Le roman des châteaux de France. Tome 1
- Автор: Бенцони Жюльетта
- Серия: Любовь и замки #1
- Язык: французский
- Жанр: Исторические любовные романы
Электронная книга - «Le roman des châteaux de France. Tome 1». Краткое содержание книги:
Juliette Benzoni nous conte près de soixante-quinze des plus symboliques d'entre eux ; de Josselin à Saverne en passant par Amboise, Bellême, Blaye, Bonneval, Castries, Chambord, Château-Gaillard, Compiègne, Lunéville, Pau, Polignac, Vaux-le-Vicomte ou Uzès.
Ces hauts lieux sont tous le décor de la vie d'un personnage exceptionnel, d'une aventure incroyable, d'un événement historique de premier plan.
Pour les châteaux ouverts au public, le lecteur trouvera à la fin de chaque texte les périodes et horaires d'ouverture.
« Ces jours-là, raconte Olga de Ségur, les Nouettes devenaient une succursale de la Trappe pour le silence, notre bien-aimée malade ne pouvant supporter aucun bruit. »
Mais, de migraines en réceptions, les enfants grandissent. L’aîné, Gaston, entre dans les ordres et part pour Rome où, à l’ambassade du Vatican, il se lie d’amitié avec le baron Paul de Malaret que, naturellement, il ramènera aux Nouettes. Et, en 1848, Paul épouse Nathalie de Ségur, future dame d’honneur de l’impératrice Eugénie – elle figure sur le célèbre tableau de Winterhalter – et future mère des petites filles modèles, Camille et Madeleine de Malaret.
À cinquante-sept ans, Mme de Ségur, sept fois grand-mère, se déclare infiniment heureuse. Elle adore ses petits-enfants : trois Malaret, un Pitray, une Fresneau et deux Ségur. Et elle en est adorée car elle sait leur raconter de merveilleuses histoires quand ils viennent se rassembler autour de sa chaise longue. Mais si le cœur de Bonne-Maman est vaste, il ne peut se défendre d’une toute petite préférence pour Camille et Madeleine.
Or, en 1855, c’est la catastrophe : le baron de Malaret est nommé secrétaire à l’ambassade de Londres. Il doit partir et emmener sa famille. Autant dire au bout du monde ! Pour leur part, les petites sont si désolées que leur grand-mère leur fait une promesse : elle leur racontera ses histoires par écrit.
C’est ainsi que, peu à peu, s’accumulent les récits qui deviendront un jour Les Nouveaux Contes de fées et que les petites Malaret rapporteront aux Nouettes dans leurs bagages. Or, à cette époque, le château reçoit l’écrivain Louis Veuillot qu’une chaude amitié lie à la comtesse.
Il dirige alors le journal L’Univers et a entendu parler, par Mme de Malaret, du manuscrit que composent à présent les histoires reçues par ses filles. Il demande à le lire :
« Comment, dit la comtesse, vous tenez à connaître mes compositions nigaudes ? »
Bien sûr qu’il y tient. Après avoir passé une nuit entière à sa lecture, il repart le lendemain pour Paris avec le manuscrit sous le bras. Cela représente une petite victoire car il lui a fallu vaincre les réticences de son amie qui ne se voit guère en femme de lettres. Pour cela, Veuillot lui a fait entendre qu’il serait criminel de priver des centaines de petits enfants de ses charmantes histoires. Et, en février 1857, Les Nouveaux Contes de fées paraissent avec un tel succès que les éditions Hachette proposent aussitôt à l’auteur un contrat pour toute sa production.
Il n’est plus possible de reculer et la comtesse de Ségur s’y met pour de bon. Coup sur coup paraissent Les Malheurs de Sophie, passablement autobiographiques, Les Petites Filles modèles, Les Vacances, Le Général Dourakine, Les Mémoires d’un âne à propos desquels Louis Veuillot écrit à son amie : « Je suis jusqu’au cou dans Les Mémoires d’un âne. Je crois souvent lire ma propre histoire. J’y trouve bien des choses que j’ai pensées et un certain mépris pour l’espèce humaine qui me revient fort en ce moment. »
La comtesse est, en effet, devenue un véritable écrivain. Chacun de ses petits romans constitue une sorte d’étude sur une société et un monde rural qu’elle connaît bien et qu’elle aime mais, sous sa plume, certains portraits n’en sont pas moins impitoyables.
Pour surveiller les éditions de ses livres, elle reprend l’habitude de passer les hivers à Paris, dans son hôtel de la rue de Varenne. Mais, après la mort, en 1853, d’un époux un peu volage sans doute mais toujours tendrement aimé, elle délaisse l’hôtel pour un appartement plus petit, situé au 91 rue de Grenelle et qu’elle appelle en riant sa garçonnière.
En douze ans, la comtesse de Ségur écrit vingt-quatre livres mais elle travaille trop : en 1869, elle souffre d’une congestion cérébrale qui la mène aux portes du tombeau. Cependant, elle sait toujours se battre contre la maladie et résiste encore cinq longues années. C’est seulement le 9 février 1874 qu’elle meurt à Paris après deux mois d’une cruelle agonie, veillée par son fils, Mgr de Ségur, devenu aveugle mais approchant d’autant plus la sainteté.
C’est auprès de ce fils qu’elle repose, non en Normandie mais en Bretagne, dans le petit cimetière de Pluneret en Morbihan. Sa tombe est une simple dalle de granit qui porte quatre mots : « Dieu et mes enfants. »
Quant au château des Nouettes qui demeura encore de longues années dans la famille, il a cessé d’être une demeure particulière mais n’en reste pas moins fidèle au but profond que lui avait assigné la comtesse de Ségur : le bien-être des enfants. C’est à présent une maison de santé, un préventorium pour les petits, qui n’est pas ouvert à la visite.
Offémont
Les poisons de la Brinvilliers
Ainsi que les vertus, les crimes enchaînés
Sont toujours, ou souvent, l’un par l’autre traînés.