Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Les Pardaillan - Livre V - Pardaillan Et Fausta
Les Pardaillan - Livre V - Pardaillan Et Fausta - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Pardaillan - Livre V - Pardaillan Et Fausta

Электронная книга - «Les Pardaillan - Livre V - Pardaillan Et Fausta». Краткое содержание книги:

1590. À Rome, Fausta, après avoir mis au monde le fils de Pardaillan, bénéficie de la grâce du pape Sixte Quint, qui se prépare à intervenir auprès du roi d'Espagne Philippe II dans le conflit qui l'oppose à Henri IV roi de France. Fausta est investie d'une mission auprès de Philippe II: lui faire part d'un document secret par lequel le roi de France Henri III reconnaissait formellement Philippe II comme son successeur légitime sur le trône de France. En France, le chevalier de Pardaillan est investi par Henri IV, absorbé par le siège de Paris, d'une double mission: déjouer les manoeuvres de Fausta et obtenir de Philippe II la reconnaissance de la légitimité d'Henri de Navarre comme roi de France. Pardaillan et Fausta s'affrontent à Séville. Pardaillan est aidé dans sa lutte par Cervantès, qui reconnaît en lui le vrai Don Quichotte. Sortira-il vivant des traquenard tendus par le Grand Inquisiteur Don Espinoza et Fausta?
1 ... 82 83 84 85 86 87 88 89 90 ... 114
Перейти на страницу:

Elle avait beau gronder et faire sa grosse voix, il voyait bien à ses yeux qu’elle était contente de le revoir, joliment contente, tiens! Alors, très ému, il avait répondu humblement:

– Je voulais te voir, Juana.

– Oui-dà! Et d’où te vient ce tardif désir, après des jours et des jours d’oubli?

Très triste, il répondit:

– Je ne t’ai pas oubliée, Juana, je ne le pourrais pas d’ailleurs. Je suis venu ainsi tous les jours.

– Tous les jours! Tu veux m’en faire accroire. Pourquoi ne t’es-tu jamais montré?

– Je pensais qu’on m’aurait chassé.

Elle l’avait regardé avec un air de commisération étonné.

Et haussant les épaules:

– Tu l’aurais, ma foi, bien mérité… Tu devrais savoir pourtant que je n’aurais pas fait cela, moi.

– Toi, Juana, oui. Mais ton père? Mais les autres?

L’argument lui parut avoir sa valeur. Elle ne répondit pas tout de suite. Elle ne doutait pas de ce qu’il disait d’ailleurs et – ce qu’elle se gardait bien d’avouer – peut-être l’avait-elle découvert plus d’une fois dans les coins où il se croyait si bien caché. Pour dissimuler son embarras elle reprit, grondeuse:

– Dans quel état te voilà! On te prendrait pour un malandrin. Comment n’as-tu pas honte de te présenter ainsi devant moi? Ne pourrais-tu être propre, au moins?

Il baissa la tête, honteux. Une larme pointa à ses cils. Le reproche le cinglait; et il est de fait que sans ce malencontreux incident jamais il ne se serait montré à elle dans cet état.

Elle vit qu’elle lui avait fait de la peine en l’humiliant. Elle dit d’un ton radouci, en le regardant finement:

– N’est-ce point toi aussi qui as apporté ces fleurs que j’ai trouvée parfois sur ma fenêtre?

Il rougit et fit signe que oui de la tête.

– Pourquoi as-tu fait cela? insista-t-elle en le fixant toujours.

Très naturellement, sincèrement peut-être, il répondit:

– Je ne voulais pas que tu me crusses ingrat. Les autres, ça m’est égal; mais toi, je ne veux pas, tiens!… Alors j’ai pensé que tu devinerais et que tu me pardonnerais.

Elle le regarda une seconde sans répondre, puis avec un sourire énigmatique:

– C’est du joli! Comment as-tu pu parvenir jusqu’à ma fenêtre? Malheureux! n’as-tu pas réfléchi que tu pouvais te tuer et que je ne me serais jamais pardonné ta mort?

Il se sentit le cœur ensoleillé. Allons, elle n’était plus fâchée. Elle l’aimait toujours, puisqu’elle tremblait pour lui. Et riant d’un bon rire clair:

– Il n’y a pas de danger, dit-il. Je suis petit, mais je suis adroit, tiens!

– C’est vrai que tu es adroit comme un singe, dit-elle en riant de bon cœur, elle aussi. N’importe, ne recommence plus… tu me remettras tes fleurs toi-même, je serai plus tranquille.

– Tu veux bien que je vienne te voir? fit-il tremblant d’espoir.

Elle eut sa petite moue de pitié dédaigneuse:

– À présent que te voilà revenu, tu ne vas pas t’en retourner, je pense? dit-elle.

– Mais ton père? Manuel?

Elle eut un geste autoritaire pour signifier que ce n’était pas cela qui l’embarrassait et trancha:

– Veux-tu me voir, sans te cacher comme un voleur, oui ou non?

Il joignit les mains avec un air extasié.

– En ce cas, dit-elle avec son sourire déluré, ne t’inquiète pas du reste. Tu prendras tes repas avec nous, tu coucheras ici, je vais te faire habiller décemment, et pour ce qui est du travail, tu ne feras que ce que tu voudras bien faire de ton chef, et dans la mesure de tes forces. Allons, viens.

Il secoua la tête et ne bougea pas.

Elle pâlit et, fixant sur lui un regard de douloureux reproche, elle dit avec des larmes dans la voix:

– Tu ne veux pas?

Et tout aussitôt, avec son petit air autoritaire et décidé, elle ajouta:

– Je ne suis donc plus ta petite maîtresse? Je ne commande plus? Tu te révoltes?

Très doucement, mais avec un air obstiné, il dit:

– Tu es et tu seras toujours toute ma joie. Je passerais à travers le feu pour te voir… Mais je ne veux plus que tu me nourrisses, je ne veux plus que tu me loges et que tu m’habilles.

Malgré elle, elle eut un regard sur ses loques et, encore un coup, il baissa la tête en rougissant. Elle lui prit le menton du bout de ses petits doigts, l’obligea à relever la tête et plongea avec une grande tendresse son regard innocent dans le sien. Et elle comprit ce qui se passait dans son esprit. Et elle eut cette délicatesse vraiment féminine de ne pas insister.

– Soit, dit-elle après un silence. Tu viendras quand tu voudras. Quand au reste, tu feras comme tu voudras. Seulement n’oublie pas, si tu avais besoin, que tu me ferais une grosse peine de ne pas te souvenir que je suis et resterai toujours pour toi une sœur tendre et dévouée. Me promets-tu de ne pas oublier?

Elle dit ceci avec une grande douceur et une émotion sur laquelle il n’y avait pas à se méprendre.

Alors, ainsi qu’il leur arrivait parfois quand elle faisait la reine et qu’il lui rendait humble hommage, il s’agenouilla et posa doucement ses lèvres sur la pointe de son petit soulier de satin.

Il n’y avait pas à se méprendre sur la signification de ce geste. Inconsciemment certes, mais clairement, le pauvre Chico, dans son humble et combien timide baiser, mit tout son amour fait de soumission, de dévouement et d’abnégation. Et l’humilité du geste était d’autant plus touchante que le pauvre diable était habituellement très fier. Si innocente que fût Juana, elle ne se méprit pas et une expression de joie et d’orgueil irradia son joli visage.

D’ailleurs elle reçut l’hommage avec sans-gêne, sans fausse modestie et sans fausse pudibonderie, comme un tribut dû à sa beauté et à sa bonté. Elle le reçut en souveraine sûre de planer bien au-dessus du mortel prosterné à ses pieds d’enfant. La simplicité et le naturel parfait de l’attitude, l’expression de suprême dignité répandue sur ses traits délicats et aristocratiques, chez une jeune fille de son âge et de sa condition, eussent arraché une approbation admirative à Fausta elle-même, ce prestigieux modèle de poses superbes.

Et cependant qu’elle recevait, sans en paraître écrasée, cet hommage, elle laissait tomber sur l’être pantelant, qui était bien sa chose à elle, un regard d’une douceur attendrie, où perçait une pointe de malice nuancée de pitié.

Lui cependant se redressait et disait dans un grand élan de tout son être:

– Tu es et tu seras toujours ma petite maîtresse.

Elle frappa joyeusement dans ses petites mains et s’écria, orgueilleusement triomphante:

– Je le sais bien!

Et tout aussitôt, en gamine qu’elle était, elle le prit par la main:

– Viens, dit-elle, rose de plaisir, viens voir mon père!

– Non! dit-il encore doucement.

Elle frappa du pied d’un air mutin, et moitié boudeuse, moitié curieuse:

– Qu’y a-t-il encore? dit-elle.

Il jeta un coup d’œil sur ses hardes et dit:

– Je ne veux pas que ton père me voie dans cet état. Je reviendrai demain et tu verras que je ne te ferai pas honte.

1 ... 82 83 84 85 86 87 88 89 90 ... 114
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)