le fait que le professeur Quirrell était celui qui invitait le rongeait vraiment.

La première partie de la mission consistait à trouver un précepteur d'Occlumancie et cela s'était soldé par un succès. Le professeur Quirrell, en souriant d'un air démoniaque, avait dit à Gripsec de recommander le meilleur qu'il connaisse et de ne pas se soucier des dépenses puisque c'était Dumbledore qui payait ; et le Gobelin avait sourit en retour. Il y avait peut-être aussi eu quelques sourires du côté de Harry.

La deuxième partie du plan avait été un échec complet.

Harry n'était pas autorisé à retirer de l'argent de son coffre-fort si le directeur de Poudlard ou un autre officiel de l'école n'était pas présent, et le professeur Quirrell ne s'était pas vu remettre la clé du coffre. Les parents Moldus de Harry ne pouvaient pas l'y autoriser parce qu'ils étaient des Moldus, et les Moldus avaient à peu près le même statut juridique que des enfants ou des bébés chats : ils étaient mignons, donc si vous les torturiez en public, vous pouviez vous faire arrêter, mais ce n'étaient pas des gens. Une clause avait été ajoutée avec réticence afin de reconnaître les parents de nés-Moldus comme des êtres humains à titre limité, mais les parents adoptifs de Harry n'entraient pas dans cette catégorie juridique.

Il semblait qu'aux yeux du monde magique, Harry était un orphelin de fait. En tant que tel, le directeur de Poudlard ou ceux désignés par lui au sein du système scolaire étaient les gardiens de Harry jusqu'à ce qu'il obtienne ses diplômes. Harry pouvait respirer sans autorisation de Dumbledore, mais seulement si le directeur ne l'interdisait pas spécifiquement.

Harry avait alors demandé à Gripsec s'il pouvait simplement lui dire comment diversifier ses investissements à plus que des piles de pièces d'or posées dans un coffre-fort.

Gripsec l'avait regardé d'un œil vide et lui avait demandé ce que 'diversifier' voulait dire.

Il semblait que les banques ne faisaient pas d'investissements. Les banques stockaient vos pièces d'or dans des coffres-forts protégés en échange de frais annuels.

Le monde magique n'avait pas de concept d'action. Ni de capitaux propres. Ni d'entreprise. Les affaires étaient menées par des familles à partir de leurs coffres-forts personnels.

Les prêts étaient accordés par les gens riches, pas par les banques. Même si Gringotts se serait porté témoin du contrat en échange d'honoraires et aurait fait respecter sa collecte pour des honoraires bien plus élevés.

Les gentils riches laissaient leurs amis emprunter de l'argent et rembourser quand ils pouvaient. Les méchants riches vous faisaient payer un intérêt.

Il n'y avait pas de marché secondaire des emprunts.

Les méchants riches vous faisaient payer un intérêt annuel d'au moins 20%.

Harry s'était levé, puis il s'était détourné, et il avait laissé sa tête reposer contre un mur.

Harry avait demandé s'il avait besoin de l'autorisation du directeur pour pouvoir ouvrir une banque.

Le professeur Quirrell avait alors interrompu la conversation, disant qu'il était l'heure d'aller déjeuner, et il avait prestement reconduit un Harry fulminant à travers les portes de bronze de Gringotts, à travers le Chemin de Traverse, et jusqu'à un excellent restaurant nommé Chez Marie, où une pièce leur avait été réservée. Le propriétaire avait eu l'air choqué de voir le professeur Quirrell accompagné par Harry Potter, mais il les avait conduits jusqu'à la pièce sans se plaindre.

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