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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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Farad’n éclata d’un rire joyeux. Puis il agita la main.

« Vous l’avez entendue. Allez-vous-en. »

Les gardes échangèrent un regard perplexe, mais ils obtempérèrent.

Farad’n s’assit au bord du lit.

« Et maintenant ? » Il secoua la tête. « Je désirais vous croire, mais je ne vous croyais pas. Et puis… ce fut comme si mon esprit fondait. J’étais las. Mon esprit avait abandonné. Il ne luttait plus contre vous. Ça s’est produit… comme ça ! » Il claqua des doigts.

« Ce n’était pas moi que votre esprit combattait », dit Jessica.

« Bien sûr, avoua-t-il. C’était moi. Je luttais contre moi-même, contre les absurdités que j’ai apprises. Et maintenant, que faisons-nous ?

Elle sourit.

« Je dois avouer que je ne m’attendais pas à vous voir réussir aussi vite. Cela ne fait que huit jours, après tout…»

« J’ai été patient », remarqua-t-il en souriant.

« Et vous avez également commencé à apprendre la patience. »

« Commencé ? »

« Vous venez à peine de franchir le bord de cette connaissance. A présent, vous êtes véritablement un enfant. Auparavant… vous n’étiez qu’un potentiel, vous n’étiez pas même né. »

Les coins de la bouche du Prince s’affaissèrent.

« Ne soyez pas sombre, reprit Jessica. Vous y êtes parvenu. C’est important. Combien peuvent se vanter d’être nés une seconde fois ? »

« Et ensuite ? »

« Vous allez pratiquer les choses que je vous ai enseignées. Je veux que vous soyez en mesure de les exécuter à volonté et avec aisance. Plus tard, vous pourrez emplir cette zone nouvelle de votre conscience qui s’est ouverte. Avec la possibilité de tester n’importe quelle réalité selon vos propres exigences. »

« Est-ce donc tout ce que je fais maintenant… pratiquer le…»

« Non. Maintenant, vous pouvez entreprendre l’entraînement musculaire. Dites-moi, pouvez-vous bouger le petit orteil de votre pied gauche sans bouger aucun autre muscle de votre corps ? »

« Mon…» Elle lut une expression lointaine sur son visage à l’instant où il essayait de bouger son orteil. Il regardait son pied. De la sueur apparut sur son front et il dit en haletant : « Non, je ne peux pas. »

« Mais si, vous le pouvez. Vous apprendrez à y parvenir. Vous allez apprendre à connaître jusqu’au moindre muscle de votre corps. Vous finirez par les connaître aussi parfaitement que vos mains. »

Il déglutit péniblement, impressionné par cette perspective.

« Que voulez-vous faire de moi ? demanda-t-il. Vous avez un plan ? »

« J’ai l’intention de vous lâcher sur l’univers. Vous deviendrez ce que vous désirez être le plus profondément. »

Il rumina un instant.

« Quoi que je désire ? »

« Oui. »

« C’est impossible. »

« A moins que vous n’appreniez à contrôler vos désirs comme vous contrôlez votre réalité », dit Jessica. Et elle songea : Là ! Que ses analystes examinent donc ça ! Ils donneront leur approbation, avec prudence, mais Farad’n fera un pas de plus vers la compréhension de ce que j’accomplis en vérité.

Comme pour confirmer ses pensées, il dit : « C’est une chose que de dire à une personne qu’elle va réaliser les aspirations de son cœur. C’en est une autre que d’assurer effectivement cette réalisation. »

« Vous êtes allé plus loin que je ne pensais. Très bien. Je vous le promets : si vous achevez ce programme d’éducation, vous serez vous-même. Quoi que vous fassiez, vous l’aurez décidé par vous-même. »

Qu’ils mettent un Diseur de Vérité là-dessus ! pensa-t-elle.

Farad’n se leva et la regarda avec une expression presque amicale sur le visage.

« Vous savez, je vous crois. Je ne sais pas bon sang pourquoi, mais je vous crois ! Et je ne dirai pas un mot de toutes les autres choses auxquelles je pense. »

Jessica le suivit du regard tandis qu’il quittait la chambre. Puis elle éteignit les brilleurs, s’étendit sur le dos. Ce Farad’n, songea-t-elle, est plus que profond. Il lui avait presque dit qu’il commençait à discerner son propos mais qu’il acceptait de son plein gré de conspirer avec elle.

Attendons qu’il commence à apprendre ses propres émotions, se dit Jessica. Sur ce, elle se prépara à retrouver le sommeil. Le lendemain, elle le savait, serait encombré de rencontres apparemment fortuites avec le personnel du palais qui lui poserait autant de questions trompeusement bénignes.

43

Périodiquement, l’humanité connaît une accélération de ses activités, retrouvant ainsi la compétition entre la vitalité renouvelable du vivant et l’attirante viciation de la décadence. Dans cette course périodique, toute pause est un luxe. Alors seulement on peut se dire que tout est permis, que tout est possible.

L’Apocryphe de Muad’Dib.

Le contact du sable est important, se dit Leto.

Assis sous le ciel brillant, il percevait les grains sous lui. On lui avait de nouveau administré de force une dose massive de Mélange et son esprit tournait sur lui-même à la façon d’un tourbillon. Une question demeurait sans réponse, au cœur du tourbillon : Pourquoi insistent-ils pour que je le dise ? Gurney était obstiné, cela ne faisait aucun doute. Et il avait certainement reçu des ordres précis de Dame Jessica.

Ils l’avaient porté en plein jour hors du sietch pour cette « leçon ». Il avait l’étrange impression d’avoir laissé son corps effectuer le court trajet du sietch au désert tandis que son être intérieur arbitrait une bataille entre le Duc Leto Ier et le vieux Baron Harkonnen. Ils se battaient en lui, à travers lui, parce qu’il ne les autorisait pas à communiquer directement. Le combat lui avait appris ce qui était arrivé à Alia. Pauvre Alia.

J’avais raison de redouter le voyage de l’épice, songea-t-il.

Il se sentit envahi d’une terrible amertume à l’égard de Dame Jessica. Elle et son satané gom jabbar ! Il fallait se battre et gagner, ou mourir dans la tentative. Elle ne pouvait poser l’aiguille empoisonnée sur son cou, mais elle pouvait l’envoyer dans cette vallée de péril où s’était perdue sa fille.

Des sons traversèrent sa conscience : des reniflements. Ils se faisaient plus forts par instants, puis s’éloignaient avant de revenir, puis de repartir. Il lui était impossible de savoir s’ils existaient dans la réalité du présent ou s’ils étaient un produit de l’épice.

Le corps de Leto s’affaissa sur ses bras croisés. Le sable était brûlant sous ses fesses. Il y avait un tapis devant lui, mais il était accroupi dans le sable. Il y avait une ombre sur le tapis : celle de Namri. Leto plongea son regard dans les dessins boueux du tapis, devina les chapelets de bulles qui montaient du fond. Sa conscience dériva, suivant un courant particulier au sein d’un paysage qui se déployait jusqu’à un horizon d’arbres ébouriffés.

Des tambours battaient dans son crâne. Il avait chaud, il était fiévreux. Cette fièvre qui l’envahissait progressait comme un incendie dans les forêts de ses sens, détruisant sa perception physique, le laissant seul devant les ombres mouvantes du péril. Namri et le couteau. La pression s’accentua… Leto était maintenant suspendu entre le ciel et le sable, l’esprit obsédé par la fièvre. Il attendait que quelque chose se produise, un événement qui serait le premier et le dernier. Le soleil était un marteau torride qui repoussait le cuivre du paysage, sans rémission, sans tranquillité. Où est mon Sentier d’Or ? Partout, les punaises rampaient. Partout. Ma peau n’est pas à moi. Il propagea des messages au long de ses nerfs, guettant les réponses des personnes-autres.

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