Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические приключения » Le vicomte de Bragelonne Tome III
Le vicomte de Bragelonne Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vicomte de Bragelonne Tome III

Электронная книга - «Le vicomte de Bragelonne Tome III». Краткое содержание книги:

Dernière page de l'histoire des quatre amis, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis… Le règne de Louis XIV commence, chacun a vieilli et évolué, mais conserve sa personnalité d'autrefois. Dans ce livre, le héros est le vicomte de Bragelonne, qui n'est autre que le fils d'Athos, mais les anciens mousquetaires ne sont jamais loin quand il s'agit d'intrigues et d'aventures…
1 ... 96 97 98 99 100 101 102 103 104 ... 135
Перейти на страницу:

– Je me rappelai donc, continua la duchesse, que nous n’avions rien dit dans ce cimetière, ni vous de ce que vous étiez à ce franciscain dont vous avez surveillé l’inhumation, ni moi de ce que je lui étais. Aussi, tout cela m’a paru indigne de deux bons amis comme nous, et j’ai cherché l’occasion de me rapprocher de vous pour vous donner la preuve que je vous suis acquise, et que Marie Michon, la pauvre morte, a laissé sur terre une ombre pleine de mémoire.

Aramis s’inclina sur la main de la duchesse et y déposa un galant baiser.

– Vous avez dû avoir quelque peine à me retrouver, dit-il.

– Oui, fit-elle, contrariée d’être ramenée à ce que voulait savoir Aramis; mais je vous savais ami de M. Fouquet, j’ai cherché près de M. Fouquet.

– Ami? oh! s’écria le chevalier, vous dites trop, madame. Un pauvre prêtre favorisé par ce généreux protecteur, un cœur plein de reconnaissance et de fidélité, voilà tout ce que je suis à M. Fouquet.

– Il vous a fait évêque?

– Oui, duchesse.

– Mais, beau mousquetaire, c’est votre retraite.

«Comme à toi l’intrigue politique», pensa Aramis.

– Or, ajouta-t-il, vous vous enquîtes auprès de M. Fouquet?

– Facilement. Vous aviez été à Fontainebleau avec lui, vous aviez fait un petit voyage à votre diocèse, qui est Belle-Île-en-Mer, je crois?

– Non pas, non pas, madame, dit Aramis. Mon diocèse est Vannes.

– C’est ce que je voulais dire. Je croyais seulement que Belle-Île-en-Mer…

– Est une maison à M. Fouquet, voilà tout.

– Ah! c’est qu’on m’avait dit que Belle-Île-en-Mer était fortifiée or, je vous sais homme de guerre, mon ami.

– J’ai tout désappris depuis que je suis d’Église, dit Aramis piqué.

– Il suffit… J’ai donc su que vous étiez revenu de Vannes, et j’ai envoyé chez un ami, M. le comte de La Fère.

– Ah! fit Aramis.

– Celui-là est discret: il m’a fait répondre qu’il ignorait votre adresse.

«Toujours Athos, pensa l’évêque: ce qui est bon est toujours bon.»

– Alors… vous savez que je ne puis me montrer ici, et que la reine mère a toujours contre moi quelque chose.

– Mais oui, et je m’en étonne.

– Oh! cela tient à toutes sortes de raisons. Mais passons… Je suis forcée de me cacher; j’ai donc, par bonheur, rencontré M. d’Artagnan, un de vos anciens amis, n’est-ce pas?

– Un de mes amis présents, duchesse.

Il m’a renseignée, lui; il m’a envoyée à M. de Baisemeaux, le gouverneur de la Bastille.

Aramis frissonna, et ses yeux dégagèrent dans l’ombre une flamme qu’il ne put cacher à sa clairvoyante amie.

– M. de Baisemeaux! dit-il; et pourquoi d’Artagnan vous envoya-t-il à M. de Baisemeaux?

– Ah! je ne sais.

– Que veut dire ceci? dit l’évêque en résumant ses forces intellectuelles pour soutenir dignement le combat.

– M. de Baisemeaux était votre obligé, m’a dit d’Artagnan.

– C’est vrai.

– Et l’on sait toujours l’adresse d’un créancier comme celle d’un débiteur.

– C’est encore vrai. Alors, Baisemeaux vous a indiqué?

– Saint-Mandé, où je vous ai fait tenir une lettre.

– Que voici, et qui m’est précieuse, dit Aramis, puisque je lui dois le plaisir de vous voir.

La duchesse, satisfaite d’avoir ainsi effleuré sans malheur toutes les difficultés de cette exposition délicate, respira.

Aramis ne respira pas.

– Nous en étions, dit-il, à votre visite à Baisemeaux?

– Non, dit-elle en riant, plus loin.

– Alors, c’est à votre rancune contre la reine mère?

– Plus loin encore, reprit-elle, plus loin; nous en sommes aux rapports… C’est simple, reprit la duchesse en prenant son parti. Vous savez que je vis avec M. de Laicques?

– Oui, madame.

– Un quasi-époux?

– On le dit.

– À Bruxelles?

– Oui.

– Vous savez que mes enfants m’ont ruinée et dépouillée?

– Ah! quelle misère, duchesse!

– C’est affreux! il a fallu que je m’ingéniasse à vivre, et surtout à ne point végéter.

– Cela se conçoit.

– J’avais des haines à exploiter, des amitiés à servir; je n’avais plus de crédit, plus de protecteurs.

– Vous qui avez protégé tant de gens, dit suavement Aramis.

– C’est toujours comme cela, chevalier. Je vis, en ce temps, le roi d’Espagne.

– Ah!

– Qui venait de nommer un général des jésuites, comme c’est l’usage.

– Ah! c’est l’usage?

– Vous l’ignoriez?

– Pardon, j’étais distrait.

– En effet, vous devez savoir cela, vous qui étiez en si bonne intimité avec le franciscain.

– Avec le général des jésuites, vous voulez dire?

– Précisément… Donc je vis le roi d’Espagne. Il me voulait du bien et ne pouvait m’en faire. Il me recommanda cependant, dans les Flandres, moi et Laicques, et me fit donner une pension sur les fonds de l’ordre.

– Des jésuites?

– Oui. Le général, je veux dire le franciscain, me fut envoyé.

– Très bien.

– Et comme, pour régulariser la situation, d’après les statuts de l’ordre, je devais être censée rendre des services… Vous savez que c’est la règle?

– Je l’ignorais.

Mme de Chevreuse s’arrêta pour regarder Aramis; mais il faisait nuit sombre.

– Eh bien! c’est la règle, reprit-elle. Je devais donc paraître avoir une utilité quelconque. Je proposai de voyager pour l’ordre, et l’on me rangea parmi les affiliés voyageurs. Vous comprenez que c’était une apparence et une formalité.

– À merveille.

– Ainsi touchai-je ma pension, qui était fort convenable.

– Mon Dieu! duchesse, ce que vous me dites là est un coup de poignard pour moi. Vous, obligée de recevoir une pension des jésuites!

– Non, chevalier, de l’Espagne.

– Ah! sauf le cas de conscience, duchesse, vous m’avouerez que c’est bien la même chose.

– Non, non, pas du tout.

– Mais enfin, de cette belle fortune, il reste bien…

– Il me reste Dampierre. Voilà tout.

– C’est encore très beau.

– Oui, mais Dampierre grevé, Dampierre hypothéqué, Dampierre un peu ruiné comme la propriétaire.

– Et la reine mère voit tout cela d’un œil sec? dit Aramis avec un curieux regard qui ne rencontra que ténèbres.

– Oui, elle a tout oublié.

– Vous avez, ce me semble, duchesse, essayé de rentrer en grâce?

– Oui; mais, par une singularité qui n’a pas de nom, voilà-t-il pas que le petit roi hérite de l’antipathie que son cher père avait pour ma personne. Ah! me direz-vous, je suis bien une de ces femmes que l’on hait, je ne suis plus de celles que l’on aime.

1 ... 96 97 98 99 100 101 102 103 104 ... 135
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)