Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Les royaumes du Mur [Kingdoms of the Wall - fr]
Les royaumes du Mur [Kingdoms of the Wall - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les royaumes du Mur [Kingdoms of the Wall - fr]

Электронная книга - «Les royaumes du Mur [Kingdoms of the Wall - fr]». Краткое содержание книги:

Le Mur est une montagne. Géante, redoutable, empilement de ravins, de falaises, de précipices, elle perce les basses couches de l’atmosphère et pointe sa cime vers l’espace.
Le sommet du Mur est presque inaccessible. Pourtant, chaque année, depuis le village de Jospodar situé au pied de la montagne, quarante jeunes hommes et femmes parmi les meilleurs entrepren­nent de le conquérir. Car là-haut, d’après les légendes et de rares témoignages contradictoires, vivent les dieux détenteurs de la sagesse.
Malheureusement, l’épreuve est telle que presque personne n’est revenu pour transmettre cette sagesse, et ceux qui sont redescen­dus avaient perdu la raison.
Poilar Bancroche, qui a rêvé toute sa courte vie de parler avec les dieux, a été choisi pour commander les quarante. Il lui reste à affron­ter les royaumes du Mur comme autant de remparts protégeant le sommet, et à découvrir, peut-être, le secret terrible et poignant des dieux descendus du vide.
1 ... 87 88 89 90 91 92 93 94 95 ... 98
Перейти на страницу:

Je fis du regard le tour de mes compagnons. Hendy pleurait ; Thissa, très pâle, avait le regard fixé au loin ; Naxa le Scribe et Ijo le Clerc, assis côte à côte, demeuraient bouche bée, la mâchoire pendante, comme s’ils avaient reçu un coup de gourdin sur la tête. Les autres avaient les yeux écarquillés d’indignation ou d’incrédulité, ils tremblaient ou demeuraient transis d’horreur. Même Kilarion, habituellement impassible, marmonnait entre ses dents, le front plissé, les yeux baissés sur les paumes de ses mains, comme s’il espérait y trouver une sorte de consolation.

Thrance était le seul à ne pas paraître bouleversé par ce qu’il venait d’entendre. Il était affalé sur le sol dans une position confortable, comme si nous étions simplement rassemblés pour écouter un Chanteur ou un Musicien ; et il souriait. Il souriait !

— Il n’y a pas très longtemps que nous nous sommes posés ici, poursuivit l’Irtiman. Nous savions qu’une colonie de Terriens avait été jadis établie sur ce monde et notre mission consiste à passer d’étoile en étoile, à visiter les colonies fondées sur les différentes planètes et à envoyer des rapports à la Terre après avoir découvert si elles existent encore et ce qui a été accompli. Nous avons trouvé les colons et essayé d’entrer en contact avec eux ; mais vous avez vu comment ils sont : violents, ignorants, barbares. Et dangereux, mais, cela, nous ne l’avons pas compris tout de suite.

Elle nous raconta que l’Irtiman que nous avions trouvé en chemin s’était porté volontaire pour descendre aussi bas qu’il le pourrait sur les flancs de la montagne afin de se mêler à la population des Royaumes et de découvrir ce qui s’était passé au Sommet depuis la fondation de la colonie des Irtimen. Les autres étaient restés près de leur vaisseau, dans l’espoir d’établir des relations avec leurs frères brutaux et dégénérés. Mais dès que les Irtimen sauvages du Sommet s’étaient rendu compte que les nouveaux arrivants n’étaient que trois, ils les avaient assiégés d’une manière presque continue, armés de bâtons, de pierres et de lances grossières, les retenant prisonniers à l’intérieur du petit vaisseau afin qu’ils ne puissent se porter au secours de leur compagnon.

— Mais vous avez des armes, objectai-je. Pourquoi ne les avez-vous pas chassés ? Nous n’avons pas eu de difficulté à les repousser alors que nous n’avons que des gourdins.

— Nos armes sont mortelles, répondit-elle en se tournant vers moi. Si nous en avions fait usage, il nous aurait fallu tuer nos propres frères ; et c’est quelque chose que nous avons refusé.

C’était un problème auquel je n’avais jamais réfléchi : quand on ne dispose que d’armes mortelles et non simplement capables d’infliger des blessures, il se peut que les armes en question n’aient aucune utilité. On peut donc être contraint de se terrer dans son vaisseau bien que puissamment armé et face à des assaillants guère plus évolués que des animaux.

Elle poursuivit en expliquant qu’à notre arrivée au Sommet, nous les avions temporairement effrayés – peut-être parce qu’ils nous avaient pris pour l’avant-garde d’une grande armée. Mais, voyant qu’en réalité nous étions si peu nombreux, ils lanceraient bientôt, selon toute vraisemblance, un nouvel assaut.

Elle semblait ne plus rien avoir d’autre à nous dire. Elle nous remercia d’avoir ramené le corps de son compagnon ; puis ils remontèrent tous les trois à bord de leur vaisseau, nous laissant vides et désespérés sur le plateau glacial où nous pouvions chercher en vain les palais de nos dieux.

— Et voilà ! lança Thrance. Maintenant, nous savons ! Les dieux ! Quels dieux ? Il n’y a pas de dieux ici ! Il n’y a que ces monstres ! Et nous sommes des imbéciles !

Et il cracha en l’air.

— Tais-toi, lui dit Kilarion.

Thrance se retourna vers lui et éclata de ce rire râpeux qui évoquait le frottement de deux surfaces métalliques.

— Serais-tu fâché, Kilarion ? poursuivit Thrance. Fâché d’avoir grimpé jusqu’ici pour découvrir que tes dieux ne sont qu’une bande d’animaux répugnants, dégénérés, qui ne valent guère mieux qu’une troupe de singes des rochers ?

— Tais-toi, Thrance ! répéta Kilarion d’un ton plus menaçant.

Je crus qu’ils allaient en venir aux mains. Mais Thrance n’avait pas d’autre intention que de lui envoyer des piques et il n’y avait même pas assez d’honneur en lui pour pousser les sarcasmes jusqu’au bout. Kilarion se leva à moitié et fit mine de se jeter sur lui, mais Thrance lui adressa un sourire apaisant qu’il accompagna d’une courbette, la tête baissée presque jusqu’au sol.

— Je ne voulais pas t’offenser, Kilarion ! lança-t-il d’une voix flutée, exaspérante. Je t’assure ! Ne me frappe pas ! Je t’en prie, Kilarion, ne me frappe pas !

— Laisse-le, Kilarion, marmonna Galli. Ce n’est pas la peine de gaspiller tes forces avec lui.

Kilarion se rassit en grommelant et en murmurant entre ses dents.

Mais Thrance n’avait pas fini.

— On m’avait déjà dit à quoi je devais m’attendre, reprit-il, quand je me trouvais dans un Royaume appelé Mallasillima, sur les rives du Lac de Feu. Certains habitants de ce Royaume, qui étaient montés jusqu’au Sommet et avaient vu les dieux, m’avaient dit à quoi ils ressemblaient. J’ai cru qu’ils me mentaient, qu’ils avaient tout inventé ; puis l’idée m’est venue qu’ils disaient peut-être la vérité et c’est à ce moment-là que j’ai décidé de trouver un moyen pour atteindre le Sommet et voir par moi-même ce qu’il en était. Et maintenant, je constate que les histoires qu’on m’avait racontées à Mallasillima étaient vraies. Imaginez un peu ! Pas de dieux ! Un mythe, un mensonge ! Rien qu’une bande de dégénérés…

— Suffit, Thrance ! dis-je.

— Qu’y a-t-il, Poilar ? N’es-tu pas capable de regarder un peu la réalité en face ?

Le désespoir qui m’étreignait de nouveau, de plus en plus profond, m’engourdissait à tel point le cœur et l’esprit que je ne trouvai rien à lui répondre.

Voyant que je ne disais rien, Kilarion se leva, s’avança vers Thrance et s’arrêta juste devant lui, le dominant de toute sa taille.

— Si tu n’étais pas si pleutre, fit-il, je te montrerais un peu ce qu’est la réalité. Mais Galli a raison. Je ne lèverai pas la main sur toi, de crainte d’être souillé par ce contact.

— C’est préférable, en effet, répliqua Thrance. Si tu me touches, je pourrais te transformer en quelque chose qui me ressemble trait pour trait. J’en ai le pouvoir, tu sais. Mais tu n’aimerais pas me ressembler, hein, Kilarion ? Aimerais-tu cela ? Aimerais-tu ?

Je me levai pour aller me placer entre les deux hommes, écartant légèrement Kilarion au passage.

— Un mot de plus, Thrance, et ce sera le dernier. C’est clair ?

Thrance fit une nouvelle courbette, s’inclinant presque aussi profondément que devant Kilarion, puis il se redressa et me regarda dans les yeux en formant avec les lèvres, sans les articuler, les mots suivants : Je ne voulais pas t’offenser, Poilar !

Je lui tournai le dos.

— Commençons à établir notre bivouac, dis-je en m’adressant aux autres.

— Un bivouac ? demanda Naxa. Nous allons rester ici ?

— Nous y passerons au moins la nuit, répondis-je.

— Pourquoi ? Qu’y a-t-il à faire ici ?

Je ne répondis pas. Je n’avais pas de réponse. J’étais totalement désorienté, un chef privé de dessein. C’est le but de toute mon existence qui venait de m’être enlevé. Si les Irtimen nous avaient dit la vérité – et comment en douter ? – il n’y avait pas de dieux ; le Sommet était habité par des monstres ; ce Pèlerinage auquel j’avais consacré la moitié de ma vie n’était qu’une entreprise vide de tout sens. J’en aurais pleuré, mais tous les regards convergeaient sur moi ; et, dans tous les cas, je pense que cet air des sommets, qui était à peine de l’air, m’avait ôté la faculté de pleurer. Je ne savais que faire. Je ne savais que penser. Et Thrance, tout sarcastique qu’il fût, avait dit vrai : il nous fallait maintenant regarder la réalité en face, même si ce n’était pas celle que nous attendions et s’il était difficile de l’accepter.

1 ... 87 88 89 90 91 92 93 94 95 ... 98
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)