Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические приключения » Le vicomte de Bragelonne Tome IV
Le vicomte de Bragelonne Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vicomte de Bragelonne Tome IV

Электронная книга - «Le vicomte de Bragelonne Tome IV». Краткое содержание книги:

Dernière page de l'histoire des quatre amis, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis… Le règne de Louis XIV commence, chacun a vieilli et évolué, mais conserve sa personnalité d'autrefois. Dans ce livre, le héros est le vicomte de Bragelonne, qui n'est autre que le fils d'Athos, mais les anciens mousquetaires ne sont jamais loin quand il s'agit d'intrigues et d'aventures…
1 ... 99 100 101 102 103 104 105 106 107 ... 157
Перейти на страницу:

Dans ce carrosse, d’Artagnan aperçut des coiffes de femme, et, comme il était curieux, il voulut savoir le nom des femmes cachées par les coiffes.

Pour parvenir à les voir, car elles faisaient gros dos et fine oreille, il poussa son cheval si près du carrosse, que sa botte à entonnoir frotta le mantelet et ébranla tout, contenant et contenu.

Les dames, effarouchées, poussèrent, l’une un petit cri, auquel d’Artagnan reconnut une jeune femme, l’autre une imprécation à laquelle il reconnut la vigueur et l’aplomb que donne un demi-siècle.

Les coiffes s’écartèrent: l’une des femmes était Mme Vanel, l’autre était la duchesse de Chevreuse.

D’Artagnan eut plus vite vu que les dames. Il les reconnut et elles ne le reconnurent pas; et, comme elles riaient de leur frayeur en se pressant affectueusement les mains:

«Bien! se dit d’Artagnan, la vieille duchesse n’est plus aussi difficile qu’autrefois en amitiés; elle fait la cour à la maîtresse de M. Colbert! Pauvre M. Fouquet! cela ne lui présage rien de bon.»

Et il s’éloigna. M. Colbert prit place dans le carrosse, et ce noble trio commença un pèlerinage assez lent vers le bois de Vincennes.

En chemin, Mme de Chevreuse déposa Mme Vanel chez M. son mari, et, restée seule avec Colbert, elle poursuivit sa promenade en causant d’affaires. Elle avait un fonds de conversation inépuisable, cette chère duchesse, et, comme elle parlait toujours pour le mal d’autrui, toujours pour son bien à elle, sa conversation amusait l’interlocuteur et ne laissait pas d’être pour elle d’un bon rapport.

Elle apprit à Colbert, qui l’ignorait, combien il était un grand ministre, et combien Fouquet allait devenir peu de chose.

Elle lui promit de rallier à lui, quand il serait surintendant toute la vieille noblesse du royaume, et lui demanda son avis sur la prépondérance qu’il faudrait laisser prendre à La Vallière.

Elle le loua, elle le blâma, elle l’étourdit. Elle lui montra le secret de tant de secrets, que Colbert craignit un moment d’avoir affaire au diable.

Elle lui prouva qu’elle tenait dans sa main le Colbert d’aujourd’hui, comme elle avait tenu le Fouquet d’hier.

Et, comme, naïvement, il lui demandait la raison de cette haine qu’elle portait au surintendant:

– Pourquoi le haïssez-vous vous-même? dit-elle.

– Madame, en politique, répliqua-t-il, les différences de systèmes peuvent amener des dissidences entre les hommes. M. Fouquet m’a paru pratiquer un système opposé aux vrais intérêts du roi.

Elle l’interrompit.

– Je ne vous parle plus de M. Fouquet. Le voyage que le roi fait à Nantes nous en rendra raison. M. Fouquet, pour moi, c’est un homme passé. Pour vous aussi.

Colbert ne répondit rien.

– Au retour de Nantes, continua la duchesse, le roi, qui ne cherche qu’un prétexte, trouvera que les États se sont mal comportés, qu’ils ont fait trop peu de sacrifices. Les États diront que les impôts sont trop lourds et que la surintendance les a ruinés. Le roi s’en prendra à M. Fouquet, et alors…

– Et alors? dit Colbert.

– Oh! on le disgraciera. N’est-ce pas votre sentiment?

Colbert lança vers la duchesse un regard qui voulait dire: «Si on ne fait que disgracier M. Fouquet, vous n’en serez pas la cause.»

– Il faut, se hâta de dire Mme de Chevreuse, il faut que votre place soit toute marquée, monsieur Colbert. Voyez-vous quelqu’un entre le roi et vous, après la chute de M. Fouquet?

– Je ne comprends pas, dit-il.

– Vous allez comprendre. Où vont vos ambitions?

– Je n’en ai pas.

– Il était inutile alors de renverser le surintendant, monsieur Colbert. C’est oiseux.

– J’ai eu l’honneur de vous dire, madame…

– Oh! oui, l’intérêt du roi, je sais; mais, enfin, parlons du vôtre.

– Le mien, c’est de faire les affaires de Sa Majesté.

– Enfin, perdez-vous ou ne perdez-vous pas M. Fouquet? Répondez sans détour.

– Madame, je ne perds personne.

– Je ne comprends pas alors pourquoi vous m’avez acheté si cher les lettres de M. Mazarin concernant M. Fouquet. Je ne conçois pas non plus pourquoi vous avez mis ces lettres sous les yeux du roi.

Colbert, stupéfait, regarda la duchesse, et, d’un air contraint:

– Madame, dit-il, je conçois encore moins comment, vous qui avez touché l’argent, vous me le reprochez.

– C’est que, fit la vieille duchesse, il faut vouloir ce qu’on veut, à moins qu’on ne puisse ce qu’on veut.

– Voilà, dit Colbert, démonté par cette logique brutale.

– Vous ne pouvez? hein? Dites.

– Je ne puis, je l’avoue, détruire auprès du roi certaines influences.

– Qui combattent pour M. Fouquet? Lesquelles? Attendez, que je vous aide.

– Faites, madame.

– La Vallière?

– Oh! peu d’influence, aucune connaissance des affaires et pas de ressort. M. Fouquet lui a fait la cour.

– Le défendre, ce serait l’accuser elle-même, n’est-ce pas?

– Je crois que oui.

– Il y a encore une autre influence, qu’en dites-vous?

– Considérable.

– La reine mère, peut-être?

– Sa Majesté la reine mère a pour M. Fouquet une faiblesse bien préjudiciable à son fils.

– Ne croyez pas cela, fit la vieille en souriant.

– Oh! fit Colbert avec incrédulité, je l’ai si souvent éprouvé!

– Autrefois?

– Récemment encore, madame, à Vaux. C’est elle qui a empêché le roi de faire arrêter M. Fouquet.

– On n’a pas tous les jours le même avis, cher monsieur. Ce que la reine a pu vouloir récemment, elle ne le voudrait peut-être plus aujourd’hui.

– Pourquoi? fit Colbert étonné.

– Peu importe la raison.

– Il importe beaucoup, au contraire; car, si j’étais certain de ne pas déplaire à Sa Majesté la reine mère, tous mes scrupules seraient levés.

– Eh bien! vous n’êtes pas sans avoir entendu parler de certain secret?

– Un secret?

– Appelez cela comme vous voudrez. Bref, la reine mère a pris en horreur tous ceux qui ont participé, d’une façon ou d’une autre, à la découverte de ce secret, et M. Fouquet, je crois, est un de ceux-là.

– Alors, fit Colbert, on pourrait être sûr de l’assentiment de la reine mère?

– Je quitte à l’instant Sa Majesté, qui me l’a assuré.

– Soit, madame.

– Il y a plus: vous connaissez peut-être un homme qui était l’ami intime de M. Fouquet, M. d’Herblay, un évêque, je crois?

– Évêque de Vannes.

– Eh bien! ce M. d’Herblay, qui connaissait aussi ce secret, la reine mère le fait poursuivre avec acharnement.

– En vérité!

– Si bien poursuivre, que, fût-il mort, on voudrait avoir sa tête pour être assuré qu’elle ne parlera plus.

– C’est le désir de la reine mère?

1 ... 99 100 101 102 103 104 105 106 107 ... 157
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)