Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Современная русская и зарубежная проза » Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Электронная книга - «Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi». Краткое содержание книги:

Hortense est à Londres et c'est toujours hyper compliqué entre elle et Gary.
Mais dans le monde de la mode, elle se débrouille pour avancer.
Hortense n'a aucun scrupule, a un but, et y arrive systématiquement.
Et puis Gary est assez sexy avec sa musique et sa détermination.
Joséphine est à Paris.
Elle fait la bonne mère de famille, soutient son HDR, peine à se remettre à l'écriture...
Et a une vie sentimentale proche du néant.
Zoé, la petite dernière, grandit et s'épanouit tandis que Shirley, outre Manche, se sent vieille, inutile et refuse d'aimer.
Philippe et Alexandre sont aussi à Londres et méditent sur la vacuité de l'existence.
Marcel et Josiane cohabitent avec un surdoué, c'est pas évident mais assez marrant.
Et la méchante Henriette est maintenue en vie par son avarice et sa perversité.
1 ... 82 83 84 85 86 87 88 89 90 ... 205
Перейти на страницу:

Elle essaya de marcher sur le bord du trottoir sans tomber. Étendit les bras pour garder l’équilibre. Vacilla. Il la rattrapa, l’emmena jusqu’à sa voiture.

— Je vais vous raccompagner…

— Vous êtes bien aimable, répondit Joséphine. Vous savez, je crois que je vous aime beaucoup. Si, si… Chaque fois que je vous vois, vous me donnez du courage. Je me sens belle, forte, particulière. Ce qui pour moi est… extraordinaire. Même quand vous me crachez votre fumée en plein visage comme l’autre jour au restaurant… J’ai l’idée d’un livre. Mais je ne sais pas si je devrais vous en parler parce que ça change tout le temps. J’ai des idées, mais elles s’évaporent. Je vous en parlerai quand je serai plus sûre…

Elle se laissa tomber sur le siège avant de la voiture de Gaston Serrurier.

Elle avait envie qu’il la conduise dans Paris, la nuit. Sans but précis. Qu’il prenne les quais. Envie d’apercevoir les reflets noirs de la Seine, les scintillements de la tour Eiffel, les lueurs blanches des phares des voitures. Qu’il allume sa radio et qu’elle entende une suite italienne de Bach. Elle aurait fait comme Catherine Deneuve dans La Chamade. Elle aurait baissé la vitre, passé la tête au-dehors, fermé les yeux, laissé le vent jouer dans ses cheveux et…

Elle se réveilla le lendemain matin avec une enclume, un marteau, une forge qui soufflait dans sa tête. Sentit une présence à ses côtés. C’était Zoé.

Regarda l’heure. Six heures du matin.

— Tu es malade ? demanda Zoé, d’une petite voix inquiète.

— Non, marmonna Joséphine en se redressant avec difficulté.

— Je peux te parler ?

— Mais tu ne devais pas dormir chez Emma ?

— On s’est disputées… Oh ! maman ! Faut que je te parle… J’ai fait un truc horrible, horrible…

Joséphine retrouva ses esprits aussitôt. Cala deux oreillers dans son dos, cligna des yeux pour apprivoiser la lumière de la lampe de chevet, reçut le poids de Du Guesclin sur elle, le frotta, le frictionna, l’assura qu’il était le plus beau chien du monde, puis le renvoya au bout du lit et déclara :

— Je t’écoute, chérie. Mais d’abord, va me chercher une aspirine… Ou plutôt deux… J’ai la tête qui va éclater.

Pendant que Zoé courait à la cuisine, elle essaya de se souvenir de ce qu’il s’était passé la veille… rougit, se frotta les oreilles, se rappela vaguement Serrurier la déposant en bas de son immeuble et attendant qu’elle soit entrée dans le hall pour démarrer. Mon Dieu ! J’avais trop bu. Je ne suis pas habituée. Je ne bois jamais. Mais c’est que… Philippe et Dottie, Dottie et Philippe, la table de nuit, leur chambre, ainsi c’est vrai, ils dorment ensemble, elle s’est installée chez lui avec armes et bagages. Elle grimaça et sentit les larmes monter.

— Ça y est, m’man !

Zoé lui tendait le verre et deux aspirines.

Joséphine avala les comprimés. Fit la grimace. Croisa les bras. Déclara qu’elle était prête à écouter en tâchant d’être le plus solennelle possible. Zoé la regardait en se mangeant les doigts comme si elle ne pouvait pas parler.

— Je préférerais que tu me poses des questions… Ce serait plus facile. Je sais pas par où commencer.

Joséphine réfléchit.

— C’est grave ?

Zoé hocha la tête.

— Grave pour toujours ?

Zoé fit signe que ce n’était pas une bonne question. Elle ne pouvait pas répondre.

— C’est quelque chose que tu as fait ?

— Oui…

— Quelque chose que je vais réprouver ?

Zoé acquiesça en baissant la tête.

— Quelque chose de terrible ?

Zoé lui lança un regard éperdu.

— C’est terrible ou ça peut devenir terrible ? Zoé, il faut que tu m’aides…

— Oh ! Maman… C’est terrible.

Elle enfouit son visage entre ses mains.

— C’est entre Emma et toi ? demanda Joséphine en essayant d’attraper le pied de Zoé pour le caresser.

Il devait s’agir d’une brouille passagère. Zoé ne se disputait jamais avec personne. Elle essayait toujours de faire la paix.

— Tu ne peux pas avoir fait quelque chose de terrible, mon amour. C’est impossible…

— Oh si, maman…

Joséphine attira sa fille contre elle. Elle respira ses cheveux, sentit l’odeur du shampoing à la pomme verte, pensa c’était si simple quand elle était un bébé. Je la berçais, je l’embrassais, je lui chantais une chanson et le chagrin s’éloignait.

Elle entonna d’une voix douce bateau sur l’eau, la rivière, la rivière, bateau sur l’eau…

Zoé se raidit et protesta.

— Oh ! maman… Je suis plus un bébé !

Puis elle jeta tout à trac :

— J’ai couché avec Gaétan.

Joséphine sursauta. Ainsi c’était vrai…

— Mais tu m’avais promis que…

— J’ai couché avec Gaétan et depuis maman, depuis… il est bizarre.

Joséphine prit une profonde inspiration et réfléchit.

— Attends, chérie… Tu as du chagrin pourquoi ? Parce que tu as couché avec lui en trahissant ta promesse ou parce que, depuis, il est… comme tu dis, « bizarre » ?

— Pour les deux, maman ! Et par-dessus le marché, Emma, elle dit qu’elle ne veut plus être mon amie…

— Et pourquoi ?

— Parce que j’en ai pas discuté avec elle, avant… avant de le faire. Elle dit que je l’ai zappée sur ce coup… Et moi, je dis que j’ai pas eu le choix parce que j’ai pas vraiment réfléchi, que je savais pas que ça allait arriver…

L’enclume, la forge et le marteau revinrent frapper dans la tête de Joséphine qui tenta de se reprendre et décida d’examiner les problèmes un par un.

— Pourquoi as-tu couché avec lui, chérie ? Tu te souviens de ce qu’on avait dit ?

— Mais j’ai rien calculé, maman. On était dans la cave et…

Elle raconta la bougie blanche, la bouteille de champagne, l’obscurité, les pas dans le couloir, la peur et puis le désir…

— C’était naturel… J’ai pas eu l’impression de faire quelque chose de mal…

— Je te crois, chérie…

Zoé, soulagée, se blottit contre sa mère. Se frotta le nez contre sa poitrine. Soupira. Souffla. Se redressa et…

— Tu m’en veux pas ?

— Non, je ne t’en veux pas. Je regrette que tu sois allée si vite…

— Et pourquoi il est bizarre depuis ? Il appelle pas, c’est toujours moi qui appelle et il a l’air absent. Il me répond parce qu’il le faut bien, mais rien, pas un mot gentil, pas un mot doux… Je sais pas quoi faire…

Si seulement je pouvais l’aider, songeait Joséphine en regardant Zoé qui se mordait les lèvres, fronçait les sourcils et se retenait pour ne pas pleurer.

— Je suis peut-être pas faite pour l’amour…

— Pourquoi tu dis ça ?

— J’ai peur, maman… J’aimerais que le temps glisse et me passe dessus sans que je m’en aperçoive… Que je reste toujours à quinze ans… Le truc c’est de se répéter tout le temps, je grandirai pas, je grandirai pas…

— Faut pas dire ça, Zoé. Au contraire, il faut te dire que la vie va t’apporter plein de choses nouvelles, des choses différentes… que tu ne les connais pas et c’est pour cela que tu as peur. On a toujours peur devant l’inconnu…

— Tu crois que les hommes quand ils t’ont eue, ils te veulent plus ?

— Mais non ! Et puis Gaétan, il ne t’a pas « eue »… Gaétan est amoureux de toi.

— Tu le crois vraiment ?

— Bien sûr !

— J’aime Gaétan et je veux pas que ce soit un gros nul…

— Mais ce n’est pas un gros nul, chérie… Je suis sûre qu’il a un problème. Si ça se trouve, il lui arrive un truc horrible dont il n’ose même pas te parler. Il en a honte, il imagine que tu vas le laisser tomber quand tu apprendras… Demande-lui. Dis-lui je sais qu’il t’est arrivé un truc grave dont tu veux pas me parler… et tu verras, il te parlera et tu seras rassurée.

1 ... 82 83 84 85 86 87 88 89 90 ... 205
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)