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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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— Regarde, il n’y a pas un sur cinq qui ait le moindre problème articulaire ; nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des gens. Nous en avons si peu, et Reynolt ne peut pas contrôler à cent pour cent le sida mental. Mais il y a bien un an que nous avons eu un simple accident médical mortel – et qui était presque inévitable. Le zombie a eu on ne sait comment une perforation du côlon juste après un bilan de santé positif. Il était unique dans sa spécialité. Ses performances chutaient, mais nous n’avons soupçonné un problème que le jour où l’odeur est devenue complètement insupportable.

L’esclave était donc mort de l’intérieur, trop dévoué pour crier sa souffrance, trop négligé pour que quiconque s’en aperçoive. Trud Silipan n’avait pour les esclaves qu’une sollicitude approximative.

Arrivés en haut, ils se retournèrent pour considérer le réseau d’humains murmurants.

— Bon, tu as raison sur un point, monsieur le soldat Trinli. Si ces gens faisaient de l’arithmétique ou du tri de chaînes alphanumériques, toute cette entreprise serait une farce. Le moindre processeur monté sur bague peut faire ce genre de truc un milliard de fois plus vite que n’importe quel humain. Tu entends causer les zombies, non ?

— Ouais, mais c’est du charabia.

— C’est du jargon interne ; ils s’y mettent très vite lorsqu’on les fait bosser en équipe. Seulement, ils n’accomplissent pas des fonctions machiniques de base. Ils utilisent nos ressources informatiques. Tu vois, pour nous autres Émergents, les zombies sont la couche système immédiatement supérieure après le logiciel. Ils peuvent mettre en œuvre l’intelligence humaine, mais avec la persistance et la patience d’une machine. Et c’est aussi pourquoi des spécialistes non Focalisés – notamment des techs comme moi – sont importants. La Focalisation est inutile s’il n’y a pas des gens normaux pour la canaliser et pour trouver l’équilibre idéal entre matériel, logiciel et Focalisation. Quand on la fait correctement, la combinaison est infiniment supérieure à tout ce vous autres Qeng Ho avez jamais pu obtenir.

Pham l’avait compris depuis longtemps, mais la contradiction suscitait régulièrement des explications plus approfondies de la part d’Émergents comme Trud Silipan.

— Alors, qu’est-ce que ce groupe est en train de faire au juste ?

— Voyons voir.

D’un geste, il indiqua à Pham de chausser ses ATH.

— Ah, tu vois ? Nous les avons divisés en trois groupes. Le tiers supérieur, c’est le traitement par alternance de couches, des zombies qu’on peut facilement réaffecter. Ils sont super pour des tâches de routine, comme les requêtes directes. Le tiers médian, c’est la programmation. Ça devrait t’intéresser, en tant que programmeur d’armes.

Il afficha quelques tables de dépendance. Une jungle d’absurdités, d’immenses blocs sans cohérence évolutive.

— C’est une réécriture de ton propre code d’acquisition des cibles.

— Foutaises ! Je ne pourrais jamais faire tenir debout un machin pareil.

— Toi, non. Mais un gestionnaire du personnel de programmation – Rita Liao, par exemple – peut y arriver, tant qu’elle dispose d’une équipe de zombies programmeurs. Elle leur fait redisposer et optimiser le code. Ils ont accompli ce que pourraient accomplir des humains ordinaires s’ils pouvaient se concentrer pour une durée infinie. Avec un bon logiciel de développement, ces zombies ont produit un code pratiquement deux fois plus court que ton original… et cinq fois plus rapide sur le même matériel. Ils ont aussi éliminé des centaines de bogues.

Pham ne dit rien pendant un moment. Il sautait d’un écran à l’autre dans le dédale des tables de dépendance. Il avait travaillé des années sur les codes de guidage des armes. Bien sûr qu’il y avait des bogues, comme dans tout système d’une certaine ampleur. Le code des systèmes d’armement avait pourtant fait l’objet de milliers d’années de travail, d’efforts constants pour améliorer sa performance et éliminer ses défauts… Pham effaça ses ATH et considéra les rangées d’esclaves. Quel terrible prix à payer… pour des résultats aussi prodigieux.

Silipan étouffa un rire.

— Ne me la fais pas, Trinli. Je vois bien que tu es impressionné.

— Ouais. Si ça marche, alors je le suis. Et ils font quoi, ceux du troisième groupe ?

Mais Silipan reprenait déjà le chemin de l’entrée.

— Oh, eux, dit-il en agitant négligemment la main en direction des zombies sur sa droite. Le projet actuel de Reynolt. Nous passons au crible le corpus de votre code système d’escadre, pour trouver des passages secrets, ce genre de truc.

C’était la quête sans espoir qui préoccupait les gestionnaires système les plus paranos, mais, après ce qu’il venait de voir… Pham ne se sentit tout à coup plus tellement en sécurité. Combien de temps me reste-t-il avant qu’ils repèrent certaines de mes anciennes retouches ?

Quittant la salle de groupe, ils redescendirent par la tour centrale.

— Tu vois, Pham, vous autres – tous les Qeng Ho – avez grandi avec des œillères. Vous savez que certaines choses sont impossibles, point final. Je vois bien les clichés dans votre littérature : « La qualité des résultats est fonction de la qualité des données à l’entrée » ; « Le problème, avec l’automatisation, c’est qu’elle fait exactement ce qu’on lui demande » ; « L’automatisation ne peut jamais être véritablement créative ». L’humanité a accepté ces assertions pendant des milliers d’années. Mais nous autres Émergents les avons réfutées ! Avec l’aide des zombies, je peux obtenir des performances correctes à partir de données d’entrée ambiguës. Je peux obtenir une traduction efficace d’une langue naturelle. Je peux obtenir un jugement de qualité humaine dans le cadre de l’automatisation !

Ils se laissèrent porter vers le bas à plusieurs mètres par seconde ; la circulation montante était à présent réduite. La lumière au pied de la tour brillait d’un éclat plus vif.

— Ouais, et la créativité alors ?

Un sujet sur lequel Trud adorait pontifier.

— On a même ça aussi, Pham. Bon, pas toutes les formes de créativité. Comme je l’ai déjà dit, on a réellement besoin de gestionnaires comme Rita et moi-même, et des Subrécargues au-dessus de nous. Mais tu as entendu parler des gens véritablement créatifs, ces artistes qui finissent dans les pages de vos livres d’histoire ? Le plus souvent, c’est des pauvres hères qui passent à côté de la vie. Qui sont complètement obsédés par une seule chose : apprendre le maximum sur un seul sujet. Un individu sain d’esprit ne pourrait pas risquer de perdre famille et amis pour la seule raison qu’il doit se concentrer très fort. Bien sûr, la contrepartie, c’est que ce zigue peut découvrir des trucs ou faire des trucs qui sont totalement inattendus. Tu vois, c’est en ce sens qu’il y toujours eu un peu de Focalisation dans la race humaine. Nous autres Émergents avons simplement institutionnalisé ce sacrifice afin que la collectivité tout entière puisse en bénéficier de manière concentrée et organisée.

Silipan tendit les bras, frôlant les parois de chaque côté pour ralentir sa descente. Il se laissa un moment distancer avant que Pham commence à freiner lui aussi.

— C’est dans combien de temps, ton rendez-vous avec Anne Reynolt ? demanda Silipan.

— Un peu plus d’une Ksec.

— D’ac. Alors, je vais être bref. Pas question de faire attendre la patronne, dit-il en riant.

Silipan semblait avoir très peu de considération pour Anne Reynolt. Si elle était incompétente, des tas de choses seraient plus simples pour Pham Trinli…

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