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Les hommes qui n'aimaient pas les femmes [Män som hatar kvinnor - fr]

Электронная книга - «Les hommes qui n'aimaient pas les femmes [Män som hatar kvinnor - fr]». Краткое содержание книги:

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.
A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes. Impatient, haletant, on retrouvera Mikael et sa hargne sous une allure débonnaire, et Lisbeth avec les zones d'ombre qui l'entourent, dans Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette ; Millénium 3 - La Reine dans le palais des courants d'air.
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— Je sais, mais nous pouvons peut-être l'avancer.

Mikael sourit poliment.

— Sans doute, mais tu t'adresses au mauvais interlocuteur. Pour l'instant, je ne siège pas au conseil d'administration de Millenium. J'ai quitté le journal en décembre et je n'ai aucun mot à dire sur les décisions que vous prenez au conseil d'administration. Je te propose de contacter Erika Berger à ce sujet.

Martin Vanger ne s'était pas attendu à cette réponse. Il réfléchit un moment avant de se lever.

— Tu as raison, bien sûr. Je vais l'appeler. Il tapota l'épaule de Mikael pour prendre congé et s'éloigna vers sa voiture.

Mikael le regarda pensivement. Rien de précis n'avait été dit, mais la menace avait très nettement flotté dans l'air. Martin Vanger avait placé Millenium dans la balance. Un instant plus tard, Mikael se versa un nouveau verre d'aquavit et reprit le Val McDermid.

Vers 21 heures, le chat tigré roux arriva et se frotta contre ses jambes. Il le souleva et le gratta derrière les oreilles.

— Alors comme ça, on est deux à s'ennuyer le soir de la Saint-Jean, fit-il.

Aux premières gouttes de pluie, il rentra se coucher. Le chat préféra rester dehors.

LISBETH SALANDER SORTIT sa Kawasaki pour la Saint-Jean et consacra la journée à lui accorder une bonne révision. Une petite cylindrée de 125 centimètres cubes n'était sans doute pas la bécane idéale pour frimer, mais c'était la sienne et elle savait la conduire. Elle l'avait rénovée toute seule, écrou par écrou, et elle l'avait débridée pour pouvoir rouler juste un peu au-dessus de la vitesse autorisée.

Dans l'après-midi, elle enfila le casque et la combinaison de cuir et se rendit à la maison de santé d'Äppelviken, où elle passa la soirée dans le parc avec sa maman. Elle en ressortit avec une pointe d'inquiétude et de mauvaise conscience. Sa maman paraissait plus absente que jamais auparavant. Pendant les trois heures où elles étaient restées ensemble, elles n'avaient échangé que quelques rares paroles, et sa mère ne semblait pas savoir avec qui elle parlait.

MIKAEL CONSACRA PLUSIEURS JOURS à essayer d'identifier la voiture immatriculée AC. Quelque peu perplexe au début, il finit par contacter un mécanicien à la retraite à Hedestad qui sut déterminer que la voiture était une Ford Anglia, modèle apparemment banal mais dont Mikael n'avait jamais entendu parler. Puis il contacta un fonctionnaire aux Mines pour voir s'il était possible d'obtenir une liste de toutes les Ford Anglia qui en 1966 avaient eu la plaque d'immatriculation AC3 quelque chose. Il avait essayé d'autres pistes quand la réponse arriva qu'un tel examen des registres était sans doute possible, mais que ça prendrait du temps et qu'on évoluait là légèrement en dehors du principe de ce qui était accessible au public.

Ce n'est que plusieurs jours après le week-end de la Saint-Jean que Mikael se mit au volant de sa Volvo d'emprunt et se dirigea vers le nord sur l'E4. Il n'avait jamais aimé conduire vite et il manœuvrait la voiture sans se presser. Juste avant le pont de Härnösand, il s'arrêta prendre un café à la pâtisserie de Vesterlund.

L'arrêt suivant fut Umeå, où il fit halte à un motel et mangea un plat du jour. Il acheta un atlas routier et poursuivit jusqu'à Skellefteå, où il bifurqua à gauche en direction de Norsjö. Vers 18 heures, il était arrivé et il prit une chambre à l'hôtel Norsjö.

Il commença ses recherches tôt le lendemain matin. La Menuiserie de Norsjö n'existait pas dans l'annuaire. La réceptionniste de l'hôtel perdu des lointains nordiques, une fille d'une vingtaine d'années, n'en avait jamais entendu parler.

— A qui pourrais-je demander ?

Elle eut l'air troublée pendant une seconde, avant de s'illuminer et de dire qu'elle allait appeler son père. Deux minutes plus tard, elle revint et expliqua que la Menuiserie de Norsjö avait fermé boutique au début des années 1980. Si Mikael avait besoin de parler avec quelqu'un qui en savait un peu plus sur l'entreprise, il devrait aller voir un certain Hartman qui y avait travaillé comme contremaître et qui habitait maintenant le quartier des Tournesols.

NORSJÖ ÉTAIT UN PETIT BOURG avec une rue principale, fort à-propos baptisée Grand-Rue, traversant la localité de bout en bout et bordée de boutiques et de rues transversales avec des maisons d'habitation. A l'entrée est du bourg s'étendait une petite zone industrielle et des écuries ; à la sortie côté ouest se dressait une très belle église en bois. Mikael nota que le village offrait également une congrégation des missionnaires et une congrégation des pentecôtistes. Une autre affiche sur un panneau à l'arrêt du bus vantait un musée de la Chasse et un musée du Ski. Une affiche défraîchie annonçait que Veronika allait chanter à la fête de la Saint-Jean. Il pouvait marcher d'un bout à l'autre du village en un peu plus de vingt minutes.

Le quartier des Tournesols était un lotissement pavillonnaire situé à environ cinq minutes de l'hôtel. Hartman n'ouvrit pas quand Mikael sonna à la porte. Il était 9 h 30, et il supposa que l'homme qu'il cherchait était soit au boulot, soit sorti faire une course s'il était à la retraite.

L'étape suivante fut la quincaillerie dans la Grand-rue. Quand on habite Norsjö, on passe forcément à la quincaillerie à un moment ou un autre, se dit Mikael. Il y avait deux vendeurs dans la boutique ; Mikael choisit celui qui semblait le plus âgé, la cinquantaine entamée.

— Bonjour, je cherche un couple qui habitait probablement ici à Norsjö dans les années 1960. L'homme travaillait peut-être à la Menuiserie de Norsjö. Je ne sais pas comment ils s'appelaient, mais j'ai ici deux photos qui datent de 1966.

Le vendeur regarda longuement les photos, puis finit par secouer la tête en expliquant qu'il ne reconnaissait ni l'homme ni la femme.

Au déjeuner, Mikael prit un hot-dog français au kiosque près de l'arrêt de bus. Abandonnant les boutiques, il était passé à la mairie, à la bibliothèque et à la pharmacie. Il n'y avait personne au commissariat et il se mit à poser carrément la question au hasard à des personnes âgées. Vers 14 heures, il aborda deux femmes plus jeunes qui, si elles ne reconnurent pas le couple sur la photo, lui donnèrent une bonne idée.

— Si la photo a été prise en 1966, ces gens doivent avoir la soixantaine aujourd'hui. Pourquoi vous n'iriez pas demander aux retraités à la maison du troisième âge à Solbacka ?

A l'accueil de la maison en question, Mikael se présenta à une femme d'une trentaine d'années et expliqua ce qui l'amenait. Elle lui lança un regard suspicieux mais finit par se laisser amadouer. Elle accompagna Mikael à la salle de séjour où il passa une demi-heure à montrer les photos à un grand nombre de pensionnaires ayant dans les soixantedix ans ou plus. Malgré leur amabilité, aucun ne sut identifier les personnes photographiées à Hedestad en 1966.

Vers 17 heures, il retourna aux Tournesols et frappa chez les Hartman. Cette fois-ci, la chance lui sourit. Les Hartman, tous deux retraités, avaient passé la journée dehors. On le fit entrer dans la cuisine, où madame mit tout de suite un café en route pendant que Mikael expliquait ce qu'il cherchait. Exactement comme pour les autres tentatives au cours de la journée, ce fut un flop. Hartman se gratta la tête, alluma une pipe et constata après un moment qu'il ne reconnaissait pas les gens sur la photo. Mari et femme parlaient entre eux le patois typique de Norsjö que par moments Mikael eut du mal à comprendre. Madame voulait sans doute dire « cheveux bouclés » quand elle constata que la femme sur la photo avait « des knövelhära ».

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