Les hommes qui n'aimaient pas les femmes [Män som hatar kvinnor - fr]
- Автор: Ларссон Стиг
- Серия: Millenium (fr) #1
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: ACTES SUD
- ISBN: 2742761578
- Переводчик: Lena Grumbach
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Les hommes qui n'aimaient pas les femmes [Män som hatar kvinnor - fr]». Краткое содержание книги:
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.
A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes. Impatient, haletant, on retrouvera Mikael et sa hargne sous une allure débonnaire, et Lisbeth avec les zones d'ombre qui l'entourent, dans Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette ; Millénium 3 - La Reine dans le palais des courants d'air.
Mikael hocha la tête. Elle leva un deuxième doigt.
— Ces meurtres ont été commis sur une très longue période et à des endroits très dispersés dans le pays. Deux ont eu lieu successivement en 1960, mais les circonstances étaient relativement différentes — une paysanne à Karlstad et une fille de vingt-deux ans dingue des chevaux à Stockholm.
Trois doigts.
— Il n'y a pas de schéma clair et net. Les meurtres ont été commis de façons différentes et il n'y a pas de véritable signature, par contre certains éléments reviennent à chaque fois. Des animaux. Du feu. Violences sexuelles aggravées. Et, comme tu l'as dit, une parodie de connaissances bibliques. Mais aucun enquêteur de la police n'a apparemment interprété les meurtres en partant de la Bible.
Mikael hocha la tête. Il l'étudia en douce. Avec son corps frêle, son débardeur noir, les tatouages et les anneaux sur la figure, Lisbeth Salander faisait vraiment désordre dans la maison des invités à Hedeby. Lorsqu'il essaya d'être sociable au cours du dîner, elle resta taciturne et répondit à peine. Mais quand elle travaillait, elle était pro jusqu'au bout des ongles. Son appartement à Stockholm avait un air de ruine après un bombardement, mais Mikael se devait de reconnaître que Lisbeth Salander était particulièrement bien ordonnée dans sa tête. Etrange !
— On a du mal à voir le rapport entre une prostituée à Uddevalla assassinée derrière un conteneur dans une friche industrielle et l'épouse du pasteur à Ronneby étranglée et victime d'un incendie criminel. A moins d'avoir la clé que Harriet nous a donnée, s'entend.
— Ce qui mène à la question suivante, dit Lisbeth.
— Comment Harriet a-t-elle bien pu être mêlée à cette merde ? Elle, une fille de seize ans qui vivait dans un milieu plutôt protégé.
— Il n'y a qu'une réponse, dit-elle.
Mikael hocha la tête de nouveau.
— Il y a forcément un lien avec la famille Vanger.
VERS 23 HEURES, ils avaient ressassé la série de meurtres et discuté des relations et des détails curieux au point que les pensées tournoyaient dans la tête de Mikael. Il se frotta les yeux et s'étira, et demanda à Lisbeth si elle avait envie de faire un tour dehors. Elle avait l'air de considérer ce genre d'exercice comme un gaspillage de temps, mais elle fit oui de la tête après avoir réfléchi un bref instant. Mikael suggéra qu'elle mette plutôt un pantalon à cause des moustiques.
Ils firent le tour par le port de plaisance, passèrent sous le pont en direction du promontoire de chez Martin Vanger. Mikael indiqua les différentes maisons et raconta qui habitait où. Il avait du mal à formuler ses pensées quand il montra la maison de Cécilia Vanger. Lisbeth le regarda en douce.
Ils passèrent devant le yacht tape-à-l'œil de Martin Vanger et arrivèrent sur le promontoire où ils s'assirent sur un rocher et partagèrent une cigarette.
— Il y a un autre lien entre les victimes, dit Mikael soudain. Tu y as peut-être déjà pensé.
— Quoi ?
— Les prénoms.
Lisbeth Salander réfléchit un moment. Puis elle secoua la tête.
— Toutes ont des prénoms bibliques.
— Ce n'est pas vrai, répondit Lisbeth vivement. Il n'y a ni Liv ni Lena dans la Bible.
Mikael secoua la tête.
— Il se trouve que si. Liv signifie « vivre », c'est-à-dire le sens biblique du prénom Eve. Et cogite un peu, Lisbeth — Lena, c'est une abréviation de quoi ?
Lisbeth Salander serra si fort les yeux qu'elle fut irritée et elle jura intérieurement. Mikael avait pensé plus vite qu'elle. Elle n'aimait pas ça.
— De Magdalena tout comme Magda. Autrement dit Madeleine, dit-elle.
— La pécheresse, la première femme, la Vierge Marie... les voilà toutes rassemblées. Cette histoire est suffisamment dingue pour faire péter les plombs à un psy. Mais en fait c'est à autre chose que je pense par rapport aux prénoms.
Lisbeth attendit patiemment.
— Ce sont également des prénoms féminins juifs traditionnels. La famille Vanger a eu plus que sa part d'antisémites cinglés, de nazis et de théoriciens de la conspiration. Harald Vanger, là-haut, a plus de quatre-vingt-dix ans et il était au meilleur de sa forme dans les années 1960. La seule fois où je l'ai rencontré, il a craché que sa fille était une putain. Il a manifestement des problèmes avec les femmes.
DE RETOUR A LA MAISON, ils se préparèrent des sandwiches et réchauffèrent le café. Mikael jeta un coup d'œil sur les quelque cinq cents pages que l'enquêteuse favorite de Dragan Armanskij avait produites.
— Tu as fait un travail de fouille fantastique en un temps record, dit-il. Merci. Et merci aussi d'avoir eu la gentillesse de venir jusqu'ici m'apporter ton rapport.
— Et ensuite, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Lisbeth.
— Je parlerai avec Dirch Frode demain matin pour qu'on s'arrange pour te payer.
— Ce n'est pas ce que je voulais dire.
Mikael la regarda.
— Eh bien... le travail de recherche pour lequel je t'ai engagée est terminé, dit-il avec prudence.
— Je n'en ai pas terminé avec cette histoire.
Mikael se pencha en arrière sur la banquette de la cuisine et rencontra ses yeux. Il ne put rien y détecter du tout. Pendant six mois il avait travaillé seul sur la disparition de Harriet et tout à coup il y avait quelqu'un d'autre — une enquêteuse habile — qui comprenait les implications. Il prit sa décision sur un coup de tête.
— Je sais. Cette histoire me rampe sous la peau à moi aussi. Je parlerai avec Dirch Frode demain. Nous t'embaucherons encore une semaine ou deux comme... hmm, assistante de recherche. Je ne sais pas s'il est prêt à payer le même tarif que ce qu'il paie à Armanskij, mais nous devrions bien réussir à lui faire aligner un mois de salaire correct.
Lisbeth Salander le gratifia soudain d'un sourire. Elle n'avait absolument pas envie d'être mise sur la touche et elle aurait volontiers fait le boulot pour rien.
— Je m'endors, dit-elle, puis elle gagna sa chambre sans rien dire de plus et ferma la porte.
Deux minutes plus tard elle ouvrit la porte et pointa la tête.
— Je crois que tu te trompes. Ce n'est pas un tueur en série malade qui a trop lu la Bible. C'est simplement un fumier ordinaire qui hait les femmes.
21
JEUDI 3 JUILLET — JEUDI 10 JUILLET
LISBETH SALANDER SE RÉVEILLA avant Mikael, vers 6 heures du matin. Elle mit de l'eau à chauffer pour le café et passa sous la douche. Quand Mikael se réveilla vers 7 h 30, il la trouva en train de lire son résumé du cas Harriet Vanger sur son iBook. Il arriva dans la cuisine, une serviette de bain autour de la taille, et se frotta les yeux pour enlever le sommeil.
— Le café est prêt, dit-elle.
Mikael regarda par-dessus son épaule.
— Ce document était protégé par un code d'accès, dit-il.