Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]
Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]

Электронная книга - «Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]». Краткое содержание книги:

Apostat. Fugitif. Conquérant.
Il s’appelle Julian Comstock ; il est le neveu du président des États-Unis.
Son père, le général Bryce Comstock, a été pendu pour trahison (on murmure qu’il était innocent de ce crime).
Julian est né dans une Amérique à jamais privée de pétrole, une Amérique étendue à soixante états, tenue de main de maître par l’Église du Dominion. Un pays en ruine, exsangue, en guerre au Labrador contre les forces mitteleuropéennes. Un combat acharné pour exploiter les ultimes ressources naturelles nord-américaines.
On le connaît désormais sous le nom de Julian l’agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Ceci est l’histoire de ce qu’il a cru bon et juste, l’histoire de ses victoires et défaites, militaires et politiques.
Fresque post-apocalyptique, western du XXIIe siècle, fulgurant hommage à Mark Twain, Julian est le plus atypique des romans de Robert Charles Wilson. Une réussite majeure et une critique sans concession des politiques environnementales actuelles.
1 ... 102 103 104 105 106 107 108 109 110 ... 150
Перейти на страницу:

« Attends, tu verras », a répondu Julian.

Le lendemain, au lieu d’attaquer les forces mitteleuropéennes, nous avons échangé des prisonniers avec elles.

J’ai accompagné Julian quand il s’est rendu aux tranchées pour superviser l’échange, qui s’est déroulé sous un drapeau de trêve. Les Hollandais ont traversé en courant le no man’s land, leur drapeau blanc au vent, et un nombre identique de nos hommes est arrivé dans l’autre sens. Il n’y a eu aucune cérémonie, rien qu’un cessez-le-feu de courte durée, et une fois l’opération achevée, les tireurs isolés hollandais ont repris leur pratique mortelle tandis que l’artillerie ennemie se préparait à nouveau à lâcher de vaines salves.

« Les prisonniers que nous avons relâchés, ai-je dit à Julian qui frissonnait dans une tranchée reculée, ils savent, pour le test d’hier soir ?

— Je m’étais assuré qu’on leur donnerait un cantonnement bien orienté. Ils avaient une vue parfaite.

— Et ton objectif est d’ajouter leur témoignage aux rumeurs qui circulent déjà chez les Hollandais, dont le message que tu m’as dicté en supposant que le soldat Langers allait céder à la tentation ?

— Exactement.

— Eh bien, tout cela est du très bon théâtre, Julian…

— De la guerre psychologique.

— D’accord, si c’est le nom qu’on lui donne. Mais tôt ou tard, le psychologique doit le céder au physique.

— C’est prévu. J’ai donné l’ordre de se préparer au combat. Nous dormons ce soir dans nos positions avancées et nous attaquons avant l’aube. Il faut frapper avant que la panique se dissipe chez les Hollandais. »

J’ai attrapé Julian par la manche de sa vareuse bleu et jaune en loques afin d’être certain d’avoir toute son attention. Il faisait froid, dans cette tranchée, et malgré le vent qui nous cinglait, cela puait le sang et les déchets humains. Il n’y avait tout autour de nous que désolation. « Dis-moi la vérité… Quelque chose dans toute cette mascarade fera-t-il la différence, ou n’est-ce qu’un spectacle pour donner courage aux troupes ? »

Julian a hésité avant de répondre.

« Le moral est une arme aussi, a-t-il dit. Et j’aime à penser que j’ai accru notre arsenal au moins de cette manière immatérielle. Nous avons un avantage dont nous ne disposions pas jusqu’à présent. Et nous avons cruellement besoin de tous les avantages possibles. Tu penses à la maison, Adam ?

— Je pense à Calyxa », ai-je admis. Et à l’enfant qu’elle portait, même si je n’en avais pas parlé à Julian.

« Bien entendu, je ne peux rien promettre.

— Mais il y a de l’espoir ?

— Certainement. De l’espoir, oui… il y en a toujours… à défaut d’autre chose. »

Cet après-midi-là, j’ai écrit à Calyxa une autre lettre que j’ai glissée dans la poche boutonnée de ma chemise afin qu’on la trouvât sur moi si je mourais au combat. Ma lettre finirait peut-être par arriver à destination, sauf si elle était enterrée avec moi ou devenait un souvenir pour un fantassin mitteleuropéen… cela ne dépendait pas de moi.

J’ai envisagé de prier pour notre victoire, mais je n’étais pas sûr qu’on pût persuader Dieu d’intervenir dans un endroit aussi isolé et désolé[82]. De toute manière, je doutais que mes prières fussent bien reçues, vu mon statut confessionnel ambigu. Je ne me sentais pas l’esprit tranquille et j’aurais préféré ne pas avoir à affronter si vite la mort.

Comme Thanksgiving n’allait pas tarder, Julian a fait distribuer des rations supplémentaires à tout le monde, dont nos dernières réserves de viande (des bandes de bœuf salé, plus tous les chevaux dont nous pouvions nous passer… nous avions déjà mangé les mules). Si cela n’avait rien d’un véritable dîner de Thanksgiving tel que ma mère en aurait préparé à Williams Ford, avec par exemple une oie au four, des canneberges dérobées dans la cuisine de Duncan et Crowley ainsi qu’une tarte aux raisins secs accompagnée de crème épaisse, c’était toutefois davantage que nous n’avions eu depuis de nombreux jours. Le festin a dégarni notre garde-manger : il ne nous est plus resté ensuite que des biscuits sans sel, dont nous aurions besoin pour la marche si nous parvenions à briser le blocus de Striver.

L’hôpital de campagne était lugubre quand je m’y suis rendu ce soir-là. Un groupe de garçons de salle cherchait à rester dans l’esprit de Thanksgiving en interprétant des chants sacrés, mais sans véritable conviction. Nombre des blessés étaient intransportables et d’après le Dr Linch, il allait peut-être falloir les abandonner aux bons soins de l’armée mitteleuropéenne. Le choix de ceux qu’on emmènerait et de ceux qu’on laisserait lui incombait, obligation déplaisante qui le mettait d’humeur acerbe.

« Au moins, a dit le médecin, les hommes ont un peu plus chaud, ce soir… cet insupportable vent glacé s’est enfin arrêté. »

Il m’a fallu un moment pour comprendre la portée de ses propos, puis je me suis précipité dehors pour vérifier.

Le Dr Linch avait parfaitement raison. Après avoir gémi sans interruption pendant un mois, le vent avait soudain cessé. L’air était d’une immobilité de glace.

Nous sommes encalminés ! ai-je noté dans mon Journal.

Pas d’autre nourriture que des biscuits, avec lesquels nous devons nous montrer parcimonieux. Julian ne peut pas expliquer aux hommes pourquoi l’attaque a été retardée sans trahir le secret des Cerfs-Volants Noirs (qui ont bien entendu besoin de vent pour voler). Les troupes sont nerveuses et ne cessent de maugréer. Thanksgiving 2174… une journée décevante et pleine d’amertume.

Une autre journée glaciale et sans vent. Cela tracasse Julian, qui ne cesse de scruter l’horizon à la recherche d’indices et d’augures météorologiques.

Nous n’en voyons aucun, même si ce soir une aurore boréale frémit comme un tissu doré juste au nord du zénith.

Le bombardement hollandais s’accroît et nous avons dû éteindre de nombreux incendies dans l’est de la ville. Par chance, ils restent circonscrits : pas le moindre souffle de vent.

Pas de vent.

Nous risquons de perdre l’avantage que le plan de Julian pouvait nous donner. Il soupçonne les Mitteleuropéens d’avoir déjà reçu des renforts. Nous sommes largement surpassés en nombre, et l’« Arme Chinoise » commence à ressembler à une menace en l’air, si elle a jamais été autre chose.

Julian a néanmoins imaginé une nouvelle amélioration pour son subterfuge : ses « couturières » ont produit en hâte presque deux cents masques protecteurs pour les hommes qui formeront l’avant-garde. Il s’agit en substance de sacs de soie noire, assez grands pour glisser la tête à l’intérieur, avec deux trous pour les yeux et un cercle de peinture blanche autour de ces trous. De loin, ces masques semblent effrayants… de près, ils font un peu clown. Une phalange d’hommes armés ainsi vêtus ne manquerait toutefois pas d’intimider un ennemi hésitant.

Mais le vent ne souffle toujours pas.

Pas de vent, mais de la neige. Elle tombe doucement et adoucit les angles comme les brèches de cette ville brisée.

вернуться

82

Si j’étais Lui, je serais peut-être tenté de réprimer Mon pouvoir d’omniscience, en ce qui concernait le Labrador, et de concentrer Mon attention sur des endroits du monde plus chauds et plus verts.

1 ... 102 103 104 105 106 107 108 109 110 ... 150
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)