Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]
Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]

Электронная книга - «Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]». Краткое содержание книги:

Apostat. Fugitif. Conquérant.
Il s’appelle Julian Comstock ; il est le neveu du président des États-Unis.
Son père, le général Bryce Comstock, a été pendu pour trahison (on murmure qu’il était innocent de ce crime).
Julian est né dans une Amérique à jamais privée de pétrole, une Amérique étendue à soixante états, tenue de main de maître par l’Église du Dominion. Un pays en ruine, exsangue, en guerre au Labrador contre les forces mitteleuropéennes. Un combat acharné pour exploiter les ultimes ressources naturelles nord-américaines.
On le connaît désormais sous le nom de Julian l’agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Ceci est l’histoire de ce qu’il a cru bon et juste, l’histoire de ses victoires et défaites, militaires et politiques.
Fresque post-apocalyptique, western du XXIIe siècle, fulgurant hommage à Mark Twain, Julian est le plus atypique des romans de Robert Charles Wilson. Une réussite majeure et une critique sans concession des politiques environnementales actuelles.
1 ... 101 102 103 104 105 106 107 108 109 ... 150
Перейти на страницу:

C’était une nuit sans lune, aux étoiles dissimulées par des nuages hauts et rapides. À l’exception de quelques feux de camp, et de lanternes çà ou là aux fenêtres, la ville de Striver baignait dans une obscurité totale. On avait monté sur le toit les énormes cerfs-volants que j’avais vus durant l’après-midi. Ils étaient encore roulés, mais avec la bride reliée à des rouleaux de ficelle de chanvre cloués à des supports en bois et dotés de manivelles. Un seau était de plus fixé à chaque cerf-volant par une petite corde et à notre arrivée, un homme terminait de verser une dose précise de sable dans chacun de ces seaux.

« À quoi ça sert ? » ai-je demandé à Julian, à voix basse car l’atmosphère inquiétante qui régnait sur ce toit semblait n’autoriser que des chuchotements étouffés.

« J’ai calculé quel poids pouvait transporter chacun de ces paraplanes, a expliqué Julian. Ce soir, nous allons voir si mes calculs étaient exacts. »

Je n’ai pas demandé comment on estimait la force portante d’un « paraplane », ni avec quel genre de calculs… Il s’agissait sans nul doute une fois encore de quelque chose qu’il avait appris dans un de ses livres d’autrefois. Si cela dépendait du vent, nous avions de la chance : il soufflait une brise forte, mais glacée, aussi ai-je gardé les mains dans les poches de mon pardessus en regrettant de ne pas avoir mon pakol sur la tête, au lieu de ma mince casquette militaire.

Tout semblait prêt pour le « vol d’essai », comme l’appelait Julian, à part l’obscurité. « Comment peux-tu voir s’ils volent alors que la lune est couchée et qu’il n’y a même pas d’aurore boréale ? »

Julian n’a pas répondu, mais a fait signe à un soldat qui, non loin de nous, portait un pinceau et un récipient plein de liquide.

Il s’agissait en fait d’un composé phosphoré qui irradiait une surnaturelle lueur verte[81]. Le soldat en a badigeonné un peu sur chaque seau, jusqu’à ce qu’ils fussent tous marqués et luisissent dans le noir comme de démoniaques feux follets.

« Parez aux lignes ! » a lancé Julian tout à trac.

Des dizaines d’hommes se sont précipités à leurs postes près des dévidoirs des cerfs-volants.

« Déployeurs, en place ! »

Un nombre identique d’hommes se sont positionnés sous le vent au bord du toit, ont agrippé les énormes cerfs-volants roulés qu’ils ont tenus sur leur poitrine prêts à être déployés afin que leurs ailes pussent prendre le vent.

« Lancez ! » a crié Julian.

Le lecteur doit comprendre qu’un cerf-volant de soie noire plus grand qu’un homme, lâché dans l’obscurité impénétrable d’une nuit labradorienne tandis que le vent déboule des régions arctiques comme un aliéné au couteau entre les dents, n’a rien à voir avec un cerf-volant d’enfant en train de flotter au soleil par une journée estivale. Bien que difficilement visibles, les immenses engins noirs ont aussitôt manifesté leur présence dès que le premier d’entre eux, en prenant le vent glacial, s’est ouvert avec un claquement aussi sonore qu’un coup de feu.

Chacun d’eux, au moment où il se remplissait de vent, a produit la même détonation assourdissante (qui m’a rappelé le déploiement soudain des voiles à bord du Basilisk, quand il commençait à se colleter au gros temps), si bien que nous avons fini par avoir l’impression de nous trouver au milieu d’un duel d’artillerie. Les cerfs-volants sont ensuite montés jusqu’à tendre les ficelles les reliant aux seaux qu’ils étaient censés transporter, seaux remplis d’un poids précis de sable et marqués de vert luisant.

Les calculs de Julian étaient manifestement exacts. Après un bref instant d’hésitation, et encouragés par une traction des préposés aux lignes, les seaux se sont élevés. De simples mots ne peuvent décrire l’insolite et la bizarrerie de ce spectacle : on ne voyait de loin que la peinture phosphorescente qui marquait chacun des récipients en cours d’ascension. Ces lumières surnaturelles (semblait-il) ne cessaient de monter et de redescendre, comme des anges ou des démons en formation serrée. J’ai été submergé de crainte, alors même que je connaissais l’explication de ce phénomène. Sans celle-ci, on devait facilement se sentir terrifié.

« Les soldats américains en ville ne sont pas tous endormis, ai-je dit. L’un d’eux ne risque-t-il pas de voir ça et d’alerter les autres ?

— J’espère bien. Cela remontera le moral de nos hommes, de penser à un échantillon de ce que nous préparions.

— Ils croiront à quelque chose de surnaturel.

— Laisse-les croire ce qu’ils veulent… cela ne change rien.

— Mais… Si impressionnant qu’il soit… un cerf-volant n’est pas une arme, Julian, même s’il vole la nuit en luisant comme l’œil d’un hibou.

— Parfois, le paraître vaut l’être. » Julian s’est servi d’une espèce de sextant pour procéder à ce qu’il appelait de la « triangulation ». Les cerfs-volants étaient à présent arrivés au bout de la longueur prédéterminée de leurs amarres : celles-ci étaient tendues et les préposés aux lignes avaient même du mal à maintenir les dévidoirs, tant le vent générait une force importante sur les paraplanes. Les ficelles de chanvre subissaient une telle tension qu’elles produisaient un bourdonnement sinistre dans le noir.

Julian a consacré un peu de son temps à apprendre aux préposés aux lignes comment tirer celles-ci et leur donner du mou pour faire descendre et remonter les cerfs-volants. Ils accomplissaient cette tâche sans finesse, mais Julian estimait que même une expérience limitée valait mieux qu’aucune. Ces préposés ont ensuite entamé le long et laborieux processus de rembobinage destiné à ramener les engins.

Un spectacle impressionnant, mais qui n’était pas terminé… Julian voulait tester un dernier effet.

« Parez aux tubes ! » a-t-il crié.

Un autre groupe de soldats, resté jusqu’alors blotti au chaud autour de la cheminée, s’est soudain séparé pour se mettre en rang. Chacun d’eux portait un morceau de tube en caoutchouc, peut-être initialement destiné au transport de l’eau dans la résidence d’un gouverneur hollandais. Lorsqu’ils ont eu assez d’espace, et à ma grande stupéfaction, ils ont commencé à faire tourner les tubes au-dessus de leurs têtes, à la manière d’un meneur de bétail avec une corde, bien qu’avec moins d’élégance. Le résultat a été que chacun des tubes (qu’on avait coupés à diverses longueurs) s’est mis à chanter, très semblablement à un tuyau d’orgue dans lequel on propulse de l’air. En l’occurrence, cette interprétation n’a pas donné de la musique, mais une espèce de hululement sinistre et dissonant… le bruit que pourrait produire un chœur de dingues, s’ils avaient gonflé à la taille d’éléphants.

J’ai dû me boucher les oreilles avec les mains. « Julian, ça va réveiller toute la ville… et même l’infanterie hollandaise, alors que ses tranchées sont à plusieurs milles !

— Parfait ! » a dit Julian ; du moins a-t-il eu l’air de dire, le gémissement des tubes en caoutchouc ayant quelque peu couvert sa voix. Il a toutefois eu un sourire satisfait et au bout d’un moment, il a fait cesser d’un geste le tournoiement des tubes. Les cerfs-volants noirs étaient à présent presque ramenés et tout le spectacle a bientôt pris fin.

Il ne s’était pas écoulé plus d’une heure.

Ma stupéfaction ne connaissait pas de bornes, mais j’ai dit à Julian que je ne voyais pas l’intérêt. Si nous essayions ce truc sur elles, les troupes hollandaises seraient sans nul doute impressionnées – et fort possiblement effrayées –, mais il ne me semblait pas que cela leur infligerait le moindre dégât matériel.

вернуться

81

Ce produit sert aux Hollandais à des fins de signalisation militaire, mais aussi aux effets scéniques.

1 ... 101 102 103 104 105 106 107 108 109 ... 150
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)