Les hommes qui n'aimaient pas les femmes [Män som hatar kvinnor - fr]
- Автор: Ларссон Стиг
- Серия: Millenium (fr) #1
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: ACTES SUD
- ISBN: 2742761578
- Переводчик: Lena Grumbach
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Les hommes qui n'aimaient pas les femmes [Män som hatar kvinnor - fr]». Краткое содержание книги:
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.
A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes. Impatient, haletant, on retrouvera Mikael et sa hargne sous une allure débonnaire, et Lisbeth avec les zones d'ombre qui l'entourent, dans Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette ; Millénium 3 - La Reine dans le palais des courants d'air.
— Dieu soit loué, fit Mikael. J'ai réalisé que je l'aime bien.
Dirch Frode hocha la tête.
— Je le sais. Et Henrik t'apprécie aussi. Alors, ce voyage dans le Grand Nord ?
— Fructueux et insatisfaisant. Je te raconterai plus tard. Pour le moment, j'ai juste une question à te poser.
— Vas-y.
— Quel sera le sort de Millenium si Henrik venait à disparaître ?
— Rien de particulier. Martin prendra son siège dans votre conseil d'administration.
— Y a-t-il un risque, même hypothétique, que Martin crée des problèmes pour Millenium si je n'arrête pas d'enquêter sur la disparition de Harriet Vanger ?
Dirch Frode jeta soudain un regard perçant sur Mikael.
— Que s'est-il passé ?
— A vrai dire, rien. Mikael rendit compte de la conversation qu'il avait eue avec Martin Vanger le soir de la Saint-Jean. Quand je suis rentré de Norsjö, Erika m'a appelé pour dire que Martin l'avait contactée pour lui demander de souligner qu'ils ont besoin de moi à la rédaction.
— Je comprends. Je suppose que Cécilia est venue le tarabuster. Mais je ne pense pas que Martin jouerait donnant, donnant. Il est beaucoup trop honnête pour ça. Et rappelle-toi que moi aussi je siège au conseil d'administration de la petite société annexe que nous avons fondée au moment d'entrer dans Millenium.
— Mais si une situation complexe devait se présenter, quelle serait sa position ?
— Les contrats sont faits pour être respectés. Je travaille pour Henrik. Lui et moi sommes amis depuis quarante-cinq ans et nous fonctionnons à peu près de la même façon dans ce genre de contexte. Si Henrik venait à disparaître, il se trouve que c'est moi — et pas Martin — qui hérite de sa part dans la société annexe. Nous avons un contrat bien ficelé stipulant que nous nous engageons à renflouer Millenium pendant quatre ans. Si Martin avait envie de nous mettre des bâtons dans les roues — ce que j'ai du mal à croire —, il pourrait à la rigueur freiner un petit nombre de nouveaux annonceurs.
— Ce qui est la base même de l'existence de Millenium.
— Oui, mais considère les choses comme ceci : s'adonner à de telles bassesses prend du temps. Martin est en train de se battre pour sa survie industrielle et il travaille quatorze heures par jour. Il n'a pas le temps de faire autre chose.
Mikael observa un silence pensif.
— Si je peux me permettre de demander — je sais que ça ne me regarde pas —, mais quel est l'état général du groupe ?
Dirch Frode prit un air préoccupé.
— Nous avons des problèmes.
— Oui, même un simple et mortel journaliste économique comme moi peut le comprendre. Je veux dire, c'est sérieux à quel point ?
— Entre nous ?
— Seulement entre nous.
— Nous avons perdu deux grandes commandes dans l'industrie électronique ces dernières semaines et nous sommes en train d'être éjectés du marché russe. En septembre, nous serons obligés de licencier 1 600 salariés à Örebro et à Trollhättan. Pas terrible comme cadeau pour des gens qui travaillent avec le groupe depuis de nombreuses années. Chaque fois que nous démantelons une usine, la confiance dans le groupe en prend un coup.
— Martin Vanger est sous pression ?
— Il tire la charge d'un bœuf tout en marchant sur des œufs.
MIKAEL RENTRA CHEZ LUI et appela Erika. Elle n'était pas à la rédaction et il discuta avec Christer Malm à la place.
— Voici ce qu'il se passe : Erika m'a appelé hier à mon retour de Norsjö. Martin Vanger l'a contactée et il l'a, comment dire, encouragée à proposer qu'on me donne plus de responsabilités à la rédaction.
— C'est aussi mon avis, dit Christer.
— Je le comprends. Mais le fait est que j'ai un contrat avec Henrik Vanger que je ne peux pas rompre et Martin agit à la demande d'une personne ici qui veut que je cesse de fouiner et disparaisse du village. Sa proposition est donc une tentative de m'éloigner d'ici.
— Je comprends.
— Tu peux dire à Erika que je retournerai à Stockholm quand j'aurai terminé ici. Pas avant.
— Je comprends. Tu es complètement fou. Je vais transmettre le message.
— Christer. Il se passe quelque chose ici et je n'ai pas l'intention de me retirer.
Christer poussa un gros soupir.
MIKAEL ALLA FRAPPER à la porte de Martin Vanger. Eva Hassel ouvrit et le salua amicalement.
— Bonjour. Martin est là ?
En réponse à la question, Martin Vanger sortit avec son porte-documents à la main. Il déposa une bise sur la joue d'Eva Hassel et salua Mikael.
— Je m'en vais au bureau. Tu voulais me parler ?
— Ça peut attendre, si tu es pressé.
— Dis toujours.
— Je n'ai pas l'intention de retourner travailler à la rédaction de Millenium avant d'avoir terminé la mission que Henrik m'a confiée. Je t'en informe dès à présent pour que tu ne me comptes pas dans le conseil d'administration avant la fin de l'année.
Martin Vanger balança sur ses talons un moment.
— Je comprends. Tu crois que je veux me débarrasser de toi. Il fit une pause. Mikael, on parlera de tout ça plus tard. Je n'ai vraiment pas de temps à consacrer à une activité de loisir dans le conseil d'administration de Millenium et j'aurais voulu ne jamais avoir accepté la proposition de Henrik. Mais crois-moi, je ferai de mon mieux pour la survie de Millenium.
— Je n'en ai jamais douté, répondit Mikael poliment.
— On se bloque un moment la semaine prochaine, pour passer les finances en revue, et je te donnerai mon opinion là-dessus. Mais je pense sincèrement que Millenium n'a pas les moyens d'avoir un de ses acteurs-clés en train de se rouler les pouces ici sur Hedebyön. J'aime le journal et je crois que nous pouvons le remonter ensemble, mais tu es indispensable pour ce travail-là. Moi, ici, je me retrouve coincé dans un conflit d'intérêts. Suivre les souhaits de Henrik ou accomplir mon boulot au conseil d'administration de Millenium.
MIKAEL ENFILA UNE TENUE de sport et se lança dans un jogging soutenu jusqu'à la Fortification puis rejoignit la cabane de Gottfried avant de revenir sur un rythme plus calme le long de l'eau. Dirch Frode était assis à la table de jardin. Il attendit patiemment que Mikael s'enfile une bouteille d'eau et s'essuie le visage.
— Tu es sûr que c'est bon pour la santé, avec la chaleur qu'il fait ?
— Euh, répondit Mikael.
— Je me suis trompé. Ce n'est pas Cécilia en premier lieu qui harcèle Martin. C'est Isabella qui est en train de mobiliser le clan Vanger pour te tremper dans du goudron et te rouler dans des plumes, et si possible aussi te brûler sur un bûcher. Elle est soutenue par Birger.