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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Par ce que je vous marque là, chère sœur, vous voyez qu’Edmond n’est mal dans l’esprit de personne ici, à moins que ce ne soit un peu dans celui de son meilleur ami, après son père: car mon mari, dans tout ça, hors quand son père parle, est tout pensif, et on voit qu’il n’a pas la tranquillité d’esprit au sujet d’Edmond, ni peut-être de vous. Et il est fâché de ce qu’Edmond voit les comédies et divertissements mondains: c’est vous dire qu’il les craint encore plus pour vous.

Je suis avec une tendre amitié de sœur, etc.

Lettre 51. Gaudet, à Ursule.

[Adresse du corrupteur, pour faire aller jusqu’à la sœur, ce qu’il a dit au frère, et pis encore.].

3 juin.

Je suis en commerce de lettres avec votre frère, mademoiselle: et quoique nous soyons dans la même ville, nous traitons par écrit. Comme votre situation présente vous prive de tous les divertissements et de tous les plaisirs, je pense que la lecture de notre correspondance vous distraira, et pourra vous instruire: j’ai gardé le brouillon de mes lettres, et je vais vous copier les siennes, ainsi que deux de la belle Parangon, qu’il a bien voulu me confier.

Ici Gaudet place tout au long les CI, CII, CIII, CIV, CV, CVIèmes lettres du PAYSAN.

Vous voyez que l’adorable Parangon ne dédaigne pas d’entrer en lice avec moi, et je veux bien vous prendre pour juge, quoique je puisse vous soupçonner d’un peu de partialité.

Dans votre famille on a de la piété, comme nos militaires ont de l’honneur; c’est une sorte d’esprit de famille. Elle y est onctueuse, touchante, et la source de mille vertus sociales, telles que la bonté, la foi, l’honneur, la bonne opinion des autres, la candeur. Cette piété naturelle et vraie est ce qu’il faut à une famille de village, pour être honorée, considérée, en un mot pour être heureuse avec des gens bonasses, et qui, si quelquefois ils sont impies, n’ont pas assez de lumières pour l’être par principes. Mais à la ville, c’est tout autre chose! votre piété, telle qu’elle existe dans la maison paternelle, ne serait qu’un ridicule. En effet, la piété est ici bien différente de la vraie piété, elle participe du parti que suivent les dévots, dont voici le caractère général. Ils méprisent tout le monde, parce qu’ils croient les autres hommes capables de tous les vices; ils sont défiants par cette raison, et d’un orgueil insupportable: comme ils n’ont qu’un seul frein, la religion, qu’ils ne connaissent ni l’honneur, ni la réciprocité, ni l’intérêt patriotique (ils y substituent celui de leur secte), ils s’imaginent que, dès qu’on n’a pas leur frein, on n’en a plus: ils n’ont pas d’idée d’une vertu philosophique; ils méprisent même dédaigneusement cette sorte de vertu: ce qui leur est commun avec ceux qui n’étant pas dévots, comme les F**, les S***, et d’autres mauvais sujets de cette espèce, ont pris le langage de la dévotion par intérêt, par fourberie, par bassesse, et calomnient la philosophie, pour en imposer aux chefs d’une clique. Persuadés que tout ce qui les entoure, n’est que tison d’enfer, les dévots sont sans pitié: ils brûleraient, poignarderaient quiconque ne pense pas comme eux, si la sagesse des lois civiles ne les en empêchait; à leurs yeux, ce ne serait avancer que de quelques années les supplices de l’enfer aux réprouvés, qui ne sont pas leur prochain. Voilà pour les dévots en général.

Ils se subdivisent ensuite en deux sectes: les rigoristes et les relâchés. Les premiers faisant Dieu atroce comme eux, pensent qu’il ne se plaît que dans les larmes, les gémissements et les souffrances de ses enfants. Partisans d’un fatalisme, contradictoires dans leurs idées, ils nient la liberté de nos actions, et par conséquent leur moralité; ils assurent que nous ne pouvons rien de bien par nous-mêmes; et ils n’en précipitent pas moins au fond de l’enfer les malheureux humains, pour une infinité de crimes imaginaires. Ceux-ci sont les plus orgueilleux des dévots: ils se guindent à une perfection ridicule, et de là ils insultent au reste des hommes qui valent mieux qu’eux: dès qu’on rit, dès qu’on danse, dès qu’on s’amuse, soit au spectacle, soit à la promenade, soit à table, ou à quelque autre jouissance, ils vous damnent. Un d’entre eux, appelé Nicole, respirait avec délices l’odeur des latrines et des voiries, pour mortifier sa chair par le sens de l’odorat: quelle folie!

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