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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Nous sommes revenus le soir, comme nous étions partis, en changeant un peu l’ordre: au sortir des Tuileries, tout à la brune, le marquis est entré dans la même voiture avec sa femme, et Edmond m’a ramenée; mais au bout d’une demi-heure, le marquis était chez moi; et Edmond chez la marquise.

je vais maintenant passer à des choses d’un autre genre, Le marquis m’a trouvé des talents si marqués pour la danse, qu’il m’a engagée à les cultiver: j’y ai réussi au-delà de ses espérances, à l’aide des leçons du célèbre Dupré. Dans son premier enthousiasme, le marquis voulait que je débutasse à l’Opéra: j’y ai consenti assez légèrement, enivrée moi-même des talents qu’on me trouve. Il a obtenu un début, et vendredi dernier je devais doubler Mlle Lionnais, dans le ballet charmant qui termine l’intermède du Citoyen, de Genève. J’ai fait la répétition avec un applaudissement général. Quelle voluptueuse ivresse donne cet encens flatteur!… Mais le marquis, témoin des hommages qui m’ont été rendus, les a trouvés trop forts, sans doute: d’ailleurs, depuis la répétition, j’ai reçu au moins dix messages, entre autres de mon vieux Italien, qui s’est trouvé là comme, à point nommé: c’est l’ambassadeur, dont j’ai dit un mot dans une de mes lettres, à la marquise; ma porte a été fermée à tous ces gens-là; et vendredi dès le matin, le marquis a fait dire que de puissants motifs m’empêchaient de paraître sur la scène. Je sens qu’il a raison. Pour m’en dédommager, il a fait dresser un joli théâtre dans mon jardin, et j’y ai dansé avec l’applaudissement universel le rôle de Mlle Lanni, dans le ballet des Champs-Élysées de Castor et Pollux. Un autre rôle, qu’on a trouvé que je rendais supérieurement, tant pour la danse que pour la naïveté du chant, c’est celui de Mlle Dervieux, dans l’acte de Pygmalion: on dit que j’y surpassé Mlle Puvigné, qui le joua il y a dix ans. Vous voyez par tout cela que je ne manque pas d’amusements extérieurs.

Quant à mon cœur, il est parfaitement tranquille. Lagouache est guéri. Il a prié Marie de lui procurer un moment d’entretien particulier avec moi, avant son départ de Paris: j’y ai consenti; mais j’en avais averti M. le marquis, et j’ai voulu qu’il en fût témoin secret. Lagouache est entré humblement. «Mademoiselle, j’ai bien des pardons à vous demander, des excuses à vous faire, d’avoir… – Rien du tout, monsieur: vous m’avez rendu service, par toutes ces choses-là que vous me priez d’oublier. Je ne m’en souviens, que pour vous en avoir obligation: et si vous voulez faire le voyage de Rome, je m’offre de vous recommander à M. le marquis? – Ah! mademoiselle! le voyage de Rome!… – Il faut que vous quittiez Paris, et à votre place, je profiterais de cette nécessité, pour faire un voyage utile à mes progrès: j’aurai soin que M. le marquis fournisse à votre entretien. – Quoi! vous m’abandonnez! – Vous le mériteriez; mais je ne vous abandonne pas.» J’étais convenue avec le marquis, qu’il paraîtrait à un signaclass="underline" je l’ai fait, dans la crainte qu’il n’échappât quelque indiscrétion à Lagouache. Le marquis est entré sur-le-champ, comme s’il fût arrivé, et m’a demandé sèchement, ce que je voulais à ce garçon. «Je lui promettais que vous vous intéresserez, pour lui, et que vous lui donnerez les moyens de faire le voyage de Rome. – J’y consens, à votre considération, madame, pourvu qu’il parte demain.» Il l’a congédié, en achevant ces mots, et j’en suis débarrassée.

Voilà, je crois, toutes mes affaires jusqu’à présent, l’ami. Vous devez vous apercevoir que je suis assez fidèlement vos conseils, du moins, autant que me le permet l’humaine fragilité. Pardonnez les fautes; et si vous trouvez que vos élèves ne vont pas aussi bien que vous le voudriez, venez nous mettre de bouche dans, la bonne voie.

P.-S. – Mme Canon ignore les arrangements actuels; elle m’a fait témoigner son étonnement de ne pas me revoir. Je n’oublie pas Laure; mais je ne voulais en parler qu’en hors-d’œuvre: je ne suis pas contente d’elle. Je désire beaucoup votre arrivée par cette seconde raison.

Lettre 107. Réponse.

[Il éteint la délicatesse de l’amour, et parle bien contre les spectacles, qu’il tourne en ridicule, l’inconcevable homme!].

25 avril.

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