La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
- Автор: Bretonne Nicolas-Edme Retif de la
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:
Quant à vous, Edmond, plus fou que tous les duellistes, si vous le deveniez, vous ôteriez à votre sœur, sous prétexte de la venger, le seul homme dont elle puisse attendre une véritable réparation.
Adieu.
Lettre 48. Ursule, à Fanchon.
[Edmond s’est battu pour elle avec le marquis.].
5 février.
Chère sœur! Edmond s’est battu le marquis est blessé, peut-être mort. Laure l’écrit à M. Gaudet. Ô Dieu! est-il possible! Cet étourdi! tout gâter, tout perdre! plus d’espoir! je sens que je regrette un homme… qui, au fond, ne m’aurait pas offensée, s’il ne m’eût pas aimée au-delà de toute expression! Annonce cette nouvelle avec ménagement, ou plutôt, n’en parle qu’à ton mari. Nous partons; et il sera temps d’instruire nos chers père et mère, quand nous aurons mis notre frère hors de péril, s’il est possible. Je le crois: son cas est le plus graciable de tous ceux qu’on peut imaginer, Mme Parangon et M. Gaudet le disent. Mais la pauvre dame est au désespoir.
M. Gaudet, lui, dit qu’Edmond lui taille diablement de besogne, et qu’apparemment son bon ange a pensé qu’il lui fallait un pareil ami, pour empêcher que le malin n’eût le temps de le tenter. Quant à moi, je suis tout à la fois très affligée, et fort en colère contre Edmond. Le marquis ne m’a jamais déplu, quoique je l’aie fait croire à cet étourdi pour écarter de lui certains soupçons: car on est bien embarrassée avec ces fous-là!… Je suis pourtant touchée de son amitié pour moi; je vois que Mme Parangon m’en veut un peu de lui être si chère: je le devine à quelques expressions. Comme la nature perce en dépit de la vertu la plus épurée!… Adieu, chère bonne amie sœur. Ne dis rien à nos père et mère: on me recommande de te le marquer.
Lettre 49. La même, à la même.
[Elle nous rassure au sujet d’Edmond.].
De Paris, 11 février.
Vous pouvez tranquilliser nos chers parents, ton mari et toi, très chère sœur. Tout est arrangé, et le marquis n’en mourra pas. Edmond s’est comporté en homme d’honneur, et son combat n’a rien qui puisse lui faire tort; il a passé mes espérances. En partant d’ici, nous comptions toutes sur M. Gaudet, cependant il n’a rien fait, il n’en a pas eu le temps: sans intrigues, sans protection, par la seule éloquence persuasive de ses discours, de sa beauté, de son intéressante langueur, Mme Parangon, dès le lendemain de son arrivée, a tout obtenu. Elle a d’abord parlé au marquis, qui était chez ses parents. Il a su d’elle qu’on poursuivait mon frère: et c’est lui-même, qui a fléchi sa famille irritée, en faisant de son ennemi le plus bel éloge. On a pardonné. Juge de notre joie, en apprenant cette nouvelle, modestement racontée par Mme Parangon!
M. Gaudet, qui désapprouvait auparavant le duel avec tant de force, a été ensuite le plus ardent apologiste d’Edmond, contre Mme Parangon, elle-même, qui persiste dans son sentiment à ce sujet. Mais on assure qu’elle a parlé sur un ton bien différent au père du marquis, après en avoir obtenu la grâce d’Edmond! Elle lui a fait entendre, qu’il n’est aucun juge, qui eût osé condamner un frère, en pareille occasion…
Je ferme ma lettre, à cause de l’heure.
Adieu, ma chère Fanchon.
Lettre 50. Réponse.