Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]
Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]

Электронная книга - «Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]». Краткое содержание книги:

Jason Taverner est un homme comblé : toutes les semaines, 30 millions de Fans regardent son show télévisé.
Mais il se réveille un matin dans une chambre d'hôtel sordide pour s'apercevoir que son identité s'est évanouie sans laisser de trace : même sa maîtresse, la belle Heather Hart, ne se souvient plus de lui.
Une situation pour le moins inconfortable, dans un Etat ultra-policier où tout défaut de papiers d'identité suffit à vous faire expédier dans un camp de travail…
Seulement voilà : ce n'est pas un homme comme les autres. Produit d'une expérience secrète, Taverner est un six, un mutant aux nerfs d'acier qui mènera une lutte sans merci, sous les yeux d'un pol sentimental, contre la folie où vient de basculer le monde…
1 ... 7 8 9 10 11 12 13 14 15 ... 63
Перейти на страницу:

Il compatissait, ayant souvent pensé que la franchise était une vertu surestimée. Dans la plupart des cas, un mensonge dicté par la compassion était plus efficace et plus miséricordieux. Surtout entre les hommes et les femmes. En fait, chaque fois qu’une femme était impliquée.

Certes, Kathy n’était pas à proprement parler une femme, mais une adolescente. Aussi, ce genre de mensonge était-il encore plus nécessaire.

— C’est un érudit et un artiste, dit-il.

— Vraiment ?

Elle le regarda avec espoir.

— Oui.

Elle poussa un soupir de soulagement.

— Alors vous croyez, dit-il, sautant sur l’occasion, que j’ai connu Michael Hazeltine, le plus grand metteur en scène vivant, vous l’avez dit vous-même. Ainsi, vous croyez que je suis un six…

Il s’interrompit. Il n’avait pas eu l’intention de prononcer ces mots.

— Un six ? répéta Kathy en plissant le front comme si elle fouillait dans ses souvenirs. J’ai lu quelque chose là-dessus dans Time. Ne sont-ils pas tous morts à présent ? Le gouvernement ne les a-t-il pas tous rassemblés et exécutés après que leur chef… comment s’appelait-il déjà ? Teagarden… Oui, c’est bien ça… Willard Teagarden eut essayé de… comment dit-on ?… fomenter un coup d’État contre les nats fédéraux ? Il tenta de les dissoudre en tant qu’organisation paramutuelle illégale…

— Paramilitaire, rectifia Jason.

— Vous vous moquez absolument de ce que je raconte.

— Pas du tout.

Il était sincère. Il attendit. Comme Kathy gardait le silence, il s’écria :

— Terminez donc ce que vous disiez !

— Je crois, reprit Kathy, que ce sont les sept qui ont fait avorter l’affaire.

Les sept… C’était la première fois de sa vie que Jason entendait parler d’eux et rien n’aurait pu le stupéfier davantage. Heureusement que j’ai commis ce lapsus, se dit-il. Maintenant, j’ai vraiment appris quelque chose. Enfin… dans ce labyrinthe de confusions et de demi-réalité.

Une petite section du mur s’entrouvrit en grinçant et un chat noir et blanc, tout jeune, entra. Kathy, radieuse, le prit aussitôt dans ses bras.

— La philosophie de Dinman, dit Jason. Le chat médiateur.

C’était un concept qu’il connaissait bien. Il avait présenté Dinman aux téléspectateurs lors de l’un de ses shows spéciaux de l’automne.

— Non, je l’aime, c’est tout, répliqua Kathy, les yeux brillants, en lui présentant le chaton pour qu’il le regarde.

Jason caressa la tête de l’animal.

— Mais vous êtes persuadée que si une personne possède un animal, ça augmente son empathie.

— Fichez-moi la paix ! s’écria Kathy en pressant le chat contre son cou, comme fait une gamine de cinq ans avec son premier animal. Le fétiche de la classe : le cochon d’Inde communautaire. Il s’appelle Domenico.

— En l’honneur de Domenico Scarlatti ?

— Non, d’après le marché Domenico, en bas de la rue. Nous sommes passés devant en venant. Quand j’habite l’Appartement Mineur – cette chambre –, c’est là que je fais mes courses. Domenico Scarlatti, ce n’est pas un musicien ? Je crois avoir entendu parler de lui.

— C’est le professeur d’anglais du lycée Abraham-Lincoln.

— Oh !

Elle secoua distraitement le menton tout en berçant son chat.

— Je me moque de vous et c’est moche, dit Jason. Pardonnez-moi.

Elle le considéra d’un air grave et murmura :

— Je ne m’en serais pas rendu compte.

— C’est justement pour ça que c’est moche.

— Pourquoi ? Si je ne m’en rends pas compte ? Je veux dire, cela signifie que je ne suis qu’une gourde. N’est-ce pas ?

— Pas du tout. Vous êtes inexpérimentée, simplement. (Il calcula approximativement la différence d’âge.) Je suis deux fois plus vieux que vous et, depuis dix ans, j’ai eu l’occasion de coudoyer les célébrités les plus illustres de la Terre. De plus…

— De plus, vous êtes un six.

Elle n’avait pas oublié son lapsus. Bien sûr que non. Il pouvait lui raconter trente-six mille choses dont elle ne garderait plus aucun souvenir dix minutes plus tard, à l’exception du seul vrai lapsus. Ainsi va le monde. Il avait fini par se faire une raison en son temps. C’était l’apanage de l’âge qu’il avait, pas de celui de Kathy.

— Qu’est-ce que Domenico représente pour vous ? demanda-t-il, changeant de sujet (sans beaucoup de finesse, il en avait conscience, mais il continua). Qu’est-ce qu’il vous apporte que les êtres humains ne vous apportent pas ?

Elle fronça les sourcils, la mine songeuse.

— Il est toujours occupé, il a toujours quelque chose à faire. Poursuivre un cafard, par exemple. Il sait attraper les mouches à merveille. Il les mange avant qu’elles s’envolent. (Elle lui sourit gentiment.) Et je n’ai pas à me demander si je dois ou non le dénoncer à M. McNulty. M. McNulty est mon contact pol. Je lui donne les récepteurs correspondant aux micro-émetteurs… Les petits points que je vous ai montrés.

— Il vous paye ?

Elle fit signe que oui.

— Et pourtant, vous vivez comme ça ?

— Je… (La réponse eut du mal à sortir.) Je n’ai pas beaucoup de clients.

— Ne dites pas de bêtises. Vous vous défendez bien. Je vous ai regardée travailler. Vous avez de l’expérience.

— Disons un certain talent.

— Peut-être, mais un talent que vous avez développé.

— D’accord. Tout ce que je gagne va dans l’appartement que j’ai en ville. Mon Appartement Majeur.

Elle grinça des dents, n’appréciant pas d’être ainsi bousculée.

— Non.

Jason n’en croyait pas un mot.

— Mon mari est vivant, reprit Kathy après un silence. Il est dans un camp de travail en Alaska. J’essaye de l’en faire sortir en donnant des renseignements à M. McNulty. Dans un an… (Elle haussa les épaules. À présent, son expression était maussade. Introvertie.) Il m’a dit que Jack pourrait être libéré. Qu’il rentrerait.

Et tu envoies les autres dans les camps pour récupérer ton mari, songea Jason en son for intérieur. Le marché policier typique. C’est probablement la vérité.

— C’est tout bénéfice pour la police, fit-il tout haut. Ils relâchent un homme en échange de… À combien de types avez-vous collé des mouchards ? Quelques dizaines ? Quelques centaines ?

Elle réfléchit avant de répondre.

— Dans les cent cinquante.

— C’est mal.

— Vous croyez ? (Elle lui décocha un regard craintif en serrant très fort Domenico contre sa poitrine plate. Et puis, petit à petit, la colère s’empara d’elle. Cela se voyait sur sa physionomie, à la façon dont elle écrasait le chat contre sa cage thoracique.) Je m’en fous ! s’exclama-t-elle sur un ton farouche en secouant la tête. J’aime Jack et il m’aime. Il m’écrit tout le temps.

— De fausses lettres fabriquées par des gens à la solde des pols, lança-t-il avec cruauté.

Des larmes jaillirent des yeux de Kathy en quantité considérable, brouillant son regard.

— Vous croyez ? Il y a des moments où je le pense, moi aussi. Vous voulez les voir ? Est-ce que vous pourriez vous rendre compte si ce sont des faux ou pas ?

— Elles sont probablement authentiques. Il est à la fois plus économique et plus simple de le garder vivant et de le laisser écrire lui-même.

Comme il l’espérait, ces paroles apaisèrent Kathy dont les larmes se tarirent.

— Je n’avais pas pensé à ça.

Elle opina, mais son sourire ne revenait pas. Le regard pensif, l’air perdue, elle continuait de bercer le chaton noir et blanc. Jason reprit, plus prudemment cette fois :

1 ... 7 8 9 10 11 12 13 14 15 ... 63
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)