Les hommes qui n'aimaient pas les femmes [Män som hatar kvinnor - fr]
- Автор: Ларссон Стиг
- Серия: Millenium (fr) #1
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: ACTES SUD
- ISBN: 2742761578
- Переводчик: Lena Grumbach
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Les hommes qui n'aimaient pas les femmes [Män som hatar kvinnor - fr]». Краткое содержание книги:
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.
A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes. Impatient, haletant, on retrouvera Mikael et sa hargne sous une allure débonnaire, et Lisbeth avec les zones d'ombre qui l'entourent, dans Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette ; Millénium 3 - La Reine dans le palais des courants d'air.
Après avoir abandonné le mari comme suspect principal, l'enquête de police se reporta sur un neveu de la femme assassinée, un jeune homme de vingt-trois ans. L'homme avait plusieurs fois eu maille à parti! avec la justice, eu proie à de sérieux soucis financiers, il avait régulièrement emprunté de l'argent à sa tante. L'alibi du neveu était considérablement plus fragile et il fut placé en garde à vue puis relâché faute de preuves, comme on disait. Nombre d'habitants du village l'estimaient malgré cela très vraisemblablement coupable.
La police suivit aussi d'autres pistes. Une grande partie des investigations tournait autour d'un mystérieux marchand ambulant qu'on avait vu dans la région, de même qu'une rumeur circulait sur un groupe de « gitans » qui auraient accompli toute une série de vols. Rien n'était dit sur la raison qui aurait poussé ceux-ci à commettre un meurtre brutal à caractère sexuel et sans rien dérober.
Un moment, l'intérêt se porta sur un voisin dans le village, un célibataire qui dans sa jeunesse avait été soupçonné pour un crime homosexuel — ceci se passait à une époque où l'homosexualité était encore punie par la loi — et qui, selon plusieurs déclarations, avait la réputation d'être « bizarre ». Pourquoi un éventuel homosexuel commettrait un crime sexuel contre une femme ne fut pas non plus élucidé. Aucune de ces pistes ou d'autres n'aboutit jamais à une arrestation ni à une condamnation.
Lisbeth Salander estima que le lien avec la liste du carnet de téléphone de Harriet Vanger était manifeste. La citation du Lévitique xx, 16 disait : « La femme qui s'approche d'un animal quelconque pour s'accoupler à lui : tu tueras la femme et l'animal. Ils devront mourir, leur sang retombera sur eux. » Impossible d'attribuer au hasard le fait qu'une paysanne prénommée Magda, propriétaire d'une étable, avait été trouvée assassinée et son corps mis en scène attaché dans un box à cheval.
La question à se poser était cependant de savoir pourquoi Harriet Vanger avait noté comme prénom Magda au lieu de Lovisa, qui était manifestement le prénom usuel de la victime. Si son nom complet n'avait pas été indiqué dans la grille horaire de la télé, Lisbeth l'aurait loupée.
Et bien entendu demeurait la question fondamentale : y avait-il un lien entre le meurtre de Rebecka en 1949, le meurtre de Magda Lovisa en 1960 et la disparition de Harriet Vanger en 1966 ? Et si tel était le cas, comment Harriet Vanger avait-elle bien pu l'apprendre ?
LE SAMEDI, HARTMAN accompagna Mikael pour une promenade sans grand espoir à travers Norsjö. Dans la matinée, ils rendirent visite à cinq anciens employés qui habitaient suffisamment près pour pouvoir y aller à pied. Trois habitaient au centre-ville, deux à Sörbyn, en périphérie du bourg. Tous offrirent du café. Tous étudièrent les photos puis secouèrent la tête.
Après un déjeuner sans prétention chez les Hartman, ils prirent la voiture pour une autre tournée. Ils se rendirent dans quatre villages des environ de Norsjö où habitaient d'anciens employés de la menuiserie. A chaque arrêt, Hartman était chaleureusement accueilli, mais personne ne fut en mesure de les aider. Mikael commençait à désespérer et à se demander si cette histoire de voyage à Norsjö n'allait être qu'une impasse.
Vers 16 heures, Hartman se gara devant une ferme peinte en rouge typique du Västerbotten, à Norsjövallen au nord de Norsjö, et présenta Mikael à Henning Forsman, maître menuisier à la retraite.
— Mais oui, ça c'est le fiston d'Assar Brännlund, dit Henning Forsman à peine Mikael eut-il exhibé la photo. Bingo !
— Ah bon, ce serait le gars d'Assar, fit Hartman, puis il se tourna vers Mikael : Il travaillait pour les mines de Boliden.
— Et je peux le trouver où ?
— Ce gars-là ? Eh bien, il va falloir que vous creusiez. Il s'appelait Gunnar, il est mort dans une explosion au milieu des années 1970.
Merde.
— Mais sa femme est toujours en vie. Celle-là sur la photo. Elle s'appelle Mildred, elle habite à Bjursele.
— Bjursele ?
— C'est à une dizaine de kilomètres sur la route de Bastuträsk. Elle habite la bicoque rouge tout en longueur du côté droit quand vous arrivez au village. La troisième maison. Je connais la famille assez bien.
« BONJOUR, JE M'APPELLE Lisbeth Salander, je suis en train de faire une thèse de criminologie sur la violence à l'égard des femmes au XXe siècle. J'aurais aimé savoir s'il est possible de passer au district de police de Landskrona pour compulser les documents concernant un cas de 1957. Il s'agit du meurtre d'une femme de quarante-cinq ans du nom de Rakel Lunde. Vous sauriez où ces documents peuvent se trouver aujourd'hui ? »
BJURSELE RESSEMBLAIT à une publicité vivante pour la vie rurale du Västerbotten. Le village était composé d'une vingtaine de maisons, relativement serrées, formant un demi-cercle à l'extrémité d'un lac. Au milieu du village il y avait un croisement avec un panneau indiquant Hemmingen, onze kilomètres, et un autre qui pointait vers Bastuträsk, dix-sept kilomètres. A côté du croisement, un petit pont franchissait une rivière que Mikael supposa être le sele de Bjur. A cette époque, en plein été, c'était beau comme une carte postale.
Mikael s'était garé dans la cour devant une boutique Konsum définitivement fermée, de l'autre côté de la route un peu en biais par rapport à la troisième maison à droite. Quand il frappa à la porte, personne ne vint ouvrir.
Il se promena pendant une heure sur la route de Hemmingen. Il passa devant un endroit où la rivière se transformait en un torrent impétueux, rencontra deux chats et aperçut un chevreuil, mais pas un seul être humain avant de revenir sur ses pas. La porte de Mildred Brännlund restait fermée.
Sur un poteau près du pont, une affichette délavée invitait à assister au BTCC, autrement dit au Bjursele Tukting Car Championship 2002. Mikael regarda pensivement l'affichette. Tukter une voiture était apparemment la distraction hivernale qui consistait à conduire un véhicule sur le lac gelé jusqu'à ce qu'elle se transforme en épave.
Il attendit jusqu'à 22 heures avant d'abandonner et de retourner à Norsjö, où il dîna tard, puis monta se coucher pour lire la fin du polar de Val McDermid.
Une fin abominable.
VERS 22 HEURES, LISBETH SALANDER put ajouter un autre nom à la liste de Harriet Vanger. Elle le fit avec beaucoup d'hésitation après y avoir réfléchi pendant des heures.
Elle avait trouvé un raccourci. Régulièrement, on publiait des articles sur des meurtres non résolus, et dans le supplément du dimanche d'un journal du soir elle était tombée sur un article de 1999 intitulé « Tueurs de femmes en liberté ». L'article était sommaire, mais il y avait les noms et les photos de plusieurs victimes qui avaient fait couler beaucoup d'encre. Le cas Solveig à Norrtälje, le meurtre d'Anita à Norrköping, Margareta à Helsingborg et une série d'autres énigmes.