Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
Le Livre du Thain fut donc la toute première copie du Livre Rouge, et il contenait bien des choses qui furent plus tard omises ou perdues. À Minas Tirith, il fut abondamment annoté et reçut de nombreuses corrections, notamment en ce qui concerne les noms, les mots et les citations en langues elfiques ; et l’on y ajouta une version abrégée des passages du Conte d’Aragorn et d’Arwen qui n’entrent pas dans le compte rendu de la Guerre proprement dit. Le récit complet est attribué à Barahir, petit-fils de l’intendant Faramir, qui l’aurait composé quelque temps après la mort du roi. Mais si la copie de Findegil revêt une importance particulière, c’est surtout parce qu’elle est la seule à donner les « Traductions de l’elfique » par Bilbo dans leur intégralité. Cette œuvre en trois volumes, composée entre 1403 et 1418, fait montre d’un savoir-faire et d’une érudition considérables, mettant à profit toutes les sources, vivantes ou écrites, dont l’auteur disposait à Fendeval. Mais puisque Frodo n’en fit guère usage, vu qu’elle se rapporte presque exclusivement aux Jours Anciens, nous n’en dirons pas davantage ici.
Meriadoc et Peregrin, qui prirent la tête de leurs grandes familles, n’en maintinrent pas moins leurs relations avec le Rohan et le Gondor, aussi les bibliothèques de Fertébouc et de Tocquebourg renfermaient-elles bien des choses qui ne figuraient pas dans le Livre Rouge. À Castel Brandy se trouvaient de nombreux ouvrages consacrés à l’Eriador et à l’histoire du Rohan. Certains d’entre eux furent composés par Meriadoc lui-même ou commencés par celui-ci ; même si dans le Comté, on se souvenait surtout de lui pour son Herbier du Comté, et pour son Comput des Années dans lequel il comparait les calendriers du Comté et de Brie, d’une part, avec ceux de Fendeval, du Gondor et du Rohan, d’autre part. Il fut également l’auteur d’un court traité sur les Mots et noms anciens du Comté, s’attachant plus particulièrement à explorer la parenté qu’entretiennent avec la langue des Rohirrim certains « vocables du Comté » (tel le mot mathom) et éléments anciens se retrouvant dans les noms de lieux.
Les livres conservés à Grands Smials, moins intéressants pour les habitants du Comté, revêtaient néanmoins une plus grande importance historique. Aucun d’entre eux n’était l’œuvre de Peregrin, mais lui et ses successeurs réunirent de nombreux manuscrits de la main des scribes du Gondor, surtout des copies ou des résumés de chroniques et de légendes se rapportant à Elendil et à ses héritiers. C’était le seul endroit du Comté où se trouvait une documentation substantielle concernant l’histoire de Númenor et la venue de Sauron. C’est probablement à Grands Smials que fut élaboré Le Compte des Années4 à partir de documents recueillis par Meriadoc. Bien que les dates fournies soient souvent hypothétiques, surtout pour le Deuxième Âge, elles n’en méritent pas moins notre attention. Il est probable que Meriadoc obtint de l’aide et des renseignements à Fendeval, où il se rendit plus d’une fois. Là, bien qu’Elrond fût parti, ses fils demeurèrent longtemps, avec quelques-uns de la gent des Hauts Elfes. Il est dit que Celeborn alla y demeurer après le départ de Galadriel, mais il n’est aucun souvenir du jour où il partit en quête des Havres Gris ; et avec lui s’en fut la dernière mémoire vivante des Jours Anciens en Terre du Milieu.
1.
Comme l’indiquent les archives du Gondor, il s’agissait d’Argeleb II, le vingtième de la lignée du Nord, laquelle s’éteignit avec Arvedui trois cents ans plus tard.
2.
On peut donc, en ajoutant 1600 aux dates du Comput du Comté, obtenir les années du Troisième Âge selon le comput des Elfes et des Dúnedain.
3.
Voir l’Appendice B (années 1451, 1462, 1482) et la dernière note de l’Appendice C.
4.
Présenté dans l’Appendice B sous une forme très abrégée s’arrêtant à la fin du Troisième Âge.
LA FRATERNITÉ DE L’ANNEAU
Première partie du Seigneur des Anneaux
LIVRE PREMIER
1Une fête très attendue
Quand M. Bilbo Bessac, de Cul-de-Sac, annonça qu’il célébrerait bientôt son onzante et unième anniversaire par une fête d’une magnificence exceptionnelle, il y eut force agitation et rumeurs à Hobbiteville.
Bilbo était très riche et très particulier, et il y avait soixante ans que le Comté s’étonnait de lui, depuis sa remarquable disparition et son retour inattendu. Les richesses qu’il avait rapportées de ses voyages étaient désormais une légende locale, et l’on croyait généralement, quoi qu’aient pu dire les aînés, que la Colline de Cul-de-Sac était criblée de tunnels bourrés de trésors. Et si cela ne suffisait pas à assurer sa notoriété, sa vigueur prolongée avait également de quoi surprendre. Le temps passait, mais semblait n’avoir que peu d’effet sur M. Bessac. À quatre-vingt-dix ans, il en paraissait encore cinquante. À quatre-vingt-dix-neuf ans, on commença à le qualifier de bien conservé, mais inchangé eût été plus exact. Certains secouaient la tête et disaient que c’était trop beau pour être vrai : il semblait injuste que quiconque puisse jouir d’une jeunesse perpétuelle (à ce qu’il semblait) en même temps que d’une fortune inépuisable (à ce qu’on disait).
« Il faudra en payer le prix, disait-on. Ce n’est pas naturel, et les ennuis viendront ! »
Mais jusque-là, les ennuis n’étaient pas venus ; et comme M. Bessac était prodigue de son argent, la plupart des gens lui pardonnaient volontiers ses excentricités et sa bonne fortune. Lui et sa parenté (sauf, bien sûr, les Bessac-Descarcelle) se voyaient encore régulièrement, et il comptait de nombreux et fervents admirateurs parmi les hobbits de familles pauvres et peu influentes. Mais il n’eut aucun ami proche – jusqu’à ce que certains de ses jeunes cousins parviennent au seuil de l’âge adulte.
L’aîné d’entre eux, et le favori de Bilbo, était le jeune Frodo Bessac. À quatre-vingt-dix-neuf ans, Bilbo adopta Frodo comme héritier, l’amenant vivre avec lui à Cul-de-Sac ; alors les espoirs des Bessac-Descarcelle furent définitivement anéantis. Bilbo et Frodo se trouvaient avoir le même anniversaire, le 22 septembre. « Tu ferais mieux de venir habiter ici, Frodo, mon garçon, dit un jour Bilbo ; comme ça, on pourra célébrer nos anniversaires ensemble et à notre aise. » À cette époque, Frodo était encore dans sa vingtescence, comme les hobbits appelaient l’irresponsable vingtaine entre l’enfance et le début de l’âge adulte à trente-trois ans.
Douze années encore s’écoulèrent. Chaque année à Cul-de-Sac, les Bessac donnaient de doubles fêtes d’anniversaire très animées ; mais cette fois-ci, on avait laissé entendre que quelque chose de tout à fait exceptionnel se préparait pour l’automne. Bilbo allait avoir onzante et un ans, 111, un chiffre plutôt curieux, et un âge tout à fait respectable pour un hobbit (le Vieux Touc lui-même n’avait atteint que cent trente ans) ; Frodo, quant à lui, allait en avoir trente-trois, 33, un nombre important : la date de son « passage à l’âge adulte ».