Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » Le vicomte de Bragelonne Tome II
Le vicomte de Bragelonne Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vicomte de Bragelonne Tome II

Электронная книга - «Le vicomte de Bragelonne Tome II». Краткое содержание книги:

Dernière page de l'histoire des quatre amis, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis… Le règne de Louis XIV commence, chacun a vieilli et évolué, mais conserve sa personnalité d'autrefois. Dans ce livre, le héros est le vicomte de Bragelonne, qui n'est autre que le fils d'Athos, mais les anciens mousquetaires ne sont jamais loin quand il s'agit d'intrigues et d'aventures…
1 ... 89 90 91 92 93 94 95 96 97 ... 143
Перейти на страницу:

– Votre faveur l’engraissera.

– Henriette!

– Enfin, vous m’avez laissée maîtresse?

– Hélas! oui.

– Eh bien! c’est mon choix; je vous l’impose. Subissez-le.

– Oh! je subirais une des Furies, si vous me l’imposiez.

– La Vallière est douce comme un agneau; ne craignez pas qu’elle vous contredise jamais quand vous lui direz que vous l’aimez.

Et Madame se mit à rire.

– Oh! vous n’avez pas peur que je lui en dise trop, n’est-ce pas?

– C’était dans mon droit.

– Soit.

– C’est donc un traité fait?

– Signé.

– Vous me conserverez une amitié de frère, une assiduité de frère, une galanterie de roi, n’est-ce pas?

– Je vous conserverai un cœur qui n’a déjà plus l’habitude de battre qu’à votre commandement.

– Eh bien! voyez-vous l’avenir assuré de cette façon?

– Je l’espère.

– Votre mère cessera-t-elle de me regarder en ennemie?

– Oui.

– Marie-Thérèse cessera-t-elle de parler en espagnol devant Monsieur, qui a horreur des colloques faits en langue étrangère, parce qu’il croit toujours qu’on l’y maltraite?

– Hélas! a-t-il tort? murmura le roi tendrement.

– Et pour terminer, fit la princesse, accusera-t-on encore le roi de songer à des affections illégitimes, quand il est vrai que nous n’éprouvons rien l’un pour l’autre, si ce n’est des sympathies pures de toute arrière-pensée?

– Oui, oui, balbutia le roi. Mais on dira encore autre chose.

– Et que dira-t-on, Sire? En vérité, nous ne serons donc jamais en repos?

– On dira, continua le roi, que j’ai bien mauvais goût; mais qu’est-ce que mon amour-propre auprès de votre tranquillité?

– De mon honneur, Sire, et de celui de notre famille, voulez-vous dire. D’ailleurs, croyez-moi, ne vous hâtez point ainsi de vous piquer contre La Vallière; elle boite, c’est vrai, mais elle ne manque pas d’un certain bon sens. Tout ce que le roi touche, d’ailleurs, se convertit en or.

– Enfin, madame, soyez certaine d’une chose, c’est que je vous suis encore reconnaissant; vous pouviez me faire payer plus cher encore votre séjour en France.

– Sire, on vient à nous.

– Eh bien?

– Un dernier mot.

– Lequel?

– Vous êtes prudent et sage, Sire, mais c’est ici qu’il faudra appeler à votre secours toute votre prudence, toute votre sagesse.

– Oh! s’écria Louis en riant, je commence dès ce soir à jouer mon rôle, et vous verrez si j’ai de la vocation pour représenter les bergers. Nous avons grande promenade dans la forêt après le goûter, puis nous avons souper et ballet à dix heures.

– Je le sais bien.

– Or, ma flamme va ce soir même éclater plus haut que les feux d’artifice, briller plus clairement que les lampions de notre ami Colbert; cela resplendira de telle sorte que les reines et Monsieur auront les yeux brûlés.

– Prenez garde, Sire, prenez garde!

– Eh! mon Dieu, qu’ai-je donc fait?

– Voilà que je vais rentrer mes compliments de tout à l’heure… Vous, prudent! vous, sage! ai-je dit… Mais vous débutez par d’abominables folies! Est-ce qu’une passion s’allume ainsi, comme une torche, en une seconde? Est-ce que, sans préparation aucune, un roi fait comme vous tombe aux pieds d’une fille comme La Vallière?

– Oh! Henriette! Henriette! Henriette! je vous y prends… Nous n’avons pas encore commencé la campagne et vous me pillez!

– Non, mais je vous rappelle aux idées saines. Allumez progressivement votre flamme, au lieu de la faire éclater ainsi tout à coup. Jupiter tonne et fait briller l’éclair avant d’incendier les palais. Toute chose a son prélude. Si vous vous échauffez ainsi, nul ne vous croira épris, et tout le monde vous croira fou. À moins toutefois qu’on ne vous devine. Les gens sont moins sots parfois qu’ils n’en ont l’air.

Le roi fut obligé de convenir que Madame était un ange de savoir et un diable d’esprit.

– Eh bien! soit, dit-il, je ruminerai mon plan d’attaque; les généraux, mon cousin de Condé, par exemple, pâlissent sur leurs cartes stratégiques avant de faire mouvoir un seul de ces pions qu’on appelle des corps d’armée; moi, je veux dresser tout un plan d’attaque. Vous savez que le Tendre est subdivisé en toutes sortes de circonscriptions. Eh bien! je m’arrêterai au village de Petits-Soins, au hameau de Billets-Doux, avant de prendre la route de Visible-Amour; le chemin est tout tracé, vous le savez, et cette pauvre Mlle de Scudéry ne me pardonnerait point de brûler ainsi les étapes.

– Nous voilà revenus en bon chemin, Sire. Maintenant, vous plaît-il que nous nous séparions?

– Hélas! il le faut bien; car, tenez, on nous sépare.

– Ah! dit Madame Henriette, en effet, voilà qu’on nous apporte le sphinx de Mlle de Tonnay-Charente, avec les sons de trompe en usage chez les grands veneurs.

– C’est donc bien entendu: ce soir, pendant la promenade, je me glisserai dans la forêt, et trouvant La Vallière sans vous…

– Je l’éloignerai. Cela me regarde.

– Très bien! Je l’aborderai au milieu de ses compagnes, et lancerai le premier trait.

– Soyez adroit, dit Madame en riant, ne manquez pas le cœur.

Et la princesse prit congé du roi pour aller au-devant de la troupe joyeuse, qui accourait avec force cérémonies et fanfares de chasse entonnées par toutes les bouches.

Chapitre CXIII – Le ballet des Saisons

Après la collation, qui eut lieu vers cinq heures, le roi entra dans son cabinet, où l’attendaient les tailleurs.

Il s’agissait d’essayer enfin ce fameux habit du Printemps qui avait coûté tant d’imagination, tant d’efforts de pensée aux dessinateurs et aux ornementistes de la cour.

Quant au ballet lui-même, tout le monde savait son pas et pouvait figurer.

Le roi avait résolu d’en faire l’objet d’une surprise. Aussi à peine eut-il terminé sa conférence et fut-il rentré chez lui, qu’il manda ses deux maîtres de cérémonies, Villeroy et Saint-Aignan.

Tous deux lui répondirent qu’on n’attendait que son ordre, et qu’on était prêt à commencer; mais cet ordre, pour qu’il le donnât, il fallait du beau temps et une nuit propice.

Le roi ouvrit sa fenêtre; la poudre d’or du soir tombait à l’horizon par les déchirures du bois; blanche comme une neige, la lune se dessinait déjà au ciel.

Pas un pli sur la surface des eaux vertes; les cygnes eux-mêmes, reposant sur leurs ailes fermées comme des navires à l’ancre, semblaient se pénétrer de la chaleur de l’air, de la fraîcheur de l’eau, et du silence d’une admirable soirée.

Le roi, ayant vu toutes ces choses, contemplé ce magnifique tableau, donna l’ordre que demandaient MM. de Villeroy et de Saint-Aignan.

Pour que cet ordre fût exécuté royalement, une dernière question était nécessaire; Louis XIV la posa à ces deux gentilshommes.

1 ... 89 90 91 92 93 94 95 96 97 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)