Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]
Les enfants de Dune [Children of Dune - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
1 ... 88 89 90 91 92 93 94 95 96 ... 134
Перейти на страницу:

Tête droite ! ordonna-t-il à ses nerfs.

Une tête qui aurait pu être la sienne se redressa, regarda les taches de vide dans l’éblouissante clarté.

Quelqu’un murmura : « Il est en plein dedans, maintenant. »

Pas de réponse.

Rien que le feu du soleil, escalier de chaleur.

Tout en se déployant, lentement, le courant de sa conscience l’emporta au-delà d’un dernier écran de verdure, et là, par-delà les vagues basses des dunes, là, à moins d’un kilomètre de l’ultime trait de craie d’une falaise, il vit le bourgeonnement vert de l’avenir, gonflé, s’écoulant en une verdure infinie, qui s’enflait et s’épandait, vert et vif, vert et vertical, éternel.

Un vert immense où ne demeurait plus un seul ver géant.

Une croissance frénétique et l’enchevêtrement de la richesse. Sans Shai-Hulud.

Leto comprit qu’il avait franchi des frontières anciennes pour pénétrer dans un territoire nouveau que l’imagination seule avait pu observer. Il contemplait maintenant, là, ce qui existait par-delà ce rideau que l’humanité, dans son ennui, appelait L’inconnu.

L’avide réalité.

Il perçut le fruit rouge de sa vie se balançant à l’extrémité d’un rameau, perdant son fluide, et ce fluide était l’essence d’épice qui courait dans ses veines.

Sans Shai-Hulud, plus d’épice.

Il avait vu un avenir où le grand ver-serpent de Dune n’existait pas. Il le savait, et pourtant il ne pouvait s’arracher à la transe pour se détourner d’une telle voie.

Brutalement, sa conscience plongea en arrière, loin en arrière, loin de ce funeste avenir. Ses pensées suivirent les convolutions de ses entrailles, elles devinrent primitives, ne réagissant qu’aux plus intenses émotions. Il était incapable de se concentrer sur un aspect particulier de sa vision ou de son environnement, mais, en lui, il y avait une voix. Elle parlait une langue ancienne et il comprenait parfaitement ce qu’elle disait. C’était une voix musicale, mélodieuse. Mais les mots qu’il entendait étaient comme autant de coups.

« Ce n’est pas le présent qui influence l’avenir, idiot, mais c’est l’avenir qui forme le présent. Tu as tout compris à l’envers. Puisque l’avenir est déterminé, le déroulement des événements qui assureront cet avenir est inévitable et fixé. »

Ces paroles le transpercèrent. La terreur plongea de lourdes racines dans son corps. Alors, il sut que son corps existait toujours, mais l’énorme puissance et le caractère aventureux de sa vision le laissaient contaminé, vulnérable, impuissant à commander à ses muscles. Il savait qu’il se soumettait encore un peu plus à l’assaut de ces vies collectives dont les souvenirs mêlés lui avaient permis de croire qu’il était réel. La peur l’envahit. Il en vint à penser qu’il allait perdre son contrôle intérieur pour sombrer dans l’Abomination.

La terreur tordit ses membres.

Il en était venu à dépendre de sa victoire et de la récente coopération des vies-mémoires. Mais elles s’étaient retournées contre lui, toutes, même le royal Harum en qui il avait eu confiance. Il gisait, miroitant, sur une surface sans racines, incapable de donner quelque expression à sa propre existence. Il tenta de se concentrer sur une image mentale de lui-même et fut confronté à des figures qui se chevauchaient, toutes d’un âge différent : l’enfant sur le vieillard chenu. Il se souvint des premiers exercices de son père : Laisse tes mains devenir jeunes, puis vieilles. Mais son corps tout entier était maintenant immergé dans cette réalité perdue et toute la progression des images se fondait en d’autres visages, les visages de ceux qui lui avaient donné leurs souvenirs.

Un éclair de diamant le fracassa.

Les fragments de sa conscience se dispersèrent, et pourtant il conservait une notion de lui-même, quelque part entre être et non-être. A l’espoir succéda le souffle. Son corps respirait. Dedans… Dehors… Il inspira profondément : yin. Il laissa l’air s’échapper : yang.

Quelque part, hors de sa portée, il y avait un endroit de suprême indépendance, une victoire absolue sur toutes les confusions engendrées par la multitude des vies. Non pas un faux contrôle mais un triomphe véritable. Maintenant, il savait où avait résidé son erreur : il avait cherché le pouvoir dans la réalité de sa transe plutôt que d’affronter les peurs que Ghanima et lui avaient entretenues.

C’est la peur qui a détruit Alia !

Mais la quête du pouvoir démasquait un autre piège, l’attirant vers le rêve. Il vit l’illusion. Le processus d’illusion tout entier pivota d’un demi-tour et il se trouva un centre. A partir duquel il pouvait observer sans but le cours de ses visions, le défilement de ses vies intérieures.

Un sentiment d’élation[5] l’envahit. Il aurait voulu rire, mais il se refusa ce luxe, sachant qu’il risquait ainsi de forclore les portes de sa mémoire.

Ahhh ! Mes mémoires ! songea-t-il. J’ai percé votre illusion. Vous n’inventerez plus à ma place le prochain moment. Vous vous contentez de me montrer comment susciter de nouveaux moments. Je ne m’enfoncerai pas dans les vieilles ornières.

Cette pensée fut comme un chiffon humide sur sa conscience dont la surface fut propre à nouveau. Sur son passage, il eut la perception de son corps tout entier, un einfall qui lui proposait un rapport précis sur l’état de chaque cellule, de chaque nerf. Il entra alors dans un état de calme intense. Et, dans ce calme, il entendit des voix. Il sut qu’elles lui parvenaient depuis des distances énormes, mais elles étaient claires et lointaines à la fois comme des échos dans un ravin.

L’une des voix était celle d’Halleck : « Nous lui en avons peut-être trop donné. »

Voix de Namri : « Nous lui avons administré la dose exacte qu’elle nous a indiquée. »

Voix de Halleck : « Il faudrait peut-être que nous retournions auprès de lui. »

Voix de Namri : « Sabiha excelle dans ce genre de chose. Si quelque chose tournait mal, elle nous appellerait aussitôt. »

Voix de Halleck : « Je n’aime guère ce qu’elle fait. »

Voix de Namri : « Elle est un ingrédient nécessaire. »

La lumière était vive autour de lui, sentit Leto, alors que les ténèbres étaient toujours présentes en lui. Mais elles étaient tièdes, secrètes, protectrices. Puis une autre lumière apparut et se diffusa. Il se rendit compte qu’elle émanait du plus profond de lui-même, qu’elle tourbillonnait comme un nuage de clarté. Son corps devint transparent, l’emporta vers le haut, sans qu’il perdît ce contact de l’einfall avec toutes ses cellules et ses nerfs. La multitude des vies intérieures se réarrangea, ne laissant rien d’enchevêtré ou de mélangé. Les vies revinrent au calme, redoublant de leur silence son silence intérieur, chaque vie-mémoire devenant distincte, formant une entité incorporelle et indivisée.

Il s’adressa à ses vies-mémoires : « Je suis votre esprit. Je suis l’unique existence que vous puissiez accomplir. Je suis la demeure de votre esprit en cette contrée qui est nulle part, la seule qui puisse encore vous abriter. Sans moi, l’univers intelligible retourne au chaos. Le créatif et l’abyssal sont inextricablement unis en moi, et moi seul peux arbitrer entre eux. Sans moi, l’humanité s’abîmera dans la fange et la vanité du savoir. Par moi, avec elle, vous découvrirez le seul chemin qui conduise hors du chaos : vivre c’est comprendre. »

вернуться

5

(psychanalyse) exaltation narcissique, autosatisfaction (NScan)

1 ... 88 89 90 91 92 93 94 95 96 ... 134
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)