Maupassant
- Автор: Де Мопассан Ги
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Neuchateloises
- ISBN: ASIN: B005HFL90I
- Жанр: Другая драматургия
Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
Ils affirment que cette invisible et constante inquisition aura lieu par les moyens les moins prévus, et ils se chargent « de rechercher et de fournir tous les documents nécessaires pour séparation de corps ».
Non pas qu’on puisse supposer une seconde les valets de M. de Chaulnes sortis d’un établissement pareil ; mais on peut constater du moins que leur précieuse honnêteté a donné exactement les mêmes résultats que la discrète surveillance des mouchards à gages qu’on se procure si facilement chez les marchands de documents pour séparation de corps.
O vertueux serviteurs, je vous aimerais mieux, je crois, un peu moins probes !
M. de Chaulnes fut, paraît-il, un très brave et très digne gentilhomme d’un autre temps, du bon vieux temps, comme ses domestiques. Eh bien, si j’étais femme, je n’aimerais pas du tout, mais pas du tout, un époux des époques passées. En lisant ce curieux procès, on plaint assurément cet homme simple, et trop candide, et trop honnête pour son siècle ; mais on plaint aussi la jeune et belle fille mariée à cet ascète fanatique.
Et, si j’étais juge…
Oh ! Si j’étais juge, je me montrerais peut-être fort sévère pour la jeune et charmante duchesse qui excite en ce moment la pitié galante des chroniqueurs.
Non pas que je m’étonne, comme ses valets, de ses écarts ; loin de moi cette rigueur et cette intolérance : mais je trouve abominable, monstrueux, révoltant qu’on ait pu rencontrer dans le corsage de cette femme, qu’on assure une des plus séduisantes du monde, et dont ledit corsage doit être, en conséquence, un des endroits la plus poétiques du globe, des vers aussi plats que ceux cités déjà dans ce journal. Relisons-les :
On peut être un fort galant homme et un fort mauvais poète ; mais alors pourquoi montrer plus de prétentions que M. Jourdain ?
« Belle duchesse, vos beaux yeux me font mourir d’amour », aurait écrit simplement le bourgeois gentilhomme ; c’est de la prose, cela ; mais
m’aurait enlevé, je l’avoue, toute velléité de faiblesse pour un amoureux aussi privé de qualités poétiques.
Oui, cette absence de littérature m’aurait gâté les sentiments les plus exaltés ; l’envoi de ce morceau rappelle trop vivement les déclarations de pompier à cuisinière : « Ma bele pouxpoule, je taicri pourre te dir que je viendré mangé un boutlion de mains çoir… »
Comment nous attendrir maintenant ? La duchesse est exquise, dit-on — oui ; mais songer que son corsage est un séjour orné de pareils vers de mirliton !
Elle a des yeux d’ange — c’est possible ; — mais quand on pense que ces yeux-là ont dû pleurer sur la fleur bénie (pourquoi bénie ?)
Et puis, pour peu qu’on soit poète soi-même, quand on rêve en quel endroit délicieux ces vers, dignes de Bossuet, s’étaient blottis, quand on se dit qu’ils y ont été. ; trouvés, et qu’il y en a peut-être encore de semblables, en ce lieu !.. Oh ! Seigneur, faites que je ne trouve jamais une déclaration rimée ainsi dans la poitrine de ma bien-aimée ! Elle me deviendrait odieuse à jamais — ces simples mots : bénie — séjour — rajeunie — amour — étoile — sommeil — voile — réveil — inconstance — amours — espérance — toujours — suffiraient à déparfumer pour moi éternellement ces deux fleurs, bénies ou non.
Quand on est beau garçon, séduisant, galant homme, large d’épaules et orné d’une fine moustache (la moustache est indispensable pour être follement aimé) ; quand on a enfin tous les dehors qu’il faut pour plaire ; quelle folie de montrer ses dedans !
Ô séducteurs, séducteurs coquets : Acta, non verba, croyez-moi !
George Sand a eu, toute sa vie, à combattre le préjugé ; et il est curieux de suivre dans ses lettres ses luttes continuelles contre ses plus fidèles amis, qui ne pouvaient s’accoutumer aux allures libres, à la large indépendance d’esprit et de mœurs, de cette femme en qui la nature s’était trompée.
Que la société, cette portière à cancans, que les gens du monde, ces « sépulcres blanchis », aient fait un crime à cette révoltée de ses allures cavalières et de son profond mépris de l’opinion, on le comprend ; mais il est curieux que les hommes d’esprit eux-mêmes aient presque tous montré cette étroitesse, ces crises de sainte prud’homie.
L’homme, en jugeant la femme, n’est jamais juste ; il la considère toujours comme une sorte de propriété réservée au mâle, qui conserve le droit absolu de la gouverner, moraliser, séquestrer à sa guise ; et une femme indépendante l’exaspère comme un socialiste peut exaspérer un roi.
« L’opinion, dit George Sand, c’est, d’un côté, l’intolérance des femmes laides, froides ou lâches ; de l’autre, c’est la censure railleuse ou insultante des hommes qui ne veulent plus de femmes dévotes, qui ne veulent pas encore de femmes éclairées, et qui veulent toujours des femmes fidèles. Or, il n’est pas facile que la femme soit philosophe et chaste à la fois…
« L’opinion, c’est la règle des gens sans âme et sans vertu… L’opinion que je respecte, c’est celle de mes amis. »
Dans une fort belle lettre à sa mère, elle dit : " Vous, ma chère maman, vous avez souffert de l’intolérant des fausses vertus des gens à grands principes… »
Et d’autre part : « Mon esprit antisocial et ma mépris pour tout ce que la plupart des homme respectent. »
Et on trouve, en effet, dans toute la correspondant de cette femme une série d’axiomes philosophiques d’une surprenante largeur, d’une vérité inflexible et d’une tranquille sérénité dont on pourrait faire un Manuel des rapports sociaux.
Peu d’êtres assurément ont eu un plus vif sentiment de la liberté, un plus profond respect de la nature des autres et une plus complète tolérance pour les défauts ou plutôt pour les divergences de tempérament de ses amis. Elle établit des principes d’amitié et de camaraderie avec une sagesse rare et souriante. Elle dit :
« J’accepte tous les caractères, tels qu’ils sont, parce que je ne crois guère qu’il soit au pouvoir de l’homme de refaire son tempérament, de faire dominer le système nerveux sur le sanguin ou le bilieux sur le lymphatique. Je crois que notre manière d’être dans l’habitude de la vie tient essentiellement à notre organisation physique, et je ne ferai un crime à personne d’être semblable à moi ou différent de moi. Ce dont je m’occupe, c’est du fond des pensées et des sentiments sérieux…