Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
Mais Harry secoua la tête. "Par les cieux, non !"
"Non... ?"
"Tu ne serais pas partant, et moi non plus," dit Harry. "C'est notre monde, on ne veut pas le briser. Mais, par exemple, imagine que Lucius pense que la Conspiration est ton outil et que tu es de son côté, que Dumbledore pense que la Conspiration est mienne et que je suis de son côté, que Lucius pense que tu m'as fait changer de camp et que Dumbledore croit que la Conspiration est mienne, et que Dumbledore pense que je t'ai fait changer de camp et que Lucius croit que la Conspiration est tienne. Ils nous aideraient alors tous les deux mais seulement de façon à ce que l'autre ne puisse le remarquer."
Draco n'eut pas à faire semblant d'être sans voix.
Père l'avait un jour emmené voir une pièce nommée La Tragédie de Light, qui racontait l'histoire de ce Serpentard incroyablement intelligent nommé Light qui s'était résolu à purifier le monde de toute sa noirceur en utilisant un anneau ancien capable de tuer toute personne dont il aurait connu le nom et le visage, et ce Light faisait face à un autre Serpentard incroyablement intelligent, un méchant nommé Lawliet, qui portait un déguisement lui permettant de dissimuler son vrai visage ; Draco avait crié et s'était réjoui à tous les bons moment, en particulier au milieu ; et alors la pièce avait mal fini et Draco avait été énormément déçu et Père avait gentiment fait remarquer que le mot Tragédie était là juste au milieu du titre.
Ensuite, Père avait demandé à Draco s'il comprenait pourquoi ils étaient allés voir cette pièce.
Draco avait répondu que c'était pour lui apprendre à être aussi fourbe que Light et Lawliet quand il serait grand.
Père avait dit à Draco qu'il aurait difficilement pu plus se tromper et il lui avait fait remarquer que, bien que Lawliet ait intelligemment dissimulé son visage, il n'avait eu aucune bonne raison de donner son nom à Light. Père avait alors continué de démolir à peu près chaque partie de la pièce et Draco avait écouté, ses yeux s'écarquillant de plus en plus. Et Père avait finit par dire que les pièces comme celle-ci étaient toujours invraisemblables, parce que si le dramaturge avait su ce que quelqu'un de vraiment aussi intelligent que Light aurait vraiment fait, il aurait essayé de conquérir le monde lui-même au lieu de juste écrire des pièces sur le sujet.
C'est alors que Père avait enseigné à Draco la Règle des Trois, qui disait qu'un complot nécessitant que trois choses différentes surviennent ne fonctionnerait jamais dans le monde réel.
Père avait ensuite expliqué que puisque seul un idiot essaierait de faire un complot aussi compliqué que possible, la vraie limite était deux.
Draco ne pouvait pas trouver les mots qui lui auraient permis de décrire la gargantuesque infaisabilité du plan de Harry.
Mais c'était exactement le genre d'erreur que vous faisiez quand vous n'aviez pas de mentors et que vous pensiez que vous étiez intelligents et que vous aviez appris à comploter en regardant des pièces de théâtre.
"Donc," dit Harry, "que penses-tu de ce plan ?"
"C'est malin..." dit lentement Draco. S'écrier génial ! et manquer d'air sous l'effet de l'admiration aurait été trop suspicieux. "Harry, je peux te poser une question ?"
"Bien sûr," dit Harry.
"Pourquoi as-tu acheté une bourse coûteuse à Granger ?"
"Pour ne pas avoir l'air rancunier," répondit immédiatement Harry. "Mais je m'attends aussi à ce qu'elle éprouve de la difficulté à refuser toute petite requête que je pourrais lui faire dans les deux mois à venir."
Et c'est alors que Draco comprit que Harry essayait vraiment d'être son ami.
Le coup de Harry contre Granger avait été intelligent, peut-être même brillant. Diminuer les soupçons de votre ennemi et en faire votre débiteur grâce à un moyen amical, afin de pouvoir leur faire faire ce que vous vouliez qu'ils fassent simplement en le leur demandant. Draco n'aurait pas pu faire ça car sa cible aurait eu trop de soupçons, mais le Survivant, lui, pouvait. La première étape du plan de Harry était donc d'offrir un cadeau très cher à son ennemi. Draco n'y aurait pas pensé mais ça pouvait marcher...
Si vous étiez l'ennemi de Harry, ses plans seraient peut-être difficile à déchiffrer au premier abord, ils auraient peut-être même l'air stupides, mais une fois que vous les auriez compris, son raisonnement se tiendrait, vous comprendriez qu'il essayait de vous faire du mal.
La façon dont Harry se comportait envers Draco n'avait aucun sens.
Parce que si vous étiez l'ami de Harry, alors il essayait d'être votre ami de la façon étrange et incompréhensible que les Moldus lui avaient enseignée, même si ça voulait dire qu'il allait détruire votre vie.
Le silence s'étira.
"Je sais que j'ai horriblement malmené notre amitié," dit enfin Harry. "Mais Draco, s'il te plaît, rends-toi compte que je voulais juste que nous découvrions la vérité ensemble. Est-ce quelque chose que tu peux me pardonner ?"
Deux sentiers qui bifurquent, mais un seul où le retour en arrière serait facile si jamais Draco changeait d'avis...
"Je crois que je comprends ce que tu essayais de faire," mentit Draco, "donc oui."
Les yeux de Harry s'éclairèrent. "Je suis heureux d'entendre ça, Draco," dit-il doucement.
Les deux élèves se tenaient dans l'alcôve, Harry trempé dans le rayon de soleil solitaire, Draco dans la pénombre.
Et Draco se rendit compte avec horreur et désespoir que, bien que ce fut un funeste destin que d'être l'ami de Harry, ce dernier avait maintenant tellement de moyens de le menacer qu'être son ennemi serait encore pire.
Probablement.
Peut-être.
Eh bien, il pourrait toujours changer et devenir son ennemi plus tard...
Il était foutu.
"Et donc," dit Draco, "on fait quoi maintenant ?"
"On étudie encore samedi prochain ?"
"Ça a intérêt à ne pas être comme la dernière fois -"
"Ne t'en fais pas, ce ne sera pas le cas," dit Harry. "Quelques samedis de plus comme celui-ci et tu me dépasseras."
Harry rit. Pas Draco.
"Oh, et avant que tu y ailles," dit Harry, et il sourit d'un air penaud. "Je sais que ce n'est pas un moment bien choisi, mais à vrai dire je voulais te demander conseil."
"D'accord," dit Draco, encore distrait par la phrase précédente.
Le regard de Harry s'intensifia. "Acheter cette bourse pour Granger a utilisé la majeure partie de l'argent que j'étais parvenu à voler dans mon coffre-fort de Gringotts -"
Quoi.
"- et McGonagall a la clé du coffre-fort, ou bien peut-être que c'est Dumbledore qui l'a maintenant. Et j'allais juste commencer un plan qui va coûter pas mal d'argent, alors je me demandais si tu savais comment je pourrais accéder -"
"Je te prêterai l'argent," dit la bouche de Draco, mue par un pur réflexe existentiel.
Harry sembla surpris - agréablement. "Draco, tu n'as pas à -"
"Combien ?"
Harry énonça le montant et Draco ne put empêcher le choc d'être visible sur son visage. C'était à peu près tout l'argent de poche que Père lui avait donné pour l'année, Draco n'aurait plus que quelques Gallions -
Puis Draco se frappa mentalement. Tout ce qu'il avait à faire était d'écrire à Père que l'argent avait disparu parce qu'il était parvenu à le prêter à Harry Potter, et Père lui enverrait un message de félicitations écrit à l'encre d'or, une grenouille en chocolat géante qu'il mettrait deux semaines à manger et le décuple de la somme juste au cas où Harry Potter aurait besoin d'un autre prêt.