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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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Frodo l’accepta avec gratitude.

« Et puis il y a ça ! » dit Bilbo, sortant un paquet qui paraissait plutôt lourd au vu de sa taille. Il déroula plusieurs épaisseurs de vieux linge et souleva bientôt une petite chemise de mailles. Elle était tissée de nombreux et fins anneaux, presque aussi souple qu’un tissu de lin, froide comme de la glace et plus dure que l’acier. Parsemée de gemmes blanches, elle miroitait comme l’argent sous la lune. Elle était assortie d’une ceinture de perles et de cristaux.

« C’est un bel objet, n’est-ce pas ? dit Bilbo, la faisant chatoyer à la lumière. Et très utile. C’est ma cotte de mailles naine, celle que Thorin m’a donnée. Je l’ai récupérée de Grande-Creusée avant de prendre la route, et je l’ai mise dans mes bagages. J’ai apporté avec moi tous les souvenirs de mon Voyage, sauf l’Anneau. Mais je ne pensais pas m’en servir, et je n’en ai plus besoin, sauf pour l’admirer de temps en temps. On en sent à peine le poids quand on la met. »

« J’aurais l’air… enfin, je ne sais trop de quoi j’aurais l’air dans un tel vêtement », dit Frodo.

« Exactement ce que je me suis dit la première fois, fit Bilbo. Mais qu’importe de quoi tu aurais l’air. Tu n’as qu’à la porter sous tes autres vêtements. Allons ! Je veux que nous partagions ce secret, toi et moi. Ne le dis à personne d’autre ! Mais je serais plus tranquille en sachant que tu la portes. J’aime à penser qu’elle pourrait même déjouer les poignards des Cavaliers Noirs », ajouta-t-il à voix basse.

« Très bien, je vais la mettre », dit Frodo. Bilbo la passa sur ses épaules et accrocha Dard à la brillante ceinture ; puis, Frodo enfila ses vieilles culottes, sa tunique et sa veste défraîchies.

« Tu as tout l’air d’un simple hobbit, dit Bilbo. Mais tu es maintenant mieux pourvu qu’il n’y paraît. Je te souhaite bonne chance ! » Il se détourna et regarda par la fenêtre, s’efforçant de fredonner un air.

« Je ne sais comment te remercier, Bilbo, pour cela, et pour toutes les bontés que tu m’as montrées par le passé », dit Frodo.

« Pas la peine ! dit le vieux hobbit, se retournant et lui donnant une tape dans le dos. Ouille ! cria-t-il. Tu es maintenant trop coriace pour les tapes ! Mais voilà : les Hobbits doivent se serrer les coudes, à plus forte raison les Bessac. Tout ce que je te demande en retour, c’est : prends soin de toi le plus possible, et rapporte-nous toutes les nouvelles que tu pourras, et tous les vieux chants et contes que tu entendras. Je vais faire de mon mieux pour terminer mon livre avant ton retour. J’aimerais écrire le deuxième, si l’on me prête vie. » Il s’interrompit et se tourna de nouveau vers la fenêtre, chantant doucement.

Assis au coin du feu, je songe

à tout ce que j’ai vu,

aux fleurs des prés, aux papillons

des étés révolus ;

Aux feuilles jaunes et filandres

des automnes d’antan :

soleils d’argent, matins brumeux,

et mes cheveux au vent.

Assis au coin du feu, je songe

au monde de demain,

quand l’hiver fera un printemps

que je ne verrai point.

Car il est encor tant de choses

que je n’ai vues avant :

dans chaque bois chaque printemps

donne un vert différent.

Assis au coin du feu, je songe

à ces gens d’autrefois,

à ceux qui connaîtront un monde

que je ne verrai pas.

Mais tout ce temps qu’assis, je songe

à ces saisons d’hier,

je guette les pas à la porte

et les voix familières.

C’était un jour gris et froid de la fin de décembre. Le Vent d’Est se déversait entre les branches dénudées des arbres et remuait parmi les pins sombres sur les collines. Des nuages déchiquetés se hâtaient, sombres et bas, dans le ciel. Quand les ombres mornes du soir se mirent à descendre, la Compagnie s’apprêta au départ. Elle devait prendre la route au crépuscule, car Elrond leur avait conseillé de voyager sous le couvert de la nuit aussi souvent que possible, jusqu’à ce qu’ils soient loin de Fendeval.

« Vous aurez à craindre les regards des nombreux serviteurs de Sauron, dit-il. Je ne doute pas qu’il ait déjà eu vent de la déroute des Cavaliers, et son courroux sera grand. Ses espions, à terre et dans les airs, ne tarderont pas à sillonner les contrées du Nord. Vous devrez vous méfier même du ciel au-dessus de vous tandis que vous avancerez. »

La Compagnie n’emporta pas beaucoup de matériel de guerre, car son espoir résidait dans le secret et non dans le combat. Aragorn portait Andúril à sa ceinture, mais aucune autre arme, et il prit la route dans une simple tenue de vert et de brun roux, en tant que Coureur des terres sauvages. Boromir avait une longue épée, de même fabrication qu’Andúril, mais de moindre lignage ; il portait aussi un bouclier, ainsi que son cor de guerre.

« Il résonne haut et fort dans les vallées des collines, dit-il, et tous les ennemis du Gondor de prendre la fuite ! » Le portant à ses lèvres, il sonna un grand coup, et ses échos retentirent de rocher en rocher, et tous ceux qui entendirent cette voix à Fendeval sautèrent sur pied.

« Ne soyez pas trop prompt à sonner de nouveau de ce cor, Boromir, dit Elrond, avant d’avoir rejoint les frontières de votre pays, et qu’un grave besoin vous presse. »

« Fort bien, dit Boromir. Mais je fais toujours crier mon cor à l’heure du départ ; et bien qu’il nous faille dorénavant marcher parmi les ombres, je refuse de partir comme un voleur dans la nuit. »

Gimli le nain était le seul à arborer une courte chemise de mailles d’acier, car les nains font peu de cas des fardeaux ; une hache à large lame était aussi passée dans sa ceinture. Legolas avait un arc et un carquois, ainsi qu’un long poignard blanc à la taille. Les jeunes hobbits portaient les épées qu’ils avaient prises dans le trésor du tertre ; mais Frodo emporta seulement Dard ; et suivant le désir de Bilbo, sa cotte de mailles demeura cachée. Gandalf avait son bâton en main, mais fin prête à son côté se tenait l’épée elfique Glamdring, la compagne d’Orcrist, laquelle reposait désormais sur la poitrine de Thorin sous la Montagne Solitaire.

Elrond leur fournit à tous des vêtements épais et chauds, et leurs vestes et leurs capes étaient bordées de fourrure. Les provisions de vivres, de vêtements et de couvertures, entre autres, furent chargées sur un poney : nul autre que la pauvre bête qu’ils avaient emmenée de Brie.

Le séjour à Fendeval avait opéré sur lui un changement tout à fait prodigieux : sa robe était lustrée et il semblait avoir retrouvé sa sémillante jeunesse. Sam avait insisté pour que ce soit lui qui fût choisi, arguant que Bill (comme il l’appelait) se morfondrait s’il ne venait pas avec eux.

« Cet animal peut presque parler, avait-il dit, et ça ne manquerait pas d’arriver s’il restait ici encore un bout. Il m’a regardé d’un air qui en disait aussi long que M. Pippin : si tu me laisses pas partir avec toi, Sam, je vais quand même m’arranger pour te suivre. » Bill serait donc leur bête de charge ; pourtant, de toute la Compagnie, il était le seul à ne pas partir la tête basse.

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