La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
- Автор: Bretonne Nicolas-Edme Retif de la
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:
Votre affectionné.
P.-S. – Renvoyez-moi ma lettre. Le conseil que je vous donne est de la plus grande conséquence: soit de ma part, soit de celle d’Ursule. Vous connaissez ma prudence, et mon pouvoir.
Lettre 90. Ursule, à Lagouache.
[Elle lui donne rendez-vous pour l’enlever.].
Trouve-toi ce soir avec un carrosse à la porte, de la maison: je descendrai sans bruit, entre dix, onze heures, ou minuit; mais sois prêt dès les dix heures. Mon frère s’est emparé, il n’y a qu’une heure, du consentement de mes parents, et il n’y a pas espérance de le ravoir de ses mains. Il y a toute apparence qu’il venait de recevoir une lettre, que je soupçonne de chez nous, de M. Gaudet, ou de Mme Parangon. Peut-être que demain il ne serait plus temps. J’emporterai avec moi ce que j’ai de plus précieux. Surtout ne manque pas!
À ce soir, mon ami.
Lettre 91. Réponse.
[Il répond d’après la lettre qu’il a reçue de Gaudet.].
Même jour.
Foin des fames depui que je te connes jé plu de cassetete qu’an toute ma vie vla quinz jour que tu me tourmente pour tanlevé ma foi anleve toi toi maime jé bel afaire dalé me faire des affaires acose de toi i lais vrai que je teme mes on a bo emer les jans cant ilia du risque serviteur inci giré si je peu ou sinon je niré pa ces bin drol qui falle faire tout ce que tu veu i fot faire oci un peu ce que je veu moi é jespaire que tu le fera cant nou ceron marié mes tais si joli qui fo bien te pardoné inci giré a leure dite mes ne me fet pas croqué le marmo pandan deuz heures o moins je t’embrasse.
LAGOUACHE.
P.-S. – De Laure, à laquelle cette lettre fut remise:
Je viens à l’instant de recevoir une lettre de M. Lagouache, qui m’est adressée, sous enveloppe, pour que je te la fasse parvenir, chère cousine: je l’ai copiée exactement dans sa belle orthographe, car je garde l’original, pour le montrer à M. Gaudet, et le faire rougir de son protégé. Je te demande pardon de cette petite liberté: mais il y a en vérité pour rire de ton choix! ton goût pour les beaux esprits, est décidé; te voilà Ninon! Adieu. Tu me feras savoir de tes nouvelles, j’espère? Je garde tous les secrets qu’on me confie; je divulgue tous ceux que j’attrape.
Lettre 92. Lagouache, à Pastourel, son ami.
[Il montre sa bassesse et sa poltronnerie.].
Même jour.
Ma foi cet a se soir que je la quiens com sa sera la nuit é con ne set pas se qui peut arriver trouve toi pas loin de sa porte pour que cil arivet queq chose jus quecun pour me secouri car voi tu ge ne me fi o fames que de la bonne sorte é puis son frere qui ais une lame dame i fot prande garde un peu a soi dan les cas com celui ou me voila i fodra avoir ave toi cin ou si de nos camarade je vous dedommageré de tout sa un queq jour je sui ben faché que tu naye pas été che toi je tores dit ben dote chose car je ne suis pas san zavoir de linquiétud o sujet de ce que tu me marquede Mr Godai qui ais un hom qui a lais bras lon gai peur qui gniait queq finece caché ladsous il y a oci le marqui de *** par tout sa i fo que mais bons zamis se trouve a porté de me secouri can ca cera fai ma foi vog la galair tan quel tan quel e vog la galair tan quel pourra voger la fill est riche queq j risque don.
LAGOUACHE.
Lettre 93. Laure, à Gaudet.
[On voit qu’elle ne sait pas tous les desseins du corrupteur.].
20 décembre.
C’est fait; ils sont ensemble d’hier: je le tiens de Lagouache; ils ont pris un appartement dans une maison borgne d’une très vilaine rue de la Cité. La cachette est excellente! on n’irait jamais les chercher là: mais j’y pourvoirai. Pars, ou dirige ma conduite. Ton silence me laissera maîtresse d’agir à ma tête; et tu vois d’ici, que je ne tarderai pas à les découvrir à Edmond. Il est furieux. C’est un excès de colère, d’emportement!… Je crains fort pour Lagouache. Le marquis est dans une inquiétude!… Il ne sait que penser de cette démarche. Je lui ai dit que je ne croyais pas que les deux fugitifs fussent ensemble qu’Ursule n’ayant pour but que de forcer ses parents à consentir à son mariage, elle prenait sûrement toutes les précautions possibles, pour n’avoir rien à se reprocher du côté de la conduite. J’ai dit ce que la folle aurait dû faire. Voilà donc comme sont les filles, quand la passion les aveugle, et qu’elles ne peuvent plus se dire: «Jamais un homme ne m’a touchée!» C’est comme moi (car on peut se citer); aurais-je pu me résoudre jamais à écouter les vœux d’un certain homme, tout aimable qu’il est, sans… À propos, cet accident me délivre d’une grande attaque, et l’homme dont je parlais, d’un rival dangereux! Ces jours passés, Edmond m’en contait, mais très vivement, et en vérité il faut être fidèle, comme je la suis, n’ayant, plus rien qui me retienne d’un autre côté, pour être demeurée cruelle!… Je crois qu’un homme prudent ne doit jamais faire un esprit fort de sa femme ou de sa maîtresse, s’il veut qu’elle ne le trompe pas: c’est un avis que je donne à l’homme en question. S’il faut un frein aux hommes, il en faudrait dix aux femmes; je l’ai déjà senti, et Ursule me le prouve.