Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Maupassant - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Maupassant

Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:

Ce livre des œuvres complètes de Guy de Maupassant est exhaustif. Il réunit ses huit romans (dont deux inachevés), ses quelques 350 nouvelles réunies en 24 recueils, ses sept pièces de théâtre (dont deux inachevées), toutes ses poésies (réunies en deux volumes), ses carnets de voyages ainsi que les centaines d’articles qu’il écrivit pour la presse entre 1876 et 1891 (classées par dates de publication et par recueils annuels). Une introduction de l’éditeur explique le parcours et l’œuvre de Guy de Maupassant. Ce livre est le fruit d'une somme de travail considérable. Les quelques milliers de pages de « Maupassant : Œuvres complètes » sont réparties en 57 volumes, ayant chacun un sommaire interactif propre. Aussi, un sommaire général permet d’accéder instantanément à n'importe lequel de ses volumes, ou, au choix, à un de ses chapitres, nouvelles, contes fantastiques, poésies, articles de presse, etc. Toutes ces œuvres ont été relues, corrigées lorsque cela était nécessaire, et mises en page avec soin pour en rendre leur lecture aussi agréable que possible.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
1 ... 971 972 973 974 975 976 977 978 979 ... 1460
Перейти на страницу:

Alexandre répondit

« Oh non, Madame. »

Depuis trente-cinq ans il était au service de ce ménage, d’abord comme ordonnance de l’officier, puis comme simple valet qui n’a pas voulu quitter ses maîtres ; et depuis six ans, il roulait chaque après-midi sa patronné par les étroits chemins autour de la ville.

De ce long service dévoué, de ce tête-à-tête quotidien ensuite, était résultée entre la vieille dame et le serviteur une espèce de familiarité, affectueuse chez elle, déférente chez lui.

Ils parlaient des affaires de la maison comme on le fait entre égaux. Leur principal sujet de causerie et d’inquiétude était d’ailleurs le mauvais caractère du capitaine, aigri par une longue carrière commencée avec éclat, puis écoulée sans avancement, et terminée sans gloire.

Mme Maramballe reprit :

« Pour être mal levé, il était mal levé. Ça lui arrive trop souvent depuis qu’il a quitté le service. »

Et Alexandre, avec un soupir, compléta la pensée de sa maîtresse.

« Oh ! Madame peut dire que ça lui arrive tous les jours et que ça lui arrivait aussi avant d’avoir quitté l’armée.

— Ça c’est vrai. Mais il n’a pas eu de chance non plus, cet homme. Il a débuté par un acte de bravoure qui l’a fait décorer à vingt ans, et puis de vingt à cinquante il n’a pas pu aller plus haut que capitaine, alors qu’il comptait bien au début être au moins colonel à sa retraite.

— Madame pourrait dire encore que c’est sa faute après tout. S’il n’avait pas toujours été doux comme une cravache, ses chefs l’auraient aimé et protégé davantage. Ça ne sert à rien d’être dur, faut plaire aux gens pour être bien vu.

« Qu’il nous traite comme ça, nous autres, c’est notre faute aussi puisque ça nous plaît de rester avec lui, mais pour les autres c’est différent. »

Mme Maramballe réfléchissait. Oh ! depuis des années et des années, elle songeait ainsi chaque jour aux brutalités de son mari qu’elle avait épousé autrefois, voilà bien longtemps, parce qu’il était bel officier, décoré tout jeune, et plein d’avenir, disait-on. Comme on se trompe dans la vie !

Elle murmura :

« Arrêtons-nous un peu, mon pauvre Alexandre, et reposez-vous sur votre banc. »

C’était un petit banc de bois à moitié pourri planté au détour de l’allée pour les promeneurs du dimanche. Chaque fois qu’on venait de ce côté, Alexandre avait coutume de souffler quelques minutes sur ce siège.

Il s’y assit et prenant dans ses deux mains, avec un geste familier et plein d’orgueil, sa belle barbe blanche ouverte en éventail, il la serra puis la fit glisser en fermant les doigts jusqu’à la pointe qu’il retint quelques instants sur le creux de son estomac comme pour l’y fixer et constater une fois de plus la grande longueur de cette végétation.

Mme Maramballe reprit :

« Moi, je l’ai épousé ; il est juste et naturel que je supporte ses injustices, mais ce que je ne comprends pas, c’est que vous l’ayez enduré aussi, vous, mon brave Alexandre ! »

Il fit un mouvement vague des épaules et dit seulement :

« Oh ! Moi… Madame. »

Elle ajouta :

« En effet. J’y ai souvent pensé. Vous étiez son ordonnance quand je l’ai épousé et vous ne pouviez guère faire autrement que de le supporter. Mais depuis, pourquoi êtes-vous resté avec nous qui vous payons si peu et qui vous traitons si mal, alors que vous auriez pu faire comme tout le monde, vous établir, vous marier, avoir des enfants, créer une famille ? »

Il répéta :

« Oh ! Moi, Madame, c’est différent. » Puis il se tut ; mais il tirait sur sa barbe comme s’il eût sonné une cloche qui résonnait en lui, comme s’il eût cherché à l’arracher, et il roulait des yeux effarés d’homme plongé dans l’embarras.

Mme Maramballe suivait sa pensée.

« Vous n’êtes pas un paysan. Vous avez reçu de l’éducation… »

Il l’interrompit avec fierté :

« J’avais étudié pour être géomètre-arpenteur, Madame.

— Alors, pourquoi êtes-vous resté près de nous, à gâcher votre existence ? »

Il balbutia :

« C’est comme ça ! C’est comme ça ! C’est la faute de ma nature.

— Comment, de votre nature ?

— Oui, quand je m’attache, je m’attache et c’est fini. »

— Elle se mit à rire.

« Voyons, vous n’allez pas me faire croire que les bons procédés et la douceur de Maramballe vous ont attaché à lui pour la vie. »

Il s’agitait sur son banc, la tête visiblement perdue et il marmotta dans les longs poils de sa moustache :

« C’est pas lui, c’est vous ! »

La vieille dame, qui avait une figure très douce, couronnée entre le front et la coiffure par une ligne neigeuse de cheveux frisés papillotés chaque jour avec soin et luisants comme des plumes de cygne, fit un mouvement dans sa voiture et contempla son domestique avec des yeux très surpris.

« Moi, mon pauvre Alexandre. Comment ça ? »

Il se mit à regarder en l’air, puis de côté, puis au loin, en tournant la tête, comme font les hommes timides forcés d’avouer des secrets honteux. Puis il déclara avec un courage de troupier à qui on ordonne d’aller au feu :

« C’est comme ça. La première fois que j’ai porté à Mademoiselle une lettre du lieutenant et que Mademoiselle m’a donné vingt sous en me faisant un sourire, ce fut décidé comme ça. »

Elle insistait, comprenant mal.

« Voyons, expliquez-vous. »

Alors il jeta avec l’épouvante d’un misérable qui avoue un crime et qui se perd :

« J’ai eu un sentiment pour Madame. Voilà ! »

Elle ne répondit rien, cessa de le regarder, baissa la tête et réfléchit. Elle était bonne, pleine de droiture, de douceur, de raison et de sensibilité.

Elle songea, en une seconde, à l’immense dévouement de ce pauvre être qui avait renoncé à tout pour vivre à côté d’elle, sans rien dire. Et elle eut envie de pleurer.

Puis, prenant une figure un peu grave, mais point fâchée :

« Rentrons », dit-elle.

Il se leva, passa derrière la chaise roulante, et se remit à la pousser.

Comme ils approchaient du village, ils aperçurent au milieu du chemin le capitaine Maramballe qui venait vers eux.

Dès qu’il les eut rejoints, il dit à sa femme avec le visible désir de se fâcher :

« Qu’est-ce que nous avons pour dîner ?

— Un petit poulet et des flageolets. »

Il s’emporta.

« Un poulet, encore du poulet, toujours du poulet, nom de dieu ! J’en ai assez, moi, de ton poulet. Tu n’as donc pas une idée dans la tête que tu me fais manger tous les jours la même chose ? »

Elle répondit, résignée :

« Mais, mon chéri, tu sais que le docteur te l’ordonne. C’est encore ce qu’il y a de meilleur pour ton estomac. Si tu n’avais pas l’estomac malade, je te ferais manger bien des choses que je n’ose pas te servir. »

Alors, il se planta, exaspéré, devant Alexandre.

« C’est la faute de cette brute-là si j’ai l’estomac malade. Voilà trente-cinq ans qu’il m’empoisonne avec sa saleté de cuisine. »

Mme Maramballe, brusquement, tourna la tête presque tout à fait pour apercevoir le vieux domestique. Leurs yeux alors se rencontrèrent et ils se dirent, dans ce seul regard : « Merci » l’un et l’autre.

2 septembre 1889

L’ENDORMEUSE

La Seine s’étalait devant ma maison, sans une ride, et vernie par le soleil du matin. C’était une belle, large, lente, longue coulée d’argent empourprée par places ; et de l’autre côté du fleuve, de grands arbres alignés étendaient sur toute la berge une immense muraille de verdure.

1 ... 971 972 973 974 975 976 977 978 979 ... 1460
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)