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Purgatoire des innocents

Электронная книга - «Purgatoire des innocents». Краткое содержание книги:

Je m'appelle Raphaël, j'ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, nous venons de dérober trente millions d'euros de bijoux. Ç'aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts, un blessé grave. Le blessé, c'est mon frère. Alors, je dois trouver une planque où il pourra reprendre des forces.
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La porte claque à nouveau, celle de la pièce d’à côté s’ouvre.

Il ne se passe pas une minute avant que Jessica se mette à hurler.

Raphaël serre les mâchoires.

Aura-t-il encore longtemps la force de supporter ce bras de fer ?

*

— Qu’est-ce que vous voulez ? demande Lefèbvre en ouvrant la porte de la cellule.

— Finalement, je souhaite qu’on prévienne quelqu’un.

Le commissaire hoche le menton.

— Qui ?

— Mon oncle.

Il sort un calepin et un stylo de la poche de sa veste, prend note.

— Son identité, je vous prie.

Sandra hésite.

Lui sauver la mise, une fois encore.

Ça signifie condamner à mort Raphaël, son frère. Et Jessica. Une douleur étrange lui serre le cœur.

Ne me trahis jamais. Jamais, tu entends ?

Oui, elle entend. Cette voix qu’elle ne peut fuir. Comme s’il tirait à cet instant précis sur les chaînes qu’il a enroulées autour de sa gorge il y a tant d’années. Et qui l’étranglent lentement.

— Alors ? s’impatiente le commissaire.

— Patrick Lesage.

— Son numéro de téléphone ?

— Il n’a pas de fixe. Son portable, c’est le 06 11…

Lefèbvre relève la tête.

— Je vous écoute !

— Attendez…

Sandra se concentre pour se remémorer le numéro du second portable que papa a gardé avec lui. Et qu’il lui a demandé d’apprendre par cœur.

Portable intraçable, comme celui qu’il lui a donné.

— 06 11 11 01 12.

— Vous n’avez pas l’air très sûre de vous, souligne Lefèbvre.

— Si, c’est ça, je m’en souviens maintenant.

Le flic note le numéro.

— Je vais demander à ce qu’on le prévienne de votre garde à vue.

Sandra ne songe pas à le remercier, il referme la porte et disparaît dans les étages.

Elle retourne sur son banc, soudain vidée de toute énergie.

Au moins, il sera au courant. Et fera le ménage.

Raphaël va mourir.

Une femme le pleure déjà.

*

Elle l’appelle au secours. D’une voix de plus en plus faible.

Alors, Raphaël hoche la tête. Et William, qui n’attendait que ça, se met à hurler.

— Arrête, on va téléphoner !… Arrête ça, putain !

Les cris cessent enfin. S’ensuivent les gémissements. Une porte qui claque, une autre qui s’ouvre.

— Vous m’avez parlé ? demande papa d’un ton désinvolte.

— C’est bon ! crache William. On va le passer ton appel de merde !

— Parle-moi sur un autre ton, fiston. D’accord ?

William voudrait lui répondre. Mais ce type a quelque chose de si effrayant dans les yeux… Une totale absence de compassion.

Content d’avoir repris la main, Patrick tend le portable à Raphaël. Le braqueur refuse de le prendre.

— Aspirine, dit-il simplement.

— Allons, champion, me prends pas pour un con, je t’en prie.

— J’ai pas envie que tu continues à martyriser la petite. Alors, je vais le passer ton putain de coup de fil. Mais donne-moi d’abord le médoc… Parce que… Je sais pas si… je vais tenir le… choc.

— OK, soupire Patrick.

Il disparaît dans la salle de bains quelques instants, revient avec un verre d’eau dans lequel il fait dissoudre un comprimé effervescent.

Raphaël ayant totalement perdu l’usage de sa main libre, c’est William qui l’aide à boire le médicament.

William, aussi, qui compose le numéro et tient le combiné.

— Salut Pierre. C’est moi.

— Salut Raph… T’as une drôle de voix ! T’es malade ?

— Je suis pas au mieux de ma forme… Mais rien de grave, t’en fais pas. Dis-moi, est-ce qu’une nana est passée prendre l’argent ?

— Une nana ?

— Ouais… Sandra. C’est la femme de l’ami qui devait venir.

— J’ai vu personne, fils. Alors que j’attends depuis trois jours sans sortir de chez moi !

— Elle aurait dû venir ce matin…

— Ben elle est pas venue. Je dois l’attendre encore ?

— Oui. Elle devrait se pointer aujourd’hui…

— D’accord, je bouge pas.

— Merci, Pierrot.

William tend le portable à Patrick. Qui encaisse la nouvelle en silence.

— Faut jamais faire confiance aux gonzesses, envoie Raphaël. Tu sais pas ça à ton âge, papa ?

CHAPITRE 61

Ils ont déjà commencé à chercher tous les Patrick Lesage de France et d’outre-mer.

Mais c’est un patronyme plutôt répandu.

— Bon, j’appelle ? demande le capitaine.

— Je m’en charge, répond Lefèbvre. Je suis le seul à connaître la voix d’Orgione. On ne sait jamais…

Il compose le numéro, met le haut-parleur. Dès la seconde sonnerie, un homme décroche.

— Oui ?

— J’aimerais parler à Patrick Lesage, s’il vous plaît.

Un court silence suit cette demande.

— C’est moi, répond enfin l’homme.

— Vous êtes Patrick Lesage ?

— Oui, c’est moi. Qu’est-ce que vous me voulez ?

— Je suis le commissaire Pierre Lefèbvre, police judiciaire. Je vous appelle sur demande de votre nièce, Sandra. Pour vous informer qu’elle se trouve dans nos locaux, à Marseille. Elle est en garde à vue.

Le commissaire attend sa réaction avant de poser sa première question.

Mais il n’en aura pas le temps : l’homme vient de raccrocher.

— Et merde ! s’emporte le flic. J’aime pas ça du tout !

— C’était Orgione ? interroge le capitaine.

— Non, mais je ne comprends pas pourquoi ce type a raccroché aussi vite… Il n’a même pas voulu savoir pourquoi elle était ici !

— Peut-être parce qu’il le sait déjà, suggère le capitaine.

Lefèbvre compose à nouveau le numéro, tombe directement sur le répondeur. Un message impersonnel, préenregistré, le convie à laisser ses coordonnées. Alors, il raccroche un peu brutalement.

— Je comprends rien à cette histoire, bougonne le flic. Raphaël Orgione, l’homme le plus recherché de ce pays, envoie une fille dans mes pattes. À mon adresse perso… Elle ne sait pas qu’elle se rend chez un flic. Elle croit débarquer chez un ami de Raphaël qui aurait de l’argent caché, provenant d’un butin…

Le capitaine Morel l’écoute attentivement.

— En m’envoyant cette fille, il m’envoie un message. C’est qu’il veut que je le retrouve. Et s’il veut que je le retrouve, c’est qu’il est dans la merde.

— Ou alors, il se fout de votre gueule ! dit le capitaine.

— Non… Ce type est réglo.

Morel le toise de travers.

— Vieille école, ajoute le commissaire. Non, Raphaël veut mon aide. N’oublions pas qu’il se balade avec un sac de cailloux d’une valeur estimée à plusieurs millions d’euros…

— Il s’est fait doubler, imagine Morel.

— Peut-être.

Trois coups frappés à la porte interrompent leur réflexion. Un lieutenant entre en trombe, sans attendre qu’on l’y invite.

— On connaît son identité ! annonce-t-il avec fierté.

— Balance, ordonne le commissaire.

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