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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Quant à mon cœur, il est parfaitement tranquille. Lagouache est guéri. Il a prié Marie de lui procurer un moment d’entretien particulier avec moi, avant son départ de Paris: j’y ai consenti; mais j’en avais averti M. le marquis, et j’ai voulu qu’il en fût témoin secret. Lagouache est entré humblement. «Mademoiselle, j’ai bien des pardons à vous demander, des excuses à vous faire, d’avoir… – Rien du tout, monsieur: vous m’avez rendu service, par toutes ces choses-là que vous me priez d’oublier. Je ne m’en souviens, que pour vous en avoir obligation: et si vous voulez faire le voyage de Rome, je m’offre de vous recommander à M. le marquis? – Ah! mademoiselle! le voyage de Rome!… – Il faut que vous quittiez Paris, et à votre place, je profiterais de cette nécessité, pour faire un voyage utile à mes progrès: j’aurai soin que M. le marquis fournisse à votre entretien. – Quoi! vous m’abandonnez! – Vous le mériteriez; mais je ne vous abandonne pas.» J’étais convenue avec le marquis, qu’il paraîtrait à un signaclass="underline" je l’ai fait, dans la crainte qu’il n’échappât quelque indiscrétion à Lagouache. Le marquis est entré sur-le-champ, comme s’il fût arrivé, et m’a demandé sèchement, ce que je voulais à ce garçon. «Je lui promettais que vous vous intéresserez, pour lui, et que vous lui donnerez les moyens de faire le voyage de Rome. – J’y consens, à votre considération, madame, pourvu qu’il parte demain.» Il l’a congédié, en achevant ces mots, et j’en suis débarrassée.

Voilà, je crois, toutes mes affaires jusqu’à présent, l’ami. Vous devez vous apercevoir que je suis assez fidèlement vos conseils, du moins, autant que me le permet l’humaine fragilité. Pardonnez les fautes; et si vous trouvez que vos élèves ne vont pas aussi bien que vous le voudriez, venez nous mettre de bouche dans, la bonne voie.

P.-S. – Mme Canon ignore les arrangements actuels; elle m’a fait témoigner son étonnement de ne pas me revoir. Je n’oublie pas Laure; mais je ne voulais en parler qu’en hors-d’œuvre: je ne suis pas contente d’elle. Je désire beaucoup votre arrivée par cette seconde raison.

Lettre 107. Réponse.

[Il éteint la délicatesse de l’amour, et parle bien contre les spectacles, qu’il tourne en ridicule, l’inconcevable homme!].

25 avril.

Je n’oublie pas Laure…, je ne suis pas contente d’elle. Je désire beaucoup votre arrivée, par cette seconde raison. Ma belle, est-ce que vous me croyez jaloux? Quoi! l’homme qui sacrifierait à son ami, son bien, son honneur, tout l’agrément de sa vie (parce que l’amitié satisfaite le lui rendrait au centuple), cet homme ne lui céderait pas une femme!… Vous avez encore bien des préjugés, belle Ursule, même après être montée sur le théâtre, le moins scrupuleux de tous, l’Opéra! Tranquillisez-vous, ma belle! si c’est mon plaisir à moi qu’on me trompe, il ne faut pas disputer des goûts. L’égoïsme est un vice partout, même en amour; C’est lui, lui seul qui traite de débauche l’aimable liberté de la nature, et qui, par la contrariété, le plus souvent la rend débauche, de liberté naturelle qu’elle était. Détichez-vous de ce malheureux égoïsme, belle Ursule, et sans donner dans la débauche, qui est toujours un mal, mettez à la mode une aimable communité. Quoi! vous si parfaite, vous seriez le partage d’un seul! mais par quel motif? pour mettre tous les autres au désespoir sans doute, et jouir en despote féroce de leurs tourments. Non, non; plus belle que Gaussin, vous serez en même temps plus humaine encore. Mais (et c’est ce que je ne cesserai de vous répéter), prêtresse du plaisir, de Vénus, ou de la beauté, de l’amour enfin, vous sentirez l’importance de votre ministère, vous ne l’avilirez, vous ne le profanerez pas. Mon avis serait que vous vous acquissiez le respect des hommes, par la manière dont vous les rendrez heureux; que vous leur élevassiez l’âme, au lieu de l’abrutir en cela bien différente de la Circé de la mythologie, qui n’était autre chose qu’une belle Abéléré, dont l’amusement fut de dégrader par la plus crapuleuse débauche ceux qu’elle avait enivrés de ses faveurs. J’abhorre cette espèce de femmes. Je ne trouve pas même Ninon assez délicate: elle avait, dans l’exercice du sacerdoce amoureux, des légèretés choquantes. Je ne vous parlerai pas des actrices dont vous avez presque été la compagne: le trait des noyaux de cerise excite mon indignation à un point que je souffletterais la nymphe, si elle était là.

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